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Grandes plumes

Un monde habitable 14/06/2019 | Simone Grand

Lors de l’émission littéraire La Grande Librairie, une écrivaine haïtienne vivant en métropole, a stimulé ma réflexion en disant : "Les politiciens de chez nous ont fait de notre île un monde...

Encore un roi ! 31/05/2019 | Simone Grand

À croire qu’une saison nouvelle se mette à exister dans nos îles, à moins qu’il ne s’agisse d’une nouvelle maladie contagieuse : celle de royautés autoproclamées. L’étrangeté de ces comportements...
Observer le monde par la petite fenêtre installée dans nos salons est source d’enseignements et de réflexions. Chez nous, avec application et entêtement nous continuons à saccager nos rivières en...

Être une nation, posséder un patrimoine… 03/05/2019 | Jean-Marc Regnault

"À l’intérieur d’un même groupement régi par les mêmes institutions […] il y a forcément entre les individus, même des classes les plus opposées ou des castes les plus distantes, un fonds indivisible...

Un royaume pour Bibi 03/05/2019 | Simone Grand

Aux temps anciens, chaque île et/ou district avait son ari’i entouré de sa cour régnant sur ses subalternes. Une cosmogonie divine était élaborée pour justifier l’ordre des préséances terrestres,...

Mā’ohi nui = le grand Indigène 18/04/2019 | Simone Grand

Le parti indépendantiste local, qui s’est nommé lui-même avec un mot d’origine étrangère, demande à ses adhérents de glisser dans l’urne des élections européennes, non pas un bulletin de vote mais un...

Du pourquoi et du comment 05/04/2019 | Simone Grand

Enfant, j’étais une prodigieuse enquiquineuse avec mes "pourquoi ?" Au catéchisme, belles images et bons points me laissaient sur ma soif et ma faim de réponses acceptables. Une autre religion...
Même une écoute distraite du journal télévisé fait sursauter en captant des âneries déguisées en informations quand viennent les cérémonies de commémoration de l’arrivée officielle de l’Évangile à...
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Entre crise et remaniement, la rentrée sera mouvementée !

Entre crise et remaniement, la rentrée sera mouvementée !
La tournure qu’a prise “l’affaire Radio Tefana” impliquant Oscar Temaru a indigné un grand nombre d’entre nous. Après le grand recul de l’État français sur les indemnisations des victimes des essais nucléaires en Polynésie, dont le mépris détonant a explosé à la figure du Pays, la volonté de “dépayser” (à Nouméa finalement) le procès opposant le procureur de la République, Hervé Leroy, au leader indépendantiste interroge… Si la présidente du tribunal considère qu’il n’est pas envisageable de juger le responsable du parquet de sa propre juridiction, l’avocat de M. Temaru estime, lui, qu’il s’agit d’un “déni de démocratie”. Pour rappel, alors que le conseil municipal de Faa’a a accordé la protection fonctionnelle à son édile pour payer ses frais de justice liés à l’affaire Radio Tefana, M. Leroy a exigé une saisie pénale de 11,55 millions de Fcfp sur le compte personnel de M. Temaru. Pour protester contre cette opération “injustifiée” et un “acharnement judiciaire de l’État français à son encontre”, ce dernier a ainsi entrepris une grève de la faim le 8 juin. Ne parvenant pas à obtenir une audience avec M. Leroy, malgré le soutien d’une centaine de sympathisants réunis devant le palais de justice, M. Temaru l’a finalement assigné en référé pour “atteinte à la présomption d’innocence”.

La polémique gronde et défraye la chronique, ici et ailleurs, la presse nationale se demandant même “à quoi joue l’État ?”. Ce qui est indéniable, c’est que M. Temaru, souvent cantonné au rôle de martyr, a cette fois bénéficié d’une mobilisation importante et su fédérer les cœurs, bien au-delà d’un parti politique. En obtenant le soutien de nombreuses personnalités de tous horizons, ainsi que d’une vingtaine d’associations, de confessions religieuses, de syndicats ou de partis politiques rassemblés au sein du collectif Nuna’a a ti’a ("Peuple lève-toi, avance pour la paix") – à l’origine de la marche du 20 juin –, il s’est imposé en Metua (“père spirituel”). Par sa détermination et son pacifisme, on ne peut s’empêcher de penser à Pouvana’a a Oopa, condamné et exilé en 1959 pour un crime qu’il n’avait pas commis, bien que “le manque de recul” ne permette pas la comparaison, selon le spécialiste du sujet Jean-Marc Regnault, l’une des grandes plumes de Tahiti Pacifique et chroniqueur des “Pages d’Histoire”. D’ailleurs, l’historien publie simultanément deux ouvrages aux éditions ’Api Tahiti, qui lancent la série “Rivalités et moins si affinités” : Gaston Flosse, un Chirac des tropiques ? et Oscar Temaru, l’Océanie au cœur (lire page 12). Et l’auteur de mettre en perspective les deux hommes politiques, éternels “meilleurs ennemis” : “En 2020, ils entretiennent l’ambiguïté. Vont-ils s’entendre contre l’État pour en finir avec le statut d’autonomie dont ni l’un, ni l’autre ne veulent plus ? Vont-ils s’entendre pour tenter de chasser un gouvernement autonomiste qui ne gouverne pas vraiment différemment (…) ? Rivalités, donc, mais desquelles peuvent naître des affinités… électives ou autres.” L’avenir nous le dira, mais on sent bien que ce gouvernement – qui préfère poser du gazon synthétique sur le front de mer plutôt que miser sur la permaculture et les jardins partagés pour pallier la crise socio-économique inéluctable – ne parvient pas à satisfaire la majorité de la population. Aussi, le divorce est consommé au sommet du gouvernement, et il se murmure déjà qu’un remaniement ministériel est imminent…

C’est donc une rentrée mouvementée qui s’annonce ! En attendant, je profite de l’occasion pour vous informer que la rédaction de Tahiti Pacifique fera une trêve durant le mois de juillet, et ce chaque année, afin de permettre à tous les journalistes, chroniqueurs et autres contributeurs qui le souhaitent de prendre des congés annuels mérités et se ressourcer. L’objectif est aussi de mieux vous retrouver, avec toujours plus de dossiers de fond et encore d’autres nouveautés ! Les parutions de votre magazine préféré reprendront à compter du vendredi 7 août, toujours au rythme bimensuel. Merci pour votre confiance et à très bientôt.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT