Menu
Grandes plumes

Te tau re’are’a = "Le temps jaune" 14/12/2018 | Simone Grand

Te tau = le temps, la période ; re’are’a en tahitien ou rekareka en pa’umotu = jeunesse, volupté, extase, insouciance. (Re’are’a c’est aussi la couleur jaune). Te taure’are’a est cette période de la...
Les seuls "amortisseurs" sociaux suffiront-ils à éviter l’explosion sociale ? Si la pauvreté recule globalement dans le monde, les inégalités, par contre, continuent à augmenter. En effet, 57  % du...
L’élection présidentielle inattendue de Donald J. Trump, en novembre 2016, a pris de court le monde entier, surtout ses nombreux détracteurs des médias et du monde politique qui l’avaient maintes...

Le missionnaire et le cachalot 30/11/2018 | Simone Grand

Deux faits concomitants, mais non forcément liés entre eux… encore que… font ce qu’aujourd’hui on appelle le buzz. Commençons par ce jeune missionnaire nord-américain qui, tout récemment, s’en fut...
Il y a une quinzaine d’années, Octave Togna, une personnalité kanak, alors directeur du Centre Jean-Marie Tjibaou, était interrogé par un historien : - "Pourquoi l’Union calédonienne a-t-elle...
Le mot "indépendance" est-il "périmé", comme le dit Christian Karembeu dans une récente interview sur FranceTV info ? À le lire, nous comprenons qu’en effet, selon les époques et les lieux, les mots...

L’indépendance pour quoi faire ? 02/11/2018 | Simone Grand

La Nouvelle-Calédonie est devant un choix de statut politique qui nous interpelle nous aussi. Aussi douloureuse que soit l’Histoire vécue par la population originelle d’archipels océaniens lors du...
Dans un de mes derniers cours à l’université de la Polynésie française, je commentais le passage de Flaubert consacré au mariage de Charles et d’Emma Bovary, avec le retour à la ferme du père Rouault...
1 ... « 5 6 7 8 9 10 11 » ... 16




Doudou et la “positive attitude”

Doudou et la “positive attitude”
On connaissait déjà le “dîner de cons”, place désormais au “bal des positivons”. Le concept est simple : il s’agit de positiver le plus possible face au Covid-19 et d’adopter l’attitude du “faites ce que je dis, pas ce que je fais”. Et… on a trouvé notre champion : Doudou, bien sûr ! Imbattable à ce petit jeu, il n’a d’abord pas supporté que Taote Raynal lui tienne tête lors des points presse et lui a mis un revers de la main droite pour reprendre la partie de la main gauche. Puis, c’est avec Dodo que cela s’est corsé… Finalement, les cas actifs ont explosé, les morts ont commencé à tomber, alors aux oubliettes la transparence ! Le peuple d’en bas n’a qu’à se contenter de voir défiler des chiffres balancés par le service com’ de la Présidence, avec des carrés épidémiologiques qui changent, sans aucune explication ni commentaire sur tel ou tel décès. Mais c’est lors de son voyage à Paname que Doudou a réussi à décrocher le pompon. Tellement heureux de retrouver Macron et ses copains du gouvernement central, mais aussi de leur présenter ses nouvelles ouailles locales, qu’il en a oublié la distanciation physique et le port correct du masque, avant d’être déclaré positif au Covid-19 à son retour au fenua ! Chapeau l’artiste, la “positive attitude” a payé et même le président français a failli en faire les frais. On n’est pas passé loin du combo parfait, peut-être la prochaine fois.
Il convient de saluer notre héros local, qui, comme le rapporte un communiqué officiel, “conscient de la vivacité de la propagation du virus à Paris (…), a néanmoins pris le risque d’aller à la rencontre des autorités nationales, pour défendre des dossiers vitaux pour la Polynésie”. Cette “mission nécessaire” de Doudou a suscité la risée de nos confrères de la presse écrite. Le Monde, par exemple, va droit au but : “Les élections sénatoriales, qui ont regroupé le 27 septembre à Papeete des grands électeurs venus de toutes les îles, ont pu participer à la diffusion du virus dans les archipels. Malgré les appels à respecter les gestes barrières, beaucoup d’élus se sont embrassés, comme le veulent les coutumes polynésiennes.” D’ailleurs, les ministères et les mairies sont, eux aussi, de plus en plus “positifs” avec une flambée de “covidés” ces dernières semaines. Quant au lycée du Diadème, la plus grosse structure scolaire du fenua (2 300 élèves, 250 profs), il s’est montré si bon élève en la matière que l’établissement a dû fermer ses portes. Et quand on sait que Doudou, censé montrer l’exemple, a assisté, une petite semaine seulement après sa contamination, à la grande fête solennelle pour les 90 ans de Monseigneur Coppenrath, on reste sans voix. De quoi créer de bons gros clusters !
Il nous reste donc plus qu’à “positiver” aussi et guetter le pic épidémique, en espérant que les 60 lits en réanimation du Centre hospitalier suffiront à surmonter cette crise sanitaire interminable. Dans ce “bal des positivons”, Macron reste évidemment le chef d’orchestre suprême. Et il a encore changé le tempo : depuis le 17 octobre, les grandes métropoles françaises sont soumises à un couvre-feu – qui est en réalité un confinement partiel sur le temps libre –, et “la règle des 6” doit être appliquée pendant que les transports en commun sont bondés et que lycéens et étudiants s’entassent dans des classes. “Continuez à travailler comme d’habitude”, nous dit notre cher président, mais sachez-le : “Les plus précaires sont les premières victimes.” Nous voilà prévenus ! On a de plus en plus hâte de le recevoir à domicile à la fin du premier trimestre 2021…

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT