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French blue, des charters de "sans-le-sou" ?


Vendredi 3 Novembre 2017 - écrit par Luc Ollivier


Le ciel polynésien ne nous est pas encore tombé sur la tête, mais il risque de devenir le nouveau grand sujet de bataille politique de ces prochaines semaines. Un nouveau champ de confrontation ouvrant le bal de la campagne des élections territoriales. L'équilibre fragile de la desserte aérienne pour Tahiti depuis Paris va être mis à mal avec l'arrivée d'un nouvel opérateur low cost, French blue, qui envisage de passer par San Francisco, au départ de Paris/Orly.



crédit photo : ©Airbus S.A.S. 2016 - computer rendering by FIXION - MMS
crédit photo : ©Airbus S.A.S. 2016 - computer rendering by FIXION - MMS
L’annonce a fait grand bruit la semaine dernière quand on apprenait que, suite à la visite le 11 octobre dernier de Marc Rochet, P-dg d'Air Caraïbes et de French blue, et Jean-Paul Dubreuil, actionnaire principal des deux compagnies, auprès du président Édouard Fritch et de la ministre du Tourisme Nicole Bouteau, la compagnie voulait desservir la Polynésie française. "Une mission d'exploration", avait alors commenté le président de la Polynésie française. Mais cette mission a pris forme au point que l'annonce de l'arrivée de la compagnie française à bas coût est une certitude. D'ailleurs, à quel titre la Polynésie française pourrait interdire l'accès à son espace aérien à une compagnie française ? "Le ciel polynésien est...

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LE POLITICO-REALITY SHOW

Comment survivre à l’ombre des grands partis politiques que sont encore le Tapura Huiraatira, le Tahoeraa Huiraatira et le Tavini Huiraatira, alors que se profilent les élections dites territoriales qui servent à élire les représentants à l’assemblée de la Polynésie française.
 Ces élections démocratiques ne laissent effectivement que peu de chances aux petits partis d’arriver à passer le cap du premier tour. Ne leur reste souvent qu’à “monnayer” leurs voix si ces dernières sont en mesure d’apporter la victoire à l’un des trois grands.
L’actuel président de l’assemblée, Marcel Tuihani, démissionnaire du Tahoeraa, a décidé de tenter l’aventure seul, créant en fin d’année dernière son propre parti Te Ora Api O Porinetia. Anciennement UPLD, Tauhiti Nena et Jacky Bryant ont décidé de juxtaposer leurs programmes pour renforcer leurs chances ; tentant même de faire croire au soutien du parti métropolitain La République en Marche
et profiter du tsumani qui a régénéré le paysage politique français. Un tsumani qui ici en raison de l’éloignement géo- graphique, mais surtout des enjeux poli- tiques différents, ne devrait produire que quelques vaguelettes.
Heimana Garbet, le référent d’alors de La République en Marche, attaqué de toutes parts, Marcel Tuihani ayant essayé aussi de lui piquer sa place, a décidé de sortir de son immobilisme en s’associant à l’une des plus improbables alliances politiques que l’on ait vues au Fenua. Un casting de rêve mené par Bruno Sandras, Teiva Manutahi, Clarenntz Vernaudon et Nata- cha Helme. Au premier passage devant le jury à Vaitupa, la sentence fut sans appel : direction la sortie. La quatrième voie était donc sans issue ! Le règlement de compte, les révélations n’ont pas tardé à émerger . Après l’opération survie de Koh Lanta, place à Secret Story.
Voilà à quoi nous en sommes réduits, comparer les élections parmi les plus importantes pour l’avenir de ce pays à des
émissions de téléréalité. Un petit jeu que l’on pourrait dupliquer à bien d’autres pays à commencer par la France. Rap- pelez-vous des primaires de la droite... Mais les comparaisons ne s’arrêtent pas là, puisque le Tavini, plutôt discret jusqu’à présent dans ses prises de parole et ses critiques face au pouvoir en place, a fait le buzz en proposant un casting pour trouver les meilleurs candidats. Une innovation sortie de l’imagination fertile du néo-député Moetai Brotherson qui, s’inspirant lui aussi du président Macron, veut rénover l’offre électorale. Comme dans The Voice ou La Nouvelle Star, les candidats de tous horizons passeront devant un jury qui a fixé son cahier des charges dont l’air est déjà connu. Issus de grands ou petits partis, la Polynésie n’attend qu’une chose, qu’on lui présente d’incroyables talents.
 Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier