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Heiva i Tahiti 2018 : que la fête commence !


Jeudi 28 Juin 2018 - écrit par W.W.


Du 4 au 21 juillet, les groupes de chants et de danses illumineront, comme chaque année, la scène de To'atā. Mais le mois de juillet à Tahiti, c'est aussi le Heiva Rima'i, le Heiva Tu'aro Mā'ohi avec le Heiva Va'a et les courses hippiques de retour cette année, sans oublier la traditionnelle cérémonie de la marche sur le feu et les représentations sur le marae Arahurahu jusqu'au début du mois d'août. Pour certains, le Heiva c'est une façon d'être ensemble, malgré les contraintes et la fatigue, pour d'autres, c'est un moyen de se connecter avec l'expression contemporaine de la culture polynésienne.



Crédit photo : TFTN
Crédit photo : TFTN
Année après année, le Heiva i Tahiti continue de séduire les foules et gagne de plus en plus d'adeptes et de passionnés à travers le monde. Au vu de sa renommée mondiale, les festivités du Heiva semblent exister depuis "toujours"... Mais n'oublions pas que cela fait à peine trente ans que l'événement a été rebaptisé ainsi. L'Histoire nous parle d'un temps que les jeunes générations ne peuvent pas connaître... Converti au christianisme, le roi Pomare II promulgue en 1819, un Code interdisant toute activité, alors contraire aux valeurs chrétiennes, dont notamment la danse et le tatouage.
À partir de 1847, le Heiva, qui signifie en langue tahitienne "divertissement", "passe-temps", "exercice physique", "danse" ou "assemblée", réunie pour danser, était toléré, mais du moins réglementé par le gouvernement français de l'époque. Le 'ori tahiti, la danse traditionnelle, n'était alors autorisée que dans certains lieux, le mardi et le jeudi. Ce n'est qu'en 1881 qu'elle fut conviée aux réjouissances des défilés militaires et autres cérémonies officielles, à l'occasion des célébrations du 14-Juillet, que l'on nommait le tiurai, juillet. Les chants traditionnels, bien au contraire, étaient encouragés par les colons qui usaient alors de cette pratique traditionnelle, à des fins de conversion religieuse. Néanmoins, avec le temps, la pratique de la danse réapparaît au sein du peuple polynésien qui, depuis les années 1950, se réapproprie doucement son héritage culturel et ne cesse d'enrichir la dimension traditionnelle de la danse et du chant par une vision contemporaine. Et ce n'est qu’en 1985, en hommage à l'accession de la Polynésie au statut d'autonomie, que le Tiurai est rebaptisé Heiva i Tahiti.
Depuis, chaque année, les festivités du Heiva commencent dès la fin du mois de juin, avec notamment les artisans et les concours de sports traditionnels. Une nouveauté cette année, les courses hippiques sont de retour à l'hippodrome de Pirae. Mais nous le savons tous, le moment tant attendu du Heiva aura lieu à partir du 4 juillet prochain, avec la nouvelle édition 2018 qui accueillera cette année 19 groupes de danses et 18 groupes de chants sur la scène mythique de To'atā. Parmi eux, certains sont considérés comme professionnels, d'autres comme amateurs, mais pour tous, le défi est de taille et les heures de répétitions se succèdent encore...

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"Tahiti paradis"

Des premiers explorateurs à aujourd’hui, le mythe du "Tahiti paradis" n’a pas beaucoup vieilli, il a plutôt changé de sens. De la beauté des îles, des lagons, des populations qui ont fait la réputation mondiale de la destination depuis plus de deux siècles – et qui en sont encore le principal moteur économique interne –, on est passé à un Eldorado d’une toute autre nature : celui des margoulins de tout poil et de tout horizon. Petit "pays", qui fait figure de riche dans un bassin géographique qui n’a pas encore livré toutes ses richesses, la Polynésie française a souvent été la cible d’hommes et de projets plus que douteux. À croire qu’elle n’a déjà pas assez affaire avec ceux qui y vivent…

Les vendeurs de couvertures chauffantes ont fait place à d’autres vendeurs, bien plus avisés et plus ambitieux. Je me souviens de ce projet d’une course internationale de voiliers – qui n’attirerait que des grands noms (!) – qui a fait flop, à la fin des années 1980. Mais ceci n’est rien en comparaison de ceux qui sont à deux doigts de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. À l’instar des promoteurs des "Îles flottantes", qui ont bien failli réussir leur coup (coût ?). Le gouvernement avait mordu à l’hameçon, avant de le recracher sous la pression populaire. À notre connaissance, et depuis ce désistement, les "Îles flottantes" n’ont toujours pas trouvé un lieu d’amarrage… Surprenant, pour un projet si novateur, non… ? Il faut croire qu’ailleurs dans le monde, on est un peu plus regardant.

Entre ce projet de milliardaires américains, et celui du financement du "Village tahitien" (version Flosse) par un milliardaire arabe, repoussé par le vote de la population, il faut déduire que c’est elle qui détient le bon sens. C’est peut-être pour cette raison qu’elle se montre sceptique quant aux projets plus ou moins avancés que sont le projet aquacole de Hao, dont les rendez-vous avec les investisseurs chinois ne cessent d’être repoussés, ou celui du "Village tahitien" version Fritch, dont la date des 200 jours pour la signature du protocole vient d’être dépassée. Les investisseurs néo-zélandais et samoans ne seraient-ils plus les hommes de la situation ? On n’ose croire que le maintien de Samoa sur la liste noire de l’Union européenne des paradis fiscaux y soit pour quelque chose... Il semble que les garanties financières ne soient pas au rendez-vous. On aurait certainement dû et pu se montrer plus regardant sur cet aspect lors de la candidature.

Mais à Tahiti, au paradis, on a tendance à faire un peu trop confiance et, parfois même, à n’importe qui. Vous ne me croyez pas ? Je vous invite à lire le sujet édifiant (voir page 6) sur une société condamnée en 2017 et pour laquelle le Pays offre son soutien !

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier

Luc Ollivier