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Enfin de bonnes nouvelles sur le dossier des archives militaires


Vendredi 26 Mars 2021 - écrit par Jean-Marc Regnault


Dans Tahiti Pacifique n° 446 (lire l’édition du 15 janvier 2021), nous avions soulevé une fois de plus le problème de la consultation des archives militaires devenues plus difficiles d’accès qu’il n’y avait une vingtaine d’années. Malgré la législation qui permettait de faire déclassifier les archives dans des délais définis, les administrations dépositaires de ces fonds pouvaient refuser aux chercheurs leur mise à disposition. Manifestement, cela posait un problème de légalité, dans la mesure où des règlements administratifs s’opposaient aux dispositions prises par la loi.



Crédit photos : DR
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Dans ce numéro, nous évoquions les alertes lancées par les universitaires et aussi par le Comité Maurice Audin, du nom de ce mathématicien torturé par le général Aussaresses pendant la guerre d’Algérie. C’est qu’en effet, cette affaire pouvait permettre un dégel sur le front de l’ouverture des archives. Le président Macron avait chargé le célèbre historien Benjamin Stora d’une mission sur la réconciliation des peuples algérien et français. Le rapport de l’historien, remis au président en février dernier, évoquait le problème des archives, entre autres obstacles à surmonter. C’est ainsi qu’Emmanuel Macron a annoncé que les archives (et plus précisément militaires) seraient ouvertes pour la période précédant 1971. Autrement dit, la loi devrait primer sur les règlements administratifs. Une victoire donc pour les chercheurs… et pour les peuples à la recherche de la vérité sur leur histoire...

Pour lire l'intégralité de ce Dossier, commandez Tahiti Pacifique n° 451 en cliquant ICI


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Archives militaires “déconfinées” et venue de Macron au fenua : “poisons” d’avril ?

Dans notre précédente édition spéciale consacrée au nucléaire (“Après l’intox… l’infox !, TPM n°451 du 26 mars 2021), nous nous réjouissions de l’annonce du président de la République française, le 9 mars dernier, d’ouvrir enfin les archives militaires pour la période précédant 1971, qui représentait une lueur d’espoir. Las, Patrice Bouveret, cofondateur et directeur de l’Observatoire des armements, interpellé par notre dossier, nous apporte cependant une précision de taille. Dans une tribune qu’il nous a consacrée (lire pages 6-7), il explique que la décision d’Emmanuel Macron d’autoriser l’accès aux archives ne peut pas concerner les documents sur les essais nucléaires sans que la loi de 2008 sur lesdites archives ne soit modifiée au préalable par le Parlement. Cela signifie que non seulement cela peut prendre pas mal de temps, mais, surtout, que ce n’est pas encore inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale…

En effet, cette loi sur les archives du 15 juillet 2008 contient un article qui rend incommunicables tous les documents sur les armes de destruction massive, donc sur le nucléaire, et cela vaut malheureusement aussi bien pour les 17 essais tirés au Sahara que les 193 autres expérimentés en Polynésie française ! L’accès aux documents classifiés est un difficile combat. Une longue action juridique, à l’initiative des associations Moruroa e tatou et l’Aven (Association des vétérans des essais nucléaires), a permis en 2013 la déclassification de quelques archives sur les essais en Polynésie et au Sahara. Archives qui ont d’ailleurs élargi la zone de résidence à toute la Polynésie pour les victimes souhaitant obtenir une indemnisation, et qui ont été à la base du travail pour la publication du livre Toxique.

Alors, “déconfiner” les archives militaires : est-ce bien là l’intention du président ? “Nous pouvons en douter, tranche Patrice Bouveret, car si la déclaration de l’Élysée évoque la nécessité « de renforcer la communicabilité des pièces », elle s’empresse de préciser que cela doit se faire « sans compromettre la sécurité et la défense nationales » L’argument massue toujours mis en avant depuis des décennies !” Personne ne demande la divulgation des secrets de fabrication de la bombe, mais tout le monde souhaite connaître les différentes mesures enregistrées sur les retombées radioactives des explosions afin de permettre aux victimes et aux ayants droit d’obtenir réparation et indemnisation. Nous voulons toute la vérité, rien que la vérité. Peut-être que l’hypothétique venue de Macron au fenua, invité pour la fin du mois d’août, sera l’occasion de mettre cartes sur table ? Mais rien n’est moins sûr quand on voit que l’État persiste et signe dans son attitude méprisante en cédant “gratuitement” à la Polynésie un terrain et des bâtiments infestés d’amiante et de plomb pour abriter un centre de mémoire des essais nucléaires !

Un cadeau empoisonné donc, pour un mémorial dont le contenu muséographique est entièrement géré par les hautes sphères parisiennes sans la consultation d’aucun Polynésien…

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT