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Fait divers : Après un vol, il tente de poignarder un pompiste


Vendredi 1 Juin 2018 - écrit par Les Nouvelles Calédoniennes




Devant le tribunal, le jeune homme a nié en bloc mais les témoins sont formels : c’était bien lui qui tenait le couteau et qui a failli toucher un employé d’une station Total.
Ils ont eu si peur qu’ils se sont enfermés à double tour dans la boutique de la station-service. Ça a failli ne pas suffire puisque la porte du magasin était proche de céder sous les coups de pied répétés d’une bande de jeunes remontés comme jamais. L’histoire, racontée devant le tribunal correctionnel vendredi dernier, remonte au 8 octobre 2017. "J’étais en train de servir un client quand une employée a crié qu’il y avait un vol en cours", témoigne un pompiste de la station Total de la Rocade, à Magenta. "Deux personnes ont dérobé des produits dans la boutique tandis que trois ou quatre autres attendaient à l’extérieur", raconte la présidente du tribunal. Une fois le larcin commis, la bande s’évanouit dans la nature mais le pompiste rattrape, quelques mètres plus loin, certains d’entre eux.
"Un des gars a voulu me piquer avec un couteau au ventre. Je l’ai esquivé au dernier moment. Puis je suis rentré à la station en courant et nous nous sommes enfermés dans la boutique", poursuit l’employé. Après enquête, il s’avère que Jordy* est le principal suspect dans cette affaire qui aurait pu mal tourner. À 24 ans, le jeune homme, mécanicien à Goro depuis peu de temps, "se tient à carreau", de l’avis de son avocat, Me Grégory Marchais, après des années à enchaîner les passages devant la justice.
Devant les juges, Jordy nie en bloc : "Je n’avais pas de couteau, ce n’était pas moi." "Je ne roule pas avec des armes blanches", poursuit-il. "Tout le monde ment, le pompiste et les policiers", s’agace la présidente. "Vous ne vous souvenez plus, vous étiez trop saoul. Des témoins confirment que vous aviez un couteau", conforte le procureur de la République qui requiert un an de prison. Le tribunal suit les réquisitions à la lettre. Jordy quitte le palais libre. "Vous avez échappé de peu au mandat de dépôt", signale la magistrate. La prochaine fois, il est fort à parier que ça sera le Camp-Est.
*Le prénom a été modifié

Source : Les Nouvelles Calédoniennes

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"Toute la vérité, rien que la vérité"

Ce début de mois de juin a été marqué par la vive polémique qui a grandi autour de l'émission télévisée réalisée par Enquête exclusive et consacrée au fenua. L'équipe de M6 avait déjà opéré des focus peu flatteurs sur nos îles avec les documentaires Tahiti, l'envers du décor en 2009, puis Tahiti, la face cachée du paradis en 2017 ; cette fois, le sujet au titre racoleur, intitulé "Polynésie française : le territoire de tous les extrêmes", a fait sortir de ses gongs le Landerneau polynésien, avant même la diffusion du reportage. En cause, un synopsis mercantile et nauséabond qui cherchait à faire le buzz à tout prix :
"(…) Sur l'île de Tahiti, deux mondes à part se côtoient sans jamais se mélanger : d'un côté les Blancs, surnommés les « Popa'a », qui tiennent l'économie, de l'autre les Polynésiens, qui vivent dans les bidonvilles. La plupart de ces habitants, originaires d'archipels éloignés, ont renoncé à un mode de vie traditionnel dans l'espoir de trouver un travail en ville. Chômage, pauvreté et violence animent aussi ce paradis. (…)"
Si 55 % de la population vit en effet sous le seuil de pauvreté français établi à 115 000 Fcfp, contre 16 % en Métropole (enquête ISPF sur les dépenses des ménages en 2015 dans les Îles du Vent), le magazine d'investigation stigmatise les rapports humains entre les ethnies composant la société polynésienne pourtant ultra cosmopolite. Quelle ironie au pays de la fraternité où quasiment tout le monde se salue, se tutoie et vit ensemble, sans aucun préjugé quant à la couleur de peau de l'autre ou le choix de sa confession religieuse ! De quoi plomber le tourisme, notre première manne économique, ou casser le rêve d'exil des habitants de l'Hexagone… Cela dit, gardons la tête froide, il n'y a pas eu de quoi fouetter un chat, car il s'avère que, malgré de nombreuses confusions, les différentes enquêtes des journalistes métropolitains sont plutôt bien menées et reflètent même une âpre réalité que nous aimerions voir disparaître à jamais. En fin de compte, Enquête exclusive a surfé sur le cas unique de Maiao, "l'île interdite" (où les étrangers ne sont pas forcément les bienvenus après que ses résidents furent les victimes, au début du siècle dernier, d'un Britannique à l'appétit commercial insatiable), et en a fait une généralité.
Un amalgame de très mauvais goût qui permet de rappeler s'il le fallait que nous sommes entrés dans l'ère des fake news, vous savez ces informations fausses ou truquées relayées sur les réseaux sociaux et par certains médias. "Le problème majeur de nos sociétés ne tient pas tant dans les fausses nouvelles, mais dans le fait que nombre de citoyens aient fini par choisir de les croire", écrivait récemment Le Monde à propos des deux propositions de loi contre la manipulation de l’information que doit examiner l’Assemblée nationale en juillet prochain. C'est pourquoi la presse doit s'évertuer, toujours et encore plus, à donner "toute la vérité, rien que la vérité". Une expression qui trouverait son origine dans l'Antiquité et qui est devenue le credo, au XIXe siècle, des écrivains réalistes à l'instar de Maupassant et Zola, lorsqu'ils firent le serment de ne pas enjoliver le réel dans leurs romans, mais de le retranscrire de façon brute.
Et puisque l'on parle de vérité, gageons que toute la lumière soit faite enfin sur l'affaire Pouvana'a a Oopa. C'est à cette fin que le procès du Metua va être révisé le 5 juillet prochain pour aboutir, peut-être, à la décision de la Cour de cassation de "décharger la mémoire du mort".

Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Dominique Schmitt