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Festival Pīna'ina'i : quand le corps se fait vecteur de l'expression culturelle


Jeudi 17 Octobre 2019 - écrit par Ariitaimai Amary


Aujourd'hui, le festival Pīna'ina'i est un événement incontournable en Polynésie. Cependant, la notoriété dont il peut se targuer s'est construite au fil des années et des mutations structurelles de la manifestation culturelle. Cette année, la 9e édition a lieu le 19 octobre sur le site habituel du Paepae a Hiro. Remontez le temps avec nous pour revenir aux sources de Pīna'ina'i.



Crédit photo :  Heirani Tuihani
Crédit photo : Heirani Tuihani
L'idée de créer Pīna'ina'i est venue lors d'une réunion de l'association Littéramā'ohi en 2010, durant laquelle les membres cherchaient de nouveaux moyens pour promouvoir les auteurs autochtones. Moana'ura Tehei'ura, président de l'association, se rappelle : "En 2011, nous avions effectué notre première lecture publique au marché de Papeete, et on se disait justement que ce n'était pas une franche réussite ! On était du côté des fleuristes et ils se sentaient déjà un peu envahis… On lisait, on improvisait, et on ne s'écoutait pas forcément." Après cette première démarche, la nécessité de développer l'art de la scène s'est imposée à l'ensemble des membres de l'association.

Le premier Pīna'ina'i a eu lieu en 2011 et, depuis, les écrivains et orateurs réitèrent l'invitation au public chaque année. Durant cet événement, les textes sont déclamés par des orateurs et interprétés par des danseurs et des musiciens.
Pour le premier du nom, moins de 100 personnes étaient présentes, mais les retours étaient très satisfaisants, puisque le public avait saisi la dimension novatrice de l'événement. Le directeur de la Maison de la culture de l'époque, Heremoana Maamaatuaiahutapu, avait très rapidement soutenu ce projet et les années qui suivirent avaient marqué l'avènement de cette manifestation culturelle incontournable. Les effectifs ont été doublés, puis triplés, et le public répondait toujours présent, et en nombre toujours plus conséquent, et c'est ainsi que l'événement s'est fait sa place dans le paysage culturel, à tel point qu'il s'est ensuite affranchi du Salon du livre, auquel il avait jusqu'alors été concomitant.

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Pendant ce temps-là, les SDF meurent dans nos rues…

Pendant ce temps-là, les SDF meurent dans nos rues…
Il aura donc fallu que deux bébés meurent à Ua Pou en l’espace de trois ans pour que le Pays promette enfin de réagir. Après que le Fenua Enata a crié sa colère suite au décès du nourrisson de trois mois et que le corps du petit Hoane Kohumoetini a été rapatrié pour reposer en paix sur sa terre natale, le président de la Polynésie a multiplié les annonces, le 17 octobre dernier. Afin d’assurer correctement les évacuations sanitaires, un hélicoptère devrait être de nouveau affecté aux Marquises “avant juin 2020” et l’hôpital de Taiohae, à Nuku Hiva, devrait disposer prochainement d’un appareil d'échographie, ainsi que d'un scanner pour permettre des diagnostics plus pointus. Édouard Fritch a déclaré en outre qu’un navire de secours en mer verrait le jour grâce à l’inscription au budget de l’État d’une enveloppe de 36 millions de Fcfp par la ministre des Outre-mer, Annick Girardin. C’est Noël avant l’heure, et on sent comme un parfum de municipales se dégager derrière chaque parole gouvernementale… D’ailleurs, le président et le haut-commissaire, en déplacement aux Marquises le week-end dernier, ont été accueillis par un collectif de 300 personnes qui ont manifesté en silence leur indignation, en attendant non pas des promesses mais des actions concrètes.

Alors, cher papa Fritch, permettez-nous de vous adresser également cette lettre un peu en avance. Yvonne, 60 ans, s’est éteinte à l’hôpital de Taaone, puis le corps d’un quadragénaire sans vie a été découvert derrière la mairie de Papara. Ces deux décès de sans domicile fixe (SDF) survenus à quelques jours d’intervalle portent à au moins 9 le nombre de personnes en grande précarité et à la rue disparues depuis le début de l’année. C’est trop, beaucoup trop à l’échelle de notre territoire avec ses 280 000 habitants ! En Métropole, ce sont 303 morts qui ont été répertoriés sur une population de 67 millions d’âmes, ce qui est déjà inacceptable. Comme nous l’écrivions dans un précédent éditorial (lire TPM n° 406 du 3 mai 2019), après la vague de solidarité qui a déferlé suite à l’incendie de Notre-Dame de Paris : faut-il que la planète s’enflamme pour que nous lui venions en aide, ainsi qu’aux dizaines de milliers d’enfants, de SDF et de vieillards qui meurent chaque jour dans la plus grande indifférence ?

D’autant que ces regrettables disparitions coïncident avec le contexte tendu qui s’est instauré entre le gouvernement local et Père Christophe, depuis le discours officiel de M. Fritch devant les élus du Pays pour lequel il n’avait même pas pris la peine de se concerter avec les principaux concernés ! Le prêtre résident et vicaire coopérateur de la cathédrale de Papeete avait alors dénoncé “un coup médiatique, un coup politique !” (lire TPM n° 417 du 4 octobre). Dans un nouveau brûlot publié sur la page du centre d’accueil Te Vai-ete, le bienfaiteur des SDF à Tahiti n’y va pas avec le dos de la cuillère : “À quel jeu le Pays joue-t-il ? Davantage préoccupé par les conflits d’intérêts personnels, les querelles de pouvoir entre cabinets ministériels et la lâcheté de ceux qui peuvent y remédier… ego surdimensionné… le bien commun disparaît au profit des intérêts personnels ! Pendant ce temps-là, on meurt dans nos rues… Combien de morts faudra-t-il pour que les petits potentats qui gravitent dans les sphères du pouvoir soient mis à bas pour qu’être frères ne soit plus le privilège de quelques-uns ?” Rappelons encore une fois que Père Christophe est à la recherche d’un terrain pour offrir des conditions louables aux quelque 300 SDF qui errent dans le Grand Papeete, à savoir un repas, une douche et la possibilité de laver leur linge. Il a besoin de 150 millions de Fcfp avant le 23 décembre 2019, sinon il jettera l’éponge après vingt-cinq années de générosité inconditionnelle. Je rêve qu’en ces fêtes de la Toussaint et du Tūramara’a, nous puissions rendre à nos défunts, mais aussi à nos SDF, toute leur dignité !

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt