Menu

Elsa Triolet à Tahiti : "Je vous livre l’enfance de mon écriture"


Vendredi 6 Mars 2020 - écrit par Daniel Margueron


Tahiti a souvent donné l’envie d’écrire à des voyageurs, des navigateurs, voire à des migrants, pour le meilleur comme pour le pire. Certains des aspirants à l’écriture ont réussi à passer, de "l’île au rivage", autrement dit du lieu aux hommes. C’est bien dans cette écriture proliférante que réside "le malentendu", plus ou moins "productif", maintes fois mentionné, analysé ou dénoncé, qui est parfois devenu un a priori de type ethnique.



En exergue de son roman i[Le Premier Accroc coûte deux cents francs]i, se trouve le tableau du Douanier Rousseau, intitulé i[le Rêve]i, peint quelques mois avant sa mort, en 1910. Il représente une femme nue au milieu de fleurs de lotus écoutant une flûte charmeuse.
En exergue de son roman i[Le Premier Accroc coûte deux cents francs]i, se trouve le tableau du Douanier Rousseau, intitulé i[le Rêve]i, peint quelques mois avant sa mort, en 1910. Il représente une femme nue au milieu de fleurs de lotus écoutant une flûte charmeuse.
"Songez qu’alors Tahiti n’était pas un lieu de tourisme, que d’y aller était encore une aventure. C’était encore une île lointaine, une étoile dans l’infini."

Elsa Triolet

Pour le meilleur en écriture, mentionnons le marin Herman Melville qui rend compte, littérairement parlant, de ses équipées aventureuses dans son premier ouvrage Taïpi, en 1846 ; le médecin Victor Segalen imagine et commence à rédiger son premier roman, Les Immémoriaux, à Tahiti (1907), Marc Chadourne conçoit Vasco (1927) lors de son séjour comme fonctionnaire colonial, Jean Reverzy, simple voyageur au début des années 1950, fasciné depuis sa jeunesse par la mer et le monde des îles, publie à son retour Le Passage (1954), largement inspiré par la Polynésie, etc.
Venons-en à Elsa Triolet (1896-1970), en séjour de sept mois à Tahiti en 1920, il y a tout juste un siècle. Ella Kagan, russe, née de parents venus de la République balte de Lettonie, a appris le français dès sa jeunesse, elle rencontre à Moscou un officier français, André Triolet, qu’elle épouse en 1919, à Paris. Il est épuisé par la guerre, "il en avait assez des cadavres, ne rêvait que solitude et île déserte", c’est pourquoi le couple part, dès le mois d’octobre, pour Tahiti où il débarque fin décembre, en pleine saison des pluies. Il y séjourne jusqu’au mois d’août 1920. Aller à Tahiti à l’époque "était encore une aventure, une ligne d’horizon atteinte, une rupture, l’isolement", écrira Elsa, trente ans plus tard, en présentant son autobiographie littéraire. Sur place, André Triolet, passionné par les chevaux et l’équitation, cherche, un temps, à acquérir un domaine agricole, mais finalement y renonce...

Pour lire l'intégralité de ce Dossier, commandez Tahiti Pacifique n° 428 en cliquant ICI


Dans la même rubrique
< >

Vendredi 23 Octobre 2020 - 08:51 L’éco-évasion : États-Unis : Brooklyn, NY


Dossiers | L'Actu | Culture | Edito | Abonnement | Numéros | Archives | Pacifique | Grandes plumes | La chronique d'Alex Du Prel




Doudou et la “positive attitude”

Doudou et la “positive attitude”
On connaissait déjà le “dîner de cons”, place désormais au “bal des positivons”. Le concept est simple : il s’agit de positiver le plus possible face au Covid-19 et d’adopter l’attitude du “faites ce que je dis, pas ce que je fais”. Et… on a trouvé notre champion : Doudou, bien sûr ! Imbattable à ce petit jeu, il n’a d’abord pas supporté que Taote Raynal lui tienne tête lors des points presse et lui a mis un revers de la main droite pour reprendre la partie de la main gauche. Puis, c’est avec Dodo que cela s’est corsé… Finalement, les cas actifs ont explosé, les morts ont commencé à tomber, alors aux oubliettes la transparence ! Le peuple d’en bas n’a qu’à se contenter de voir défiler des chiffres balancés par le service com’ de la Présidence, avec des carrés épidémiologiques qui changent, sans aucune explication ni commentaire sur tel ou tel décès. Mais c’est lors de son voyage à Paname que Doudou a réussi à décrocher le pompon. Tellement heureux de retrouver Macron et ses copains du gouvernement central, mais aussi de leur présenter ses nouvelles ouailles locales, qu’il en a oublié la distanciation physique et le port correct du masque, avant d’être déclaré positif au Covid-19 à son retour au fenua ! Chapeau l’artiste, la “positive attitude” a payé et même le président français a failli en faire les frais. On n’est pas passé loin du combo parfait, peut-être la prochaine fois.
Il convient de saluer notre héros local, qui, comme le rapporte un communiqué officiel, “conscient de la vivacité de la propagation du virus à Paris (…), a néanmoins pris le risque d’aller à la rencontre des autorités nationales, pour défendre des dossiers vitaux pour la Polynésie”. Cette “mission nécessaire” de Doudou a suscité la risée de nos confrères de la presse écrite. Le Monde, par exemple, va droit au but : “Les élections sénatoriales, qui ont regroupé le 27 septembre à Papeete des grands électeurs venus de toutes les îles, ont pu participer à la diffusion du virus dans les archipels. Malgré les appels à respecter les gestes barrières, beaucoup d’élus se sont embrassés, comme le veulent les coutumes polynésiennes.” D’ailleurs, les ministères et les mairies sont, eux aussi, de plus en plus “positifs” avec une flambée de “covidés” ces dernières semaines. Quant au lycée du Diadème, la plus grosse structure scolaire du fenua (2 300 élèves, 250 profs), il s’est montré si bon élève en la matière que l’établissement a dû fermer ses portes. Et quand on sait que Doudou, censé montrer l’exemple, a assisté, une petite semaine seulement après sa contamination, à la grande fête solennelle pour les 90 ans de Monseigneur Coppenrath, on reste sans voix. De quoi créer de bons gros clusters !
Il nous reste donc plus qu’à “positiver” aussi et guetter le pic épidémique, en espérant que les 60 lits en réanimation du Centre hospitalier suffiront à surmonter cette crise sanitaire interminable. Dans ce “bal des positivons”, Macron reste évidemment le chef d’orchestre suprême. Et il a encore changé le tempo : depuis le 17 octobre, les grandes métropoles françaises sont soumises à un couvre-feu – qui est en réalité un confinement partiel sur le temps libre –, et “la règle des 6” doit être appliquée pendant que les transports en commun sont bondés et que lycéens et étudiants s’entassent dans des classes. “Continuez à travailler comme d’habitude”, nous dit notre cher président, mais sachez-le : “Les plus précaires sont les premières victimes.” Nous voilà prévenus ! On a de plus en plus hâte de le recevoir à domicile à la fin du premier trimestre 2021…

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT