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Heiva i Tahiti : vers une refonte du règlement général en 2019


Vendredi 1 Juin 2018 - écrit par Dominique Schmitt


Des rumeurs grandissantes annonçaient la suspension du concours de chants et danses traditionnels, l'année prochaine, ou sa disparition définitive au profit d'un festival des îles. En réalité, des réflexions vont être menées par certains chefs de troupe pour modifier
le règlement général du Heiva i Tahiti. L'occasion pour Tahiti Pacifique de pointer du doigt le côté parfois superficiel de la plus grande manifestation culturelle du fenua.



Crédit photo : Matareva
Crédit photo : Matareva
On le sait, "radio cocotier" est de mise en Polynésie et les rumeurs vont bon train. Non, le Heiva i Tahiti ne sera pas annulé en 2019, pas plus qu'une année blanche ne sera mise en place ! Une discussion a bien eu lieu entre certains chefs de troupe de 'ori tahiti et le ministre de la Culture pour évoquer l'avenir du concours de chants et danses traditionnels, et si l'idée d'un festival regroupant les îles a été abordée, celle-ci ne devrait pas se concrétiser. Les acteurs de la culture réfléchissent plutôt à une refonte du règlement en vigueur, ce qui correspond aussi à un désir fort de la Maison de la culture de mieux l'adapter, suivant la réalité du terrain. Cependant, les avis des principaux intéressés divergent fortement…

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Sainte Défisc’, priez pour nous

La brève, mais intensive, visite du ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, du vendredi 27 au lundi 30 juillet, a une nouvelle fois mis en évidence la grande dépendance économique de la Polynésie française vis-à-vis de l’État français. Durant quatre jours, le gouvernement Fritch, comme d’autres avant lui, a tenu à montrer à chacune des visites programmées combien la défiscalisation nationale était plus que nécessaire pour que ce pays continue à se développer. "Vous avez compris que notre insistance vis-à-vis de la défiscalisation n’est pas un luxe", a d’ailleurs rappelé Édouard Fritch dans son discours de clôture. Entre celle généreusement accordée pour le câble Natitua – qui n’aurait pas dû en bénéficier –, celle évoquée à demi-mot pour la filière pêche – un secteur prometteur pour le développement –, et le système de défiscalisation nationale en général pour laquelle aucune réponse ne sera donnée avant la fin de l’année, le ministre a fait souffler le chaud et le froid. Il a rappelé qu’à Bercy, on n’aimait pas trop la défiscalisation. "On n’aime pas trop ça car il s’agit de défalquer un impôt d’un impôt." Ou encore : "Lorsque l’on met de l’argent soit par des subventions, soit de la défiscalisation, soit par des baisses d’impôt, c’est le contribuable métropolitain qui contribue à cet argent public. Il faut faire attention." De quoi tempérer l’enthousiasme des plus optimistes sur le bilan de cette visite. Ils pourront toujours se raccrocher à ce qui ressemble à un certain maintien du suspense. La visite du président Emmanuel Macron, prévue pour début 2019, pourrait être celle des bonnes nouvelles. Après le passage de son prédécesseur, François Hollande en 2016, qui avait permis d’avancer sur ce qui est devenu l’Accord de l’Élysée et la très attendue reconnaissance du fait nucléaire, le président Macron pourrait débarquer les bras chargés de cadeaux fiscaux et, si l’on se prend à rêver, l'un qui aurait la forme d'excuses et de dédommagement du fait nucléaire et de ses conséquences. L’avenir nous dira si la France peut être aussi juste et grande que généreuse.
Ce numéro de Tahiti Pacifique est le 100e depuis qu’Alex du Prel, son fondateur, a officiellement passé la main au groupe Fenuacom en août 2015 ; nous tenions à le rappeler et ainsi lui rendre hommage.
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier