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Faux-semblant, hommage au savoir-faire ancestral en terres māori


Vendredi 15 Mai 2020 - écrit par Vaea Deplat


Heureusement, le monde littéraire ne s’est pas arrêté de tourner pendant le confinement. Au Vent des îles a d’ailleurs sorti plusieurs nouveautés pour notre plus grande satisfaction. Dans notre numéro précédent, nous vous parlions de l’atypique Méridien Zéro. Cette fois-ci, cap sur Aotearoa-Nouvelle-Zélande des années 1930 avec Faux-semblant. Un récit fort et percutant, hommage à une époque et à un mode de vie traditionnel māori.



Witi Ihimaera a pour habitude de signer des récits qui dressent d’authentiques tableaux de Aotearoa-Nouvelle-Zélande. Pour cette récente traduction de White Lies (2013) chez Au Vent des îles (2020), l’auteur maori ne déroge pas à sa marque de fabrique. Faux-semblant aborde des thèmes engagés à travers des personnages féminins puissants, résolument ancrés dans la culture māori. Au fil d’une centaine de pages, il explore avec humanité et sensibilité des sujets profonds et épineux : médecine traditionnelle, tabous intercommunautaires, avortement, maternité et question du métissage.

Si le récit fait la part belle à Paraiti, tohunga, guérisseuse māori, c’est que cette femme – on l’apprend grâce à la postface – a sauvé la vie de l’auteur lorsqu’il était enfant. On comprend alors que l’écrivain rende hommage à cette "(…) mère, [qui] est toutes les mères" (p. 85), cette "donneuse de vie" "dévouée à la santé de son peuple" (p. 30) qui, dans le roman, se retrouve confrontée à un dilemme moral dont on laissera le soin au lecteur de découvrir.

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“Champions du monde” de Covid : on dit merci qui ?

Après notre titre de "champions d’Outre-mer" lorsque le fenua a réussi l’exploit, le mois dernier, d’être la seule collectivité ultramarine à se voir imposer un couvre-feu, voilà que nous prenons du galon en montant sur la première marche du podium des pays qui enregistrent le taux d’incidence le plus élevé de la planète. Si, si, avec 1 603 cas pour 100 000 habitants (du 29 octobre au 11 novembre 2020), nous sommes devenus "champions du monde" de coronavirus devant Andorre (1 378) et la République tchèque (1 330), selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies ! Le summum de l’aberration a été atteint la semaine dernière quand on a appris que les touristes hexagonaux étaient interdits de… Polynésie. Depuis le reconfinement de la Métropole, le motif dérogatoire touristique qui figure dans l’arrêté du haut-commissaire (en vigueur jusqu’au 16 décembre) n’est en effet plus considéré comme une raison valable. On pourrait croire à une mauvaise blague, mais non, c’est bien la triste réalité.
Nous qui étions “Covid-Free” et misions tout sur le tourisme extérieur pour sauver l’économie locale, on peut dire que c’est ballot ! À vouloir courir plusieurs lièvres à la fois, changer de stratégie et ne pas mettre des contrôles sanitaires stricts lors de la réouverture de nos frontières, les autorités ont perdu sur tous les tableaux et font sombrer notre économie… Les petits commerces mettent la clé sous la porte les uns après les autres, de même que certaines pensions. Par ailleurs, la décision de fermer les salles de sport a suscité l’incompréhension de nombre d’entre nous qui crient à l’incohérence, alors que les lycéens s’entassent dans les classes. Pourquoi ne pas avoir pris des mesures adaptées, comme c’est le cas dans d’autres secteurs ? Surtout que le profil des personnes hospitalisées est une majorité de patients obèses, diabétiques et hypertendus. Le Covid tue les personnes en mauvaise santé, et on empêche les gens de faire du sport et de renforcer leur immunité… C’est d’autant plus aberrant chez nous, avec une partie de la population dite “à risques”. C’est le serpent qui se mord la queue !
Pendant ce temps, le Bureau de veille sanitaire (BVS), en sous-effectif, est quasiment injoignable, tellement il est débordé. Il n’y a aucun contrôle des cas positifs et encore moins de suivi des cas contacts. En changeant de protocole sans réaliser de vraie communication, les autorités ont réussi à embrouiller l’esprit des citoyens, qui ne savent même plus s’ils doivent aller travailler ou rester chez eux lorsqu’ils sont cas contacts. Et on se demande encore comment on a du mal à limiter la propagation du virus ? Nos dirigeants, ici et en Métropole, répètent assumer entièrement leurs responsabilités, mais tous ces morts doivent commencer à devenir pesants !
Si on ne peut plus voir ses amis, ni assister à un événement culturel, ou même faire du sport, il nous reste une seule solution pour éviter la sinistrose : en profiter pour retrouver les plaisirs des sens, les plaisirs de la Vie… Alors, on dit merci qui ?

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT