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Environnement : Éclaircir les nuages pour réparer la Grande barrière de corail


Vendredi 27 Juillet 2018 - écrit par Taema Cuneo




Éclaircir les nuages pour mieux réfléchir le soleil ou recouvrir la mer d'un film protecteur figurent parmi les pistes étudiées par le gouvernement australien pour protéger la Grande barrière de corail, joyau du patrimoine de l'Humanité menacé par le changement climatique.
L'immense récif qui fait la taille du Japon ou de l'Italie a subi en 2016 et 2017 deux graves épisodes de blanchissement du fait des hausses de la température de l'eau.
Les spécialistes estiment qu'une zone de 2 300 kilomètres de long pourrait avoir subi des dégâts irrémédiables.
Le gouvernement a promis de lutter contre le changement climatique en général, mais aussi d'étudier des mesures à plus court terme pour donner un peu de répit au plus vaste ensemble corallien du monde.
En janvier, Canberra avait lancé un appel aux chercheurs, débloquant deux millions de dollars australiens destinés à financer des idées innovantes pour sauver le site.
Celui-ci est aussi menacé par les activités industrielles et agricoles, ainsi que par l'acanthaster pourpre, une étoile de mer invasive, dévoreuse de coraux.
Six projets sélectionnés sur un total de 69 propositions seront testés pour vérifier leur faisabilité, a annoncé le gouvernement. L'un d'eux envisage d'éclaircir les nuages en y injectant des cristaux de sel marin, ce qui augmente leurs capacités réflectives.
Autre idée, un film biodégradable ultra-fin contenant des particules réfléchissantes et qui viendrait recouvrir certains des récifs pour les protéger de la chaleur.
"Ce qui est bien avec ce film c'est qu'il ne fait que l'épaisseur d'une molécule, on peut nager à travers et il se reformera tout seul", a déclaré sur ABC Andrew Negri, un autre scientifique de l'Institut.
Parmi les autres pistes sélectionnées, la production massive de larves de corail grâce à l'impression 3D de surfaces pour soutenir leur croissance, ou le prélèvement et la relocalisation de larves.

Source : Agence France-Presse

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Le Tavini, roi de la com’ ?

L’annonce, le lundi 8 octobre devant la 4e commission de l’Organisation des Nations unies à New York par le leader indépendantiste Oscar Temaru, a fait l’effet d’une bombe. Dans sa tribune, il a dénoncé le colonialisme nucléaire et a annoncé avoir déposé une plainte (réceptionnée le 2 octobre) auprès du Tribunal pénal international de La Haye contre la France et ses présidents pour crime contre l’humanité.
La presse nationale, mais aussi mondiale, en a fait ses choux gras, tant cette action a surpris par son énormité. Si, au final, cette plainte n’a que très peu de chances d’aboutir, en raison de procédures juridiques, il n’en demeure pas moins que le Tavini a fixé sur lui les projecteurs, alors même que sa démarche de décolonisation onusienne s’enlise depuis 2013. De quoi forcer la France à s’asseoir à la table des négociations ? Rien n’est moins sûr, cette dernière considérant toujours que la Polynésie française n’est pas un pays non autonome. Après l’entrée l’année dernière du numéro 2 du parti à l’Assemblée nationale dans une tenue traditionnelle qui lui avait valu l’attention des médias nationaux, autres que celui de France Ô, le Tavini prouve une fois encore qu’il sait jouer avec la presse pour se faire entendre.
Les réactions locales et nationales n’ont pas tardé à se faire entendre, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, déplorant la méthode, et le président Édouard Fritch de rappeler, sur une télévision locale : "On utilise des actions de ce type-là pour rappeler que l’on existe. Ce sont des coups médiatiques, car je crois que le président du Tavini lui-même sait très bien que la plainte qu’il a annoncée contre les chefs d’État n’aboutira jamais. J’ai vu que l’Église protestante maohi aussi redépose une autre plainte… Mais pour aboutir à quoi ? Surtout que les effets annoncés ne verront pas leur aboutissement."
Pour aboutir à quoi ? Tout simplement, rappeler aux yeux du monde qu’une minorité de Polynésiens ne souhaite plus faire partie du giron républicain. Le Tavini se débat avec ses moyens et pivilégie le poids des Unes à celui des urnes.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier