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Histoire : à Nouméa, des passionnés veulent repartir sur les traces de La Pérouse après une nouvelle piste


Vendredi 8 Septembre 2017 - écrit par Agence France-Presse




La thèse d'un chercheur australien sur la disparition de la mythique expédition La Pérouse a été jugée "très sérieuse" par une association calédonienne experte du sujet, qui espère que l'enquête sera relancée.
Dans un article publié dans The Journal of Pacific History, un anthropologue australien, Garrick Hitchcock, avance que des rescapés des deux frégates françaises disparues dans les Îles Salomon il y a 229 ans, auraient fait naufrage une nouvelle fois, cette fois dans le détroit de Torrès, entre la Nouvelle-Guinée et l'Australie.
"Je suis tout à fait d'accord avec cette piste, elle relance l'affaire de manière extraordinaire et j'espère que la France et l'Australie vont monter une expédition pour la creuser", a déclaré Raymond Proner, vice-président de l'association Salomon.
Depuis sa création en 1981 à Nouméa, cette association a accompli un travail colossal pour tenter d'éclaircir ce qui est l'un des plus grands mystères de l'histoire maritime.
Elle a notamment été à l'origine de huit missions de fouille à Vanikoro, île des Salomon dans le Pacifique Sud, au large de laquelle se trouvent les épaves des deux frégates de La Pérouse : La Boussole et L'Astrolabe, qui ont engendré plusieurs livres, documentaires et expositions.
Jean-Francois de Galaup de La Pérouse et 220 membres d'équipage, dont de nombreux scientifiques de renom, ont quitté Brest le 1er août 1785. Ils ont disparu après un dernier message le 10 mars 1788, envoyé de Botany Bay, dans le sud-est de la Nouvelle-Hollande (actuelle Australie). Les épaves des frégates seront localisées en 1827, au large de Vanikoro. Si les récits recueillis alors auprès des habitants de l'île, et les recherches archéologiques laissent penser que des rescapés sont partis à bord d'un bateau de secours, leur destinée est toujours restée une énigme.
M. Hitchcock appuie sa thèse sur le récit en 1818 d'un marin indien, qui vécut quatre ans sur Murray, île du détroit de Torrès, et qui apprit auprès des indigènes qu'un "bateau était venu se briser 30 ans plus tôt".
Selon ce récit, tous les membres de l'équipage de ce bateau furent ensuite tués dans des combats, à l'exception d'un mousse qui pourrait être un certain François Mordelle, originaire de Tréguier en Bretagne.
"Il était âgé de moins de 20 ans et il semble qu'à l'époque dans ces îles, les très jeunes hommes étaient épargnés par les massacres", a déclaré Raymond Proner. "Garrick Hitchcock, avec qui je suis en contact, a fait des recherches au bon endroit, notamment en Inde. Nous savions qu'un bateau de secours avait été construit, mais nous n'avions que des pistes incertaines sur sa destination", a-t-il ajouté.
L'association Salomon espère que des fouilles archéologiques pourront être organisées sur les récifs autour de Murray.
"Il faudra des moyens techniques importants car c'était un petit bateau tout en bois et il a passé plus de deux siècles dans l'eau", a souligné Philippe Houdret, membre de l'association Salomon.
Source : AFP

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2018 : sous le signe des Territoriales

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Cette échéance est en tout cas dans les esprits de tous les hommes politiques du territoire qui ont élaboré leur stratégie depuis déjà quelques mois. Chacun est dans son rôle, la majorité souligne le redressement de l’économie, ses bonnes relations avec l’État, ne manque pas d’ouvrir les robinets d’aides et subventions, comme en atteste la lecture des derniers journaux officiels, et annonce vouloir revoir sa stratégie sociale, dont les effets tardent à être ressentis par les plus démunis ; pire, la fracture sociale ne fait que s’agrandir. L’augmentation des cotisations salariales, l’augmentation de l’abonnement téléphonique et des boîtes postales annoncée pour ce début d’année aura un impact négatif sur ceux qui connaissent des fins de mois difficiles.
Un gros trimestre pour créer de l’emploi, pour sortir quelques centaines de Polynésiens de la précarité, paraît bien court pour tenter de redorer cette mauvaise partie du bilan. L’opposition est bien sûr dans son rôle en dénonçant cette précarité, cette misère. Le Tahoeraa mise sur les vieilles recettes et les annonces pleines d’espoir que sont d’offrir un emploi, une maison et de ramener le bonheur dans les familles. Le Tavini n’innove guère plus en proposant de s’appuyer sur les forces économiques de ce pays pour s’en sortir, tout en faisant table rase de certaines pratiques politiciennes.
D’autres partis et candidats auront le temps de se faire connaître, comme vient de le faire Marcel Tuihani, actuel président de l’assemblée territoriale. Il va tenter de convaincre qu’une énième nouvelle voie est possible, surfant sur le ras-le-bol politique national.
Dans exactement 100 jours, les Polynésiens seront amenés à s’exprimer bulletin à la main pour se prononcer sur leur avenir ; notre vœu pour 2018 est qu’ils soient le plus nombreux possible à le faire.
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier