Menu


En eaux troubles



Le rapport du centre d’hygiène et de salubrité publique publié en fin de semaine dernière met à mal l’image carte postale de Tahiti et ses îles. Certes, depuis deux ans maintenant, les campagnes promotionnelles à l’étranger sont axées sur le mana, la culture et le sens de l’accueil des Polynésiens ; il n’empêche que c’est encore au bord de l’eau que se construisent les hôtels et que nos touristes aiment se prélasser, comme les résidents d’ailleurs qui, chaque week-end, prolongé ou non, comme celui de Pâques, aiment à faire trempette. Or ce rapport dévoile que 42% des plages de Tahiti sont impropres à la baignade, contre 33% à Moorea. Gardons-nous bien de communiquer dessus si l’on veut continuer à voir affluer des touristes qui, du coup, ont bien raison de s’exiler sur Bora Bora où la qualité des eaux de baignade serait excellente. En sus de l’activité humaine non encadrée techniquement qui pollue prioritairement les embouchures, les intempéries ont aussi un impact visible celui-là avec des apports terrigènes qui rendent les eaux troubles.
Cela n’empêchera pourtant pas la population, bien qu’avertie, de se remettre à l’eau dès le week-end prochain sur des spots insalubres ; à croire qu’elle se soit habituée aux eaux troubles. Et dans l’actualité du moment, comment résister à dresser un petit parallèle avec les eaux troubles de la campagne politique pour les élections territoriales officiellement ouvertes depuis mardi ? Le choix devra s’effectuer entre six listes, contre neuf en 2013, avant qu’elles ne soient plus que trois au second tour. Six listes avaient donc coulé corps et biens à l’exception d’une qui avait passé la barre des 5%. Les rangs se sont donc resserrés, les formations se sont condensées, ce qui nous a valu de belles empoignades pour obtenir une bonne place dans une liste ou l’autre. Chantage, changement de parti politique… les années passent, les procédés restent les mêmes, il faut dire que les hommes, et les femmes, restent les mêmes. Car même si certains ont tenté de mettre un coup de frais sur leurs vieux partis, il n’en reste pas moins qu’on retrouve tous nos cadors aux avant-postes.
Faut-il s’en inquiéter ? Bien sûr que non, ils sont tous là pour le bien des Polynésiens. Moins de politique, plus d’actions ; bref du travail, un toit, plus de pouvoir au peuple, un gain de souveraineté… tout nous est promis et, pour beaucoup des électeurs, il est encore difficile d’y voir clair. Nos eaux sont encore trop troubles.
Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Vendredi 6 Avril 2018 - écrit par Luc Ollivier


Continuez la lecture
< >

Vendredi 21 Septembre 2018 - 08:55 Réforme des retraites, on passe la première

Vendredi 7 Septembre 2018 - 08:51 Forum du Pacifique sur l’Île de la Honte


Luc Ollivier

Dossiers | L'Actu | Culture | Edito | Abonnement | Numéros | Archives | Pacifique | Grandes plumes | La chronique d'Alex Du Prel




Réforme des retraites, on passe la première

Après la marche arrière de mars dernier sous la pression de la rue, le train de réformes nécessaires à la survie de la branche retraites de la Caisse de prévoyance sociale devrait enfin se mettre en marche. L’assemblée de la Polynésie va devoir se prononcer sur la réforme qui lui sera présentée aujourd’hui, aboutissement de quelques semaines de travail de la commission législative de la santé. Alors qu’un consensus avait été trouvé, traduit par des points de convergence, malgré la présence d’anciens leaders syndicalistes (touchés par la grâce ?) au sein même de cette commission, plusieurs syndicats jugent encore opportun de lancer une grève générale pour marquer leur désaccord avec la loi du Pays – bien qu’amendée – qui devrait être adoptée.
L'allongement de 60 à 62 ans, bien que dorénavant étalé dans le temps, ne passe pas. C’est pourtant la base de la réforme du point de vue gouvernemental. Paradoxalement, les autres modifications temporelles envisagées (durée de cotisation ou âge minimal de départ), qui impacteront tout aussi grandement le moment du départ à la retraite, sont passées sous silence. Il est vrai qu’elles devraient être soumises à discussion et proposition du Comité d’orientation du suivi des retraites (COSR), que certains considèrent déjà comme un artifice puisque, au final, c’est bien le conseil des ministres qui actera toute réforme. Il y en aura bien sûr d’autres, comme l’a rappelé Virginie Bruant, présidente de la commission, qui met l’accent sur la nécessité d’enclencher la marche avant. Le temps des tergiversations est révolu.
Les syndicats grondent ? Quoi de plus normal ? Ils jouent leur partition. On regrettera (pour la grande majorité) leur manque de dialogue, pour n’avoir pas accepté que l’on aborde les retraites avant la maladie, mais aussi et surtout leur manque de propositions, si ce n’est de jouer au "vase communiquant" entre ces deux branches. Cette même politique adoptée par le CA de la CPS et qui a conduit à plomber les comptes de la retraite à hauteur de 10 milliards de Fcfp. Il serait temps d’apprendre de ses erreurs.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier