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Faut-il avoir peur de vacciner nos enfants ?


Jeudi 6 Février 2020 - écrit par Dominique Schmitt


L’intérêt de la vaccination dans la lutte contre les maladies infectieuses ne cesse d’être remis en question, notamment en raison de l’aluminium utilisé dans les adjuvants. Face à ce sujet hautement polémique, le désarroi des parents, qui ne savent plus s’ils protègent réellement leurs enfants en suivant le calendrier réglementaire… En Polynésie, ce ne sont plus huit, mais onze piqûres qui sont désormais obligatoires, depuis 2019. Alors, les vaccins représentent-ils un danger pour notre progéniture ? À l’heure de la recrudescence des épidémies mondiales, les pédiatres sont catégoriques : ils sont définitivement une priorité de santé publique.



 Le succès de la vaccination repose sur la "mémoire immunitaire" qui est en général très bonne chez le sujet jeune. Selon les vaccins, elle sera entretenue par des injections de rappel. Crédit photo : DR
 Le succès de la vaccination repose sur la "mémoire immunitaire" qui est en général très bonne chez le sujet jeune. Selon les vaccins, elle sera entretenue par des injections de rappel. Crédit photo : DR
Entre la propagation affolante de la rougeole dans le Pacifique, puis la contamination effrayante du coronavirus de la Chine dans le monde, l’actualité brûlante sonne le glas des esprits les plus sceptiques à propos de l’efficacité des vaccins… Prenons l’exemple de la rougeole, cette maladie "bénigne" qui tue encore. Transmise en octobre dernier par un touriste néo-zélandais aux Samoa, l’épidémie a fait 83 morts, essentiellement des enfants de moins de 4 ans, et continue de se propager (presque 5 700 cas recensés au 6 janvier 2020) avec des flambées aux Tonga, en Nouvelle-Zélande, et des cas signalés aux Kiribati, en Papouasie-Nouvelle-Guinée et aux Samoa américaines. Avec un très faible taux de vaccination de 30 % de la population avant le début de l’épidémie, les autorités sanitaires n’ont pas hésité à accuser les mouvements anti-vaccins d’être à l’origine de cette recrudescence de la rougeole. En effet, le taux de couverture vaccinale était très insuffisant, puisqu’il faut atteindre 90 % pour qu’une population soit à l’abri d’une épidémie ; d’autant plus que la rougeole est extrêmement contagieuse. Face à l’état d’urgence, l’archipel a dû fermer toutes ses administrations et vacciner l’ensemble du pays. Dans son dernier bulletin, le Bureau de veille sanitaire de la Direction de la Santé estime, aujourd’hui, "bien réel" le risque d’introduction de la rougeole en Polynésie...


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Comme un parfum de Macron…

Comme un parfum de Macron…
La décision du Conseil d’État, le 27 janvier dernier, de ne pas appliquer l’amendement à la loi Morin pour les demandes d’indemnisation des victimes des essais nucléaires déposées avant 2019 a surpris la Polynésie entière… mais agréablement pour une fois ! Cette institution publique, qui est chargée de conseiller le Gouvernement central et se veut la plus haute des juridictions de l’ordre administratif, met donc finalement à mal “l’amendement Tetuanui”, créé le 30 décembre 2018, qui réintégrait dans la loi, après la suppression de la notion de “risque négligeable”, un seuil minimal d’exposition aux rayonnements ionisants pour accéder aux indemnisations (une dose annuelle de 1 millisievert). Conséquence immédiate : deux victimes, dont les dossiers avaient pourtant été rejetés par le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen), ont pu obtenir gain de cause. Ces décisions font ainsi jurisprudence pour 62 autres cas ayant reçu un avis défavorable parmi les 138 demandes d’indemnisation en attente.

Même le président du Pays n’a pas caché son grand étonnement. Sans chercher à “faire le travail du Civen”, Édouard Fritch a considéré, au micro de Radio 1, qu’il va manquer au comité “un critère qui permette de dire oui ou non”. Annick Girardin, la ministre des Outre-mer, a déclaré pour sa part, lors de sa courte visite au fenua : “Chacun prend acte de cette décision”, en ajoutant que ce sera au Civen d’en “examiner les conséquences”, en l’absence d’une estimation précise de l’impact financier sur l’État. Sans surprise cette fois, Auguste Uebe-Carlson, fondateur et président de l’association 193, a, lui, réagi positivement à cette grande annonce dans les colonnes de Tahiti Infos : “C’est vraiment un encouragement (…) pour toutes les familles à se manifester pour que cet amendement [“Tetuanui”] soit supprimé ou suspendu en attendant des études sérieuses de la part de l’État à propos de la réalité des maladies qui touchent notre pays.” Selon lui, “le nombre de dossiers a considérablement baissé” depuis l’entrée en vigueur de cet amendement, qui “a découragé beaucoup de familles polynésiennes à entamer une demande d’indemnisation”. Le père Auguste n’a d’ailleurs pas manqué d’affirmer : “Nous rappellerons au président Macron ces décisions du Conseil d’État.

En effet, malgré deux reports en 2019, le président de la République française nous fera enfin l’honneur d’un séjour en Polynésie du 16 au 18 avril 2020, des dates dont nous vous avions donné la primeur dans l’édition du 13 décembre dernier (lire TPM n° 422). On peut tout de même s’interroger sur cette décision tonitruante du Conseil d’État en faveur des Polynésiens. D’autant qu’elle s’est suivie, quelques jours après, du passage tout sourire de Mme Girardin sur nos terres, offrant par la même occasion un joli coup de pouce pour les municipales au Tapura Huiraatira, parti local majoritaire rallié à la liste La République en marche (LREM) d’Emmanuel Macron… Juste avant la ministre des Outre-mer, c’était Stanislas Cazelles, le conseiller Outre-mer de l’Élysée, qui se déplaçait à Tahiti pour préparer le voyage du chef de l’État. Alors, hasard du calendrier ou pas, le terrain semble parfaitement déblayé pour l’arrivée du Président ! Si beaucoup redoutent qu’on leur vende encore des salades, ce qui est sûr, c’est que victimes ou non des essais, bien des hommes et des femmes l’attendent de pied ferme et qu’au menu, ils lui proposeront, eux, des échanges et des débats de vive voix autour du sujet explosif du nucléaire.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt