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Grandes plumes

De la liberté en période troublée 04/09/2020 | Simone Grand

Étranges humains que nous sommes. Tous farouches adeptes de la liberté sans l’avoir définie. Prêts à en découdre pour la défendre en invectivant, insultant et méprisant quiconque ne partage pas son...
Hum ! J’ignore si un tel syndrome existe mais, en définissant chaque mot de cette expression, il semble que oui. Un syndrome serait un ensemble de signes informant d’une souffrance. Or, à lire,...
Quand l’incertain temporaire s’étire en longueurs imprécises, les repères deviennent mouvants et ne balisent plus que nos incertitudes variables, révélant d’autres points d’ancrage possibles qui...

Un esprit primesautier 07/08/2020 | Riccardo Pineri

"Il y a certaines entreprises pour lesquelles un désordre soigneux est la véritable méthode." H. Melville, Moby Dick C’est dans ses "mémoires" disséminés dans de nombreux textes, rassemblés dans Agir...

La contagion émotionnelle 26/06/2020 | Simone Grand

Voir, en direct, un policier tuer un homme sous l’œil indifférent de ses trois collègues a bouleversé, révulsé le monde entier. Que la victime soit noire et que les policiers soient trois Blancs et...

La culture du risque 12/06/2020 | Simone Grand

Le confinement vécu dans nos îles et sur la planète durant deux mois avait pour mot d’ordre : "Empêchons le coronavirus de circuler !" Comme c’est par nous que la maladie se répand, nous nous sommes...

Du débat à la polémique 29/05/2020 | Simone Grand

Débattre, c’est dialoguer avec un ou des interlocuteurs d’avis différents à qui l’on reconnaît le droit de penser autrement. En tahitien, débattre, c’est Tāu’a parau = "prendre soin de la parole"....

La certitude de l’incertain 15/05/2020 | Simone Grand

Si jamais vous aviez des certitudes, elles ne peuvent qu’être ébranlées en ces temps de vérités fluctuantes et étrangement contradictoires, parfois. Après une adolescence en quête d’une absolue...
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Archives militaires “déconfinées” et venue de Macron au fenua : “poisons” d’avril ?

Dans notre précédente édition spéciale consacrée au nucléaire (“Après l’intox… l’infox !, TPM n°451 du 26 mars 2021), nous nous réjouissions de l’annonce du président de la République française, le 9 mars dernier, d’ouvrir enfin les archives militaires pour la période précédant 1971, qui représentait une lueur d’espoir. Las, Patrice Bouveret, cofondateur et directeur de l’Observatoire des armements, interpellé par notre dossier, nous apporte cependant une précision de taille. Dans une tribune qu’il nous a consacrée (lire pages 6-7), il explique que la décision d’Emmanuel Macron d’autoriser l’accès aux archives ne peut pas concerner les documents sur les essais nucléaires sans que la loi de 2008 sur lesdites archives ne soit modifiée au préalable par le Parlement. Cela signifie que non seulement cela peut prendre pas mal de temps, mais, surtout, que ce n’est pas encore inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale…

En effet, cette loi sur les archives du 15 juillet 2008 contient un article qui rend incommunicables tous les documents sur les armes de destruction massive, donc sur le nucléaire, et cela vaut malheureusement aussi bien pour les 17 essais tirés au Sahara que les 193 autres expérimentés en Polynésie française ! L’accès aux documents classifiés est un difficile combat. Une longue action juridique, à l’initiative des associations Moruroa e tatou et l’Aven (Association des vétérans des essais nucléaires), a permis en 2013 la déclassification de quelques archives sur les essais en Polynésie et au Sahara. Archives qui ont d’ailleurs élargi la zone de résidence à toute la Polynésie pour les victimes souhaitant obtenir une indemnisation, et qui ont été à la base du travail pour la publication du livre Toxique.

Alors, “déconfiner” les archives militaires : est-ce bien là l’intention du président ? “Nous pouvons en douter, tranche Patrice Bouveret, car si la déclaration de l’Élysée évoque la nécessité « de renforcer la communicabilité des pièces », elle s’empresse de préciser que cela doit se faire « sans compromettre la sécurité et la défense nationales » L’argument massue toujours mis en avant depuis des décennies !” Personne ne demande la divulgation des secrets de fabrication de la bombe, mais tout le monde souhaite connaître les différentes mesures enregistrées sur les retombées radioactives des explosions afin de permettre aux victimes et aux ayants droit d’obtenir réparation et indemnisation. Nous voulons toute la vérité, rien que la vérité. Peut-être que l’hypothétique venue de Macron au fenua, invité pour la fin du mois d’août, sera l’occasion de mettre cartes sur table ? Mais rien n’est moins sûr quand on voit que l’État persiste et signe dans son attitude méprisante en cédant “gratuitement” à la Polynésie un terrain et des bâtiments infestés d’amiante et de plomb pour abriter un centre de mémoire des essais nucléaires !

Un cadeau empoisonné donc, pour un mémorial dont le contenu muséographique est entièrement géré par les hautes sphères parisiennes sans la consultation d’aucun Polynésien…

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT