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Hura Tapairu 2017 : une affluence record avec 38 formations sur scène


Vendredi 17 Novembre 2017 - écrit par Dominique Schmitt


Concours de danses traditionnelles

Avec pas moins de 38 formations inscrites cette année, le Hura Tapairu connaît un essor croissant, si bien que la Maison de la culture et son ministre de tutelle parlent de "cru exceptionnel" pour cette 13e édition. Les groupes de danse concourront au Grand théâtre durant deux semaines, du 22 novembre au 2 décembre, et offriront des prestations où la beauté des chorégraphies sera à la mesure de la créativité.



crédit photo : 'Anapa Production
crédit photo : 'Anapa Production
C’est une fin d'année riche qui s'annonce sur le plan culturel. Depuis treize ans que le Hura Tapairu (hura pour "la tradition" et tapairu pour "la grâce et l'originalité") existe, son succès ne se dément pas et devient même grandissant. Preuve de cette effervescence, 38 formations (réparties en 33 groupes) sont engagées dans cette 13e édition (malgré le désistement de Ahutoru Nui à la dernière minute), contre 27 en 2016. Et encore, la clôture des inscriptions a dû se faire avant la date prévue pour pouvoir accueillir toutes les troupes. C'est ce qui explique d'ailleurs que la première soirée démarre un mercredi, en lieu et place du traditionnel jeudi.
Le ministre de la Culture, Heremoana Maamaatuaiahutapu, qui a créé cet événement en 2004, se souvient : "La première fois, neuf groupes de danse se sont inscrits et nous avons tout de suite su que ce concours perdurerait. Depuis, il a bien sûr évolué, avec un règlement qui s'est adapté aux différentes demandes des chefs de groupes." En effet,...

Pour lire l'intégralité de ce Dossier, commandez Tahiti Pacifique n° 368 en cliquant ICI

Hura Tapairu 2017 : une affluence record avec 38 formations sur scène
INFOS PRATIQUES

• Soirées de concours
19 heures / Tarif unique : 1 500 Fcfp
Du mercredi 22 au samedi 25 novembre
Du mercredi 29 au vendredi 1er décembre

• Finales de Mehura et de Tapairu
16 heures / Tarif unique : 2 500 Fcfp
Samedi 2 décembre

Billets en vente à la Maison de la culture
et en ligne sur www.huratapairu.com
Contact : 40 544 544
• Exposition artisanale et culturelle
De 17 à 20 heures dans le hall
Bijouterie en coquillage,
tressages, couronnes de fleurs,
instruments traditionnels…


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"Toute la vérité, rien que la vérité"

Ce début de mois de juin a été marqué par la vive polémique qui a grandi autour de l'émission télévisée réalisée par Enquête exclusive et consacrée au fenua. L'équipe de M6 avait déjà opéré des focus peu flatteurs sur nos îles avec les documentaires Tahiti, l'envers du décor en 2009, puis Tahiti, la face cachée du paradis en 2017 ; cette fois, le sujet au titre racoleur, intitulé "Polynésie française : le territoire de tous les extrêmes", a fait sortir de ses gongs le Landerneau polynésien, avant même la diffusion du reportage. En cause, un synopsis mercantile et nauséabond qui cherchait à faire le buzz à tout prix :
"(…) Sur l'île de Tahiti, deux mondes à part se côtoient sans jamais se mélanger : d'un côté les Blancs, surnommés les « Popa'a », qui tiennent l'économie, de l'autre les Polynésiens, qui vivent dans les bidonvilles. La plupart de ces habitants, originaires d'archipels éloignés, ont renoncé à un mode de vie traditionnel dans l'espoir de trouver un travail en ville. Chômage, pauvreté et violence animent aussi ce paradis. (…)"
Si 55 % de la population vit en effet sous le seuil de pauvreté français établi à 115 000 Fcfp, contre 16 % en Métropole (enquête ISPF sur les dépenses des ménages en 2015 dans les Îles du Vent), le magazine d'investigation stigmatise les rapports humains entre les ethnies composant la société polynésienne pourtant ultra cosmopolite. Quelle ironie au pays de la fraternité où quasiment tout le monde se salue, se tutoie et vit ensemble, sans aucun préjugé quant à la couleur de peau de l'autre ou le choix de sa confession religieuse ! De quoi plomber le tourisme, notre première manne économique, ou casser le rêve d'exil des habitants de l'Hexagone… Cela dit, gardons la tête froide, il n'y a pas eu de quoi fouetter un chat, car il s'avère que, malgré de nombreuses confusions, les différentes enquêtes des journalistes métropolitains sont plutôt bien menées et reflètent même une âpre réalité que nous aimerions voir disparaître à jamais. En fin de compte, Enquête exclusive a surfé sur le cas unique de Maiao, "l'île interdite" (où les étrangers ne sont pas forcément les bienvenus après que ses résidents furent les victimes, au début du siècle dernier, d'un Britannique à l'appétit commercial insatiable), et en a fait une généralité.
Un amalgame de très mauvais goût qui permet de rappeler s'il le fallait que nous sommes entrés dans l'ère des fake news, vous savez ces informations fausses ou truquées relayées sur les réseaux sociaux et par certains médias. "Le problème majeur de nos sociétés ne tient pas tant dans les fausses nouvelles, mais dans le fait que nombre de citoyens aient fini par choisir de les croire", écrivait récemment Le Monde à propos des deux propositions de loi contre la manipulation de l’information que doit examiner l’Assemblée nationale en juillet prochain. C'est pourquoi la presse doit s'évertuer, toujours et encore plus, à donner "toute la vérité, rien que la vérité". Une expression qui trouverait son origine dans l'Antiquité et qui est devenue le credo, au XIXe siècle, des écrivains réalistes à l'instar de Maupassant et Zola, lorsqu'ils firent le serment de ne pas enjoliver le réel dans leurs romans, mais de le retranscrire de façon brute.
Et puisque l'on parle de vérité, gageons que toute la lumière soit faite enfin sur l'affaire Pouvana'a a Oopa. C'est à cette fin que le procès du Metua va être révisé le 5 juillet prochain pour aboutir, peut-être, à la décision de la Cour de cassation de "décharger la mémoire du mort".

Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Dominique Schmitt