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Grandes plumes
Telle est ma traduction des deux premiers vers du poème relatant la naissance de ‘Oro fils de Ta’aroa (le dieu suprême) et de l’humaine Hina-debout-en-amont, épouse de Nage-en-mer, père nourricier de...

La langue est un trésor 18/12/2020 | Simone Grand

La langue est un trésor élaboré et déposé pour nous par nos ancêtres soucieux de faire de nous des humains accueillant à notre tour d’autres humains dans une chaîne ininterrompue d’humanité. Une...
Cette citation, souvenir du collège-lycée Paul-Gauguin, n’est pas de Lope de Vega, mais de Goya ! Zut, alors ! Comme quoi il est essentiel de toujours réévaluer ses certitudes. Cette citation...
Félicitons les services de police, de douane et les tribunaux pour leurs succès dans le difficile combat contre le trafic de drogues. Les trafiquants se dénoncent souvent tout seuls en affichant un...
Le mot polynésien tapu, adopté par les langues occidentales sous la forme de “tabou”, signifie : interdit, sacré, consacré. Son contraire est noa = profane, libre d’interdit, autorisé, commun. La...
A-t-on déjà vu l’avenir d’une société abandonnée entre les mains d’un statisticien ? Dont il serait seul à poser la référence de base, analyser les données et les interpréter ? Quel cauchemar...
Chaque société édicte ses règles de conduite et d’inconduite sous le mode implicite et/ou explicite. Ces règles varient selon les circonstances et les époques. Ainsi, contrairement aux idées reçues,...

Des mots frappés d’interdit, de tapu 18/09/2020 | Simone Grand

Ma fenêtre s’ouvre sur des hibiscus et tiare tahiti à travers les branches desquelles des bougainvilliers offrent leur luxuriance parme sous les bouquets blancs du frangipanier. Au-delà du mur de...
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Archives militaires “déconfinées” et venue de Macron au fenua : “poisons” d’avril ?

Dans notre précédente édition spéciale consacrée au nucléaire (“Après l’intox… l’infox !, TPM n°451 du 26 mars 2021), nous nous réjouissions de l’annonce du président de la République française, le 9 mars dernier, d’ouvrir enfin les archives militaires pour la période précédant 1971, qui représentait une lueur d’espoir. Las, Patrice Bouveret, cofondateur et directeur de l’Observatoire des armements, interpellé par notre dossier, nous apporte cependant une précision de taille. Dans une tribune qu’il nous a consacrée (lire pages 6-7), il explique que la décision d’Emmanuel Macron d’autoriser l’accès aux archives ne peut pas concerner les documents sur les essais nucléaires sans que la loi de 2008 sur lesdites archives ne soit modifiée au préalable par le Parlement. Cela signifie que non seulement cela peut prendre pas mal de temps, mais, surtout, que ce n’est pas encore inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale…

En effet, cette loi sur les archives du 15 juillet 2008 contient un article qui rend incommunicables tous les documents sur les armes de destruction massive, donc sur le nucléaire, et cela vaut malheureusement aussi bien pour les 17 essais tirés au Sahara que les 193 autres expérimentés en Polynésie française ! L’accès aux documents classifiés est un difficile combat. Une longue action juridique, à l’initiative des associations Moruroa e tatou et l’Aven (Association des vétérans des essais nucléaires), a permis en 2013 la déclassification de quelques archives sur les essais en Polynésie et au Sahara. Archives qui ont d’ailleurs élargi la zone de résidence à toute la Polynésie pour les victimes souhaitant obtenir une indemnisation, et qui ont été à la base du travail pour la publication du livre Toxique.

Alors, “déconfiner” les archives militaires : est-ce bien là l’intention du président ? “Nous pouvons en douter, tranche Patrice Bouveret, car si la déclaration de l’Élysée évoque la nécessité « de renforcer la communicabilité des pièces », elle s’empresse de préciser que cela doit se faire « sans compromettre la sécurité et la défense nationales » L’argument massue toujours mis en avant depuis des décennies !” Personne ne demande la divulgation des secrets de fabrication de la bombe, mais tout le monde souhaite connaître les différentes mesures enregistrées sur les retombées radioactives des explosions afin de permettre aux victimes et aux ayants droit d’obtenir réparation et indemnisation. Nous voulons toute la vérité, rien que la vérité. Peut-être que l’hypothétique venue de Macron au fenua, invité pour la fin du mois d’août, sera l’occasion de mettre cartes sur table ? Mais rien n’est moins sûr quand on voit que l’État persiste et signe dans son attitude méprisante en cédant “gratuitement” à la Polynésie un terrain et des bâtiments infestés d’amiante et de plomb pour abriter un centre de mémoire des essais nucléaires !

Un cadeau empoisonné donc, pour un mémorial dont le contenu muséographique est entièrement géré par les hautes sphères parisiennes sans la consultation d’aucun Polynésien…

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT