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Heiva international, deuxième édition


Vendredi 23 Mars 2018 - écrit par Dominique Schmitt


Coupe du monde de 'ori tahiti  : 400 artistes attendus, dont 250 étrangers

Face au succès du premier Heiva international en 2016, l'association Nonahere, emmenée par le chef de troupe Matani Kainuku, organise une deuxième édition dont le point d'orgue sera la Coupe du monde de 'ori tahiti 2018, les 6 et 7 avril prochains, place To’atā. En marge de cet événement haut en couleur, un programme riche mettra en lumière la culture polynésienne dès le 31 mars, avec comme fil rouge le reo tahiti.



Crédit photo : DR
Crédit photo : DR
Place à la deuxième édition du Heiva international à compter de la fin du mois ! Pour Matani Kainuku, le président de Nonahere, qui a créé cet événement qui doit avoir lieu tous les deux ans, l'objectif principal est "l'expression d'une identité culturelle" qui repose "sur le sens de la langue". Reconnu par ses pairs, ce chef de troupe a remporté trois fois le Heiva i Tahiti (2006, 2007 et 2008) et a été jury du Heiva i Tahiti et du Hura Tapairu à de multiples reprises, sans oublier ses prestations à l'extérieur. Déterminé à promouvoir notre fenua et à le faire rayonner, Matani Kainuku a concocté un programme encore plus riche cette année pour les 400 artistes attendus, dont 250 étrangers...

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"Tahiti paradis"

Des premiers explorateurs à aujourd’hui, le mythe du "Tahiti paradis" n’a pas beaucoup vieilli, il a plutôt changé de sens. De la beauté des îles, des lagons, des populations qui ont fait la réputation mondiale de la destination depuis plus de deux siècles – et qui en sont encore le principal moteur économique interne –, on est passé à un Eldorado d’une toute autre nature : celui des margoulins de tout poil et de tout horizon. Petit "pays", qui fait figure de riche dans un bassin géographique qui n’a pas encore livré toutes ses richesses, la Polynésie française a souvent été la cible d’hommes et de projets plus que douteux. À croire qu’elle n’a déjà pas assez affaire avec ceux qui y vivent…

Les vendeurs de couvertures chauffantes ont fait place à d’autres vendeurs, bien plus avisés et plus ambitieux. Je me souviens de ce projet d’une course internationale de voiliers – qui n’attirerait que des grands noms (!) – qui a fait flop, à la fin des années 1980. Mais ceci n’est rien en comparaison de ceux qui sont à deux doigts de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. À l’instar des promoteurs des "Îles flottantes", qui ont bien failli réussir leur coup (coût ?). Le gouvernement avait mordu à l’hameçon, avant de le recracher sous la pression populaire. À notre connaissance, et depuis ce désistement, les "Îles flottantes" n’ont toujours pas trouvé un lieu d’amarrage… Surprenant, pour un projet si novateur, non… ? Il faut croire qu’ailleurs dans le monde, on est un peu plus regardant.

Entre ce projet de milliardaires américains, et celui du financement du "Village tahitien" (version Flosse) par un milliardaire arabe, repoussé par le vote de la population, il faut déduire que c’est elle qui détient le bon sens. C’est peut-être pour cette raison qu’elle se montre sceptique quant aux projets plus ou moins avancés que sont le projet aquacole de Hao, dont les rendez-vous avec les investisseurs chinois ne cessent d’être repoussés, ou celui du "Village tahitien" version Fritch, dont la date des 200 jours pour la signature du protocole vient d’être dépassée. Les investisseurs néo-zélandais et samoans ne seraient-ils plus les hommes de la situation ? On n’ose croire que le maintien de Samoa sur la liste noire de l’Union européenne des paradis fiscaux y soit pour quelque chose... Il semble que les garanties financières ne soient pas au rendez-vous. On aurait certainement dû et pu se montrer plus regardant sur cet aspect lors de la candidature.

Mais à Tahiti, au paradis, on a tendance à faire un peu trop confiance et, parfois même, à n’importe qui. Vous ne me croyez pas ? Je vous invite à lire le sujet édifiant (voir page 6) sur une société condamnée en 2017 et pour laquelle le Pays offre son soutien !

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier

Luc Ollivier