Crédit photo : Dominique Schmitt
Ce n’est pas tous les jours que l’on va à Hao. Avec tout ce que l’on a pu lire et entendre, on doit même avouer que l’on y a réfléchi à deux fois avant de s’y rendre. Située à 920 kilomètres à l’est de Tahiti et à
460 kilomètres au nord-ouest de Moruroa, “l’île de l’Arc”, appelée aussi “l’île de la Harpe” en raison de sa configuration, a été utilisée par l’Armée de l’air et l’aviation navale à l’ère du CEP. Entre 1963 et 1965, la base aérienne 185 a ainsi servi de pont aérien et maritime pour le matériel à destination des atolls de Moruroa et de Fangataufa. En outre, les avions militaires “Vautour” décollaient de Hao, avec notamment pour mission de prélever des échantillons dans le nuage radioactif pendant les explosions atomiques atmosphériques, puis revenaient sur zone afin d’être simplement “nettoyés” à grands jets d’eau, d’où la présence, aujourd’hui encore, de plutonium sous les dalles en béton. Cinq “Vautour” ont été tellement contaminés que l’Armée a dû les immerger dans l’océan.
Malheureusement, ce petit coin de paradis a été un énorme dépotoir industriel : des fusées, des réacteurs et surtout de très nombreux fûts de déchets divers avec des potentialités de contamination radioactive se trouvent toujours sous l’eau. Quant aux sols, ils sont pollués par du plutonium, des métaux lourds, des hydrocarbures et du pyralène. Omniprésente, la ferraille, elle, se trouve partout, vestige tenace du passé. Pour dire, un habitant s’est lancé dans le recyclage du cuivre et du laiton récupérés dans le lagon : il en a déjà récolté 50 tonnes en l’espace de trois ans ! Par ailleurs, la présence importante de plomb à Hao, ainsi qu’à Makemo, a été mise en lumière l’année dernière, mais le ministère de la Santé n’a toujours pas apporté de réponse à ce nouveau mystère… Alors, pourquoi la société Tahiti Nui Ocean Foods (TNOF) tient-elle absolument à y implanter une ferme aquacole ? Que recherchent vraiment les hommes d’affaires chinois qui ont promis d’assurer une production annuelle de 50 000 tonnes de poissons d’élevage (loches, mérous et napoléons) et d’investir à terme 150 milliards de Fcfp, un projet qui paraît pharaonique à l’échelle de ce petit bout de terre perdu au milieu du Pacifique ?
Nous sommes allés à la rencontre de la population de Hao afin de comprendre comment elle vit, qu’est-ce qu’elle attend de ce plan économique et quelles sont ses craintes...
Pour lire l'intégralité de ce Dossier, commandez Tahiti Pacifique n° 403 en cliquant ICI
460 kilomètres au nord-ouest de Moruroa, “l’île de l’Arc”, appelée aussi “l’île de la Harpe” en raison de sa configuration, a été utilisée par l’Armée de l’air et l’aviation navale à l’ère du CEP. Entre 1963 et 1965, la base aérienne 185 a ainsi servi de pont aérien et maritime pour le matériel à destination des atolls de Moruroa et de Fangataufa. En outre, les avions militaires “Vautour” décollaient de Hao, avec notamment pour mission de prélever des échantillons dans le nuage radioactif pendant les explosions atomiques atmosphériques, puis revenaient sur zone afin d’être simplement “nettoyés” à grands jets d’eau, d’où la présence, aujourd’hui encore, de plutonium sous les dalles en béton. Cinq “Vautour” ont été tellement contaminés que l’Armée a dû les immerger dans l’océan.
Malheureusement, ce petit coin de paradis a été un énorme dépotoir industriel : des fusées, des réacteurs et surtout de très nombreux fûts de déchets divers avec des potentialités de contamination radioactive se trouvent toujours sous l’eau. Quant aux sols, ils sont pollués par du plutonium, des métaux lourds, des hydrocarbures et du pyralène. Omniprésente, la ferraille, elle, se trouve partout, vestige tenace du passé. Pour dire, un habitant s’est lancé dans le recyclage du cuivre et du laiton récupérés dans le lagon : il en a déjà récolté 50 tonnes en l’espace de trois ans ! Par ailleurs, la présence importante de plomb à Hao, ainsi qu’à Makemo, a été mise en lumière l’année dernière, mais le ministère de la Santé n’a toujours pas apporté de réponse à ce nouveau mystère… Alors, pourquoi la société Tahiti Nui Ocean Foods (TNOF) tient-elle absolument à y implanter une ferme aquacole ? Que recherchent vraiment les hommes d’affaires chinois qui ont promis d’assurer une production annuelle de 50 000 tonnes de poissons d’élevage (loches, mérous et napoléons) et d’investir à terme 150 milliards de Fcfp, un projet qui paraît pharaonique à l’échelle de ce petit bout de terre perdu au milieu du Pacifique ?
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