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Evrard chaussoy "savoure la vie et ses bienfaits"


Samedi 10 Février 2018 - écrit par Dominique Schmitt


L'artiste est de retour à la galerie Au Chevalet avec une nouvelle exposition à découvrir du 17 au 24 février. La grande nouveauté est qu'Evrard Chaussoy utilise désormais la peinture à l'acrylique pour réaliser ses oeuvres, ce qui les rend encore plus attractives.



L'année dernière, Evrard Chaussoy faisait son grand retour après plus de dix années d'absence et présentait une exposition intitulée "Fa’aiho", ce qui signifie en tahitien "faire renaître une coutume". Après une longue pause artistique suite à plusieurs tragédies (son père Joseph a eu de gros ennuis de santé et son frère Gilbert est décédé le 21 juillet 2015), il avait alors ravivé la flamme. Travaillant au fusain et à la pierre noire, il surprenait son public en introduisant de la couleur par la peinture, "un clin d’oeil" à sa famille. Cette fois, il dévoilera une trentaine de toiles à l’acrylique, une grande nouveauté chez l'artiste qui n'utilisait auparavant que du fusain ou de la pierre noire afin de se "différencier" de son père et son frère. Il confie : "Je n’ai pas fixé de thème pour cette exposition, mais toutes les oeuvres représentent une scène de vie traditionnelle. Je n’ai pas non plus voulu véhiculer un message particulier, simplement procurer au public le plus de plaisir possible...

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La stabilité avant tout

Le 6 mai dernier, avec plus de 66 000 voix, le Tapura Hui- raatira du président Édouard Fritch raflait la mise des
sièges à pourvoir au sein de l’assemblée où les Rouges représentent désormais 66,66 % de l’hémicycle. Il n’en faudrait pas plus pour que tout superstitieux ne se rue dans le premier magasin de jeu à gratter pour tenter d’y gagner le pac- tole avec un numéro fétiche, le 6 par exemple.
Édouard Fritch ne doit pourtant pas à la chance d’avoir obtenu un succès attendu après les résultats du premier tour, fort de l’adhésion de près d’un vote exprimé sur deux par des Polynésiens qui n’ont pas cédé au chant des sirènes de l’abstentionnisme, même si ce dernier est encore en progression. Placé au pouvoir par Gaston Flosse en 2015, celui qui n’est plus considéré
depuis lors comme le gendre idéal par ce même Gaston Flosse a su fédérer autour de sa personne avant de fédérer autour d’un programme. Rien de bien révolutionnaire, des projets à taille humaine qui accompagnent le développement touristique, comme partout ailleurs dans le monde (+7 %) et économique, essentiellement basé à Hao, sans oublier quelques réformes structurelles notamment celle de la retraite, dans un premier temps, puis inévitablement de toute la Protection sociale généralisée. Une gestion de bon père de famille, pourrait-on dire, misant sur une stabilité politique retrouvée qui s’accompagne de l’indice de confiance. Pourra-t-elle résister à une instabilité portée par une partie de l’opposition politique ? Rien n’est moins sûr. Et la tâche du prochain gouvernement à venir pour- rait bien être, après l’élection du président de l’assemblée prévue hier et du président du Pays programmée pour aujourd’hui, d’éteindre des incendies comme ceux que le Tahoera’a a reconnu avoir allumés lors des dernières années (voir article de Jean-Marc Regnault en page 10).
Le ton risque d’être vite donné avec l’urgence des premières réformes qui avaient fait descendre les syndicats dans la rue. Un Tavini qui stagne et un Tahoera’a qui joue sa survie et tentera de continuer d’exister jusqu’aux muni- cipales de 2020 auront du mal à faire entendre leurs voix dans l’hémicycle face aux 38 sièges rouges à l’assemblée sur 57 possibles. Il reste à espérer que les débats s’y cantonnent.

Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier