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Hiro Ou Wen, un artisan en quête d'excellence


Vendredi 1 Décembre 2017 - écrit par Dominique Schmitt


Portrait d'un homme au savoir-faire unique

On ne présente plus Hiro Ou Wen. Son savoir-faire, inspiré des ancêtres polynésiens, l'a propulsé au firmament de l'artisanat local. Os, nacre, ivoire, bois, perle… L'homme sculpte des pièces qui, sous ses doigts, deviennent de véritables bijoux. À l'occasion de son prochain salon annuel, du 12 au 16 décembre, rencontre avec celui qui est aussi le créateur des diadèmes que portent les Miss Tahiti.



crédit photo : Dominique Schmitt
crédit photo : Dominique Schmitt
C'est sous le bruit continu des meules de polissage que Hiro Ou Wen nous accueille dans son atelier, situé à Punaauia. Deux ouvriers travaillent consciencieusement leurs pièces, éclairés par des lampes individuelles pour plus de précision. Plutôt que bijoutier d'art, l'homme préfère entendre son métier qualifié d'artisan. Né en 1944 d'un père chinois et d'une mère polynésienne, Hiro a conservé très peu de souvenirs du patriarche. Il raconte : "Mon père, qui était surnommé Tātāio en raison de sa petite taille, vivait à la Presqu'île et faisait du commerce de viande salée. Il réalisait des affaires avec les baleiniers de l'époque et il a réussi à amasser une petite fortune. Alors il a voulu m'emmener avec lui, mais ma mère a refusé et ne l'a pas laissé faire. Il est donc parti tout seul en 1946, probablement pour s'installer à Hong Kong. J'ai été ensuite élevé par mes grands-parents pêcheurs et agriculteurs dans la propriété familiale à Punaauia."
Hiro Ou Wen grandit ainsi modestement au contact de la nature, dans un environnement où "les cocotiers et les bananiers sont omniprésents, et les animaux nombreux, comme le veut la tradition polynésienne". D'ailleurs, il compte parmi ses voisins, son cousin Henri Hiro, futur cinéaste, dramaturge, poète et militant, populaire pour ses prises de position contre l'État colonial français et sa quête de renouveau...

Pour lire l'intégralité de ce Dossier, commandez Tahiti Pacifique n° 369 en cliquant ICI

Hiro Ou Wen, un artisan en quête d'excellence
Infos pratiques

Exposition d’art : Hiro Ou Wen & Gotz – Encres et nacres
Bijouterie d’art & peinture à l’encre de Chine
Hiro Ou Wen / TFTN
Du 12 au 16 décembre
De 9 à 17 heures (midi le samedi)
Vernissage mardi 12 novembre,
à 18 heures
Salle Muriavai de la Maison
de la culture
Entrée libre - Contact : 40 544 544


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Des chaises vides aux Assises

Depuis quelques semaines, la population polynésienne est invitée à s’exprimer lors des Assises des Outre-mer. Le gouvernement central a délégué un référent qui tente de recueillir les attentes des populations, qu’elles soient à Tahiti, à Moorea ou aux Australes, en attendant d’autres archipels. Après la loi sur l'Égalité réelle des Outre-mer, l’État fait un pas de plus vers ses petits bouts de France qui participent, sous diverses formes, à sa grandeur. La première phase de cette consultation, entamée début octobre, s’est terminée la semaine dernière et force est de constater qu’elle n’a pas recueilli un franc succès. Un manque de communication ? Un désintérêt de la population sur des questions pourtant centrales ? Une méfiance envers l’État et des interlocuteurs inconnus ? Un fiu de tout ce qui touche au politique ? Certainement un mixte de ces suggestions.
Pour ceux qui ont pris la peine de se déplacer ou de faire part de leurs desiderata via un site Internet dédié (www.assisesdesoutremer.fr. ), soit environ 1 000 personnes, les thèmes abordés ont tourné autour de la santé, de la sécurité et de l’éducation, nous apprend un communiqué du haut-commissariat. Et si Jacques Wadrawane, le référent des Assises des Outre-mer pour les collectivités françaises du Pacifique, s’est dit satisfait du déroulé de cette première phase en affirmant que "les participants ont fait part de problèmes concrets, de comment améliorer les conditions de vie au quotidien", il n’a pas manqué de noter que la population avait du mal à faire le distinguo entre les compétences de l’État et celles du Pays. Et l’on reparle de manque de culture politique des Polynésiens, que nos politologues ne manquent pas de rappeler avant chaque élection, entretenu par beaucoup, et qui empêche ce peuple de penser par lui-même, de s’élever.
Si ce manque de culture politique, surtout envers celle menée depuis Paris, peut être reproché aux Polynésiens, il est juste de rappeler que les élus de l’Hexagone se montrent tout aussi incultes envers les Outre-mer. C’est pourquoi la ministre de tutelle, Annick Girardin, essaye d’insuffler un "réflexe d’outre-mer" dans les décisions de ses collègues du gouvernement.
Quant au résultat de ces Assises, "les priorités vont maintenant être déterminées, sur la base de cette première consultation. Des projets seront ensuite soumis à l’avis de la population, de mi-janvier à fin février. Puis, les propositions feront l’objet d’un Livre Bleu. Jacques Wadrawane assure que ces idées déboucheront sur des réalisations concrètes, contrairement à ce qu’on a vu dans le passé, avec les États généraux de l’Outre-mer en 2009, notamment", peut-on lire en fin de communiqué. Il manque de préciser que, pour le moment, il n’y a pas de budget réservé aux décisions qui sortiront des Assises qui, elles-mêmes, n’ont bénéficié que d’un budget très limité (72 millions de Fcfp) pour l’ensemble des territoires et collectivités.
Un recueil de doléances, mais par d’argent pour les appliquer, du moins dans un proche avenir. On verra bien si ce sont les chaises vides qui avaient raison.
Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier