Menu

Incendies : des habitants pris au piège, le feu se rapproche de Sydney


Vendredi 15 Novembre 2019 - écrit par Agence France-Presse




Crédit photo : DR
Crédit photo : DR
Des dizaines d’incendies attisés par des vents violents, des températures caniculaires et une végétation sèche, se sont intensifiés en début de semaine et ont atteint la banlieue de Sydney, principale ville australienne qui compte avec son agglomération plus de 5 millions d’habitants.
Les feux de brousse se trouvaient mardi dernier à quelques kilomètres du centre de Sydney, capitale de l’État de Nouvelle-Galles du Sud (sud-est). Des avions de lutte contre les incendies ont pulvérisé des produits retardant sur les arbres et les maisons d’une banlieue située au nord de la ville. 

Deux incendies qui s’étaient déclarés à Turramurra, à environ 15 kilomètres au nord du centre de Sydney, ont dévasté une forêt d’eucalyptus située dans un parc forestier et atteint des maisons. Ils ont finalement été maîtrisés.
Cette ville de banlieue était entourée d’un épais nuage de fumée alors que les maisons, les véhicules et les routes étaient recouverts d’un produit retardant de couleur rouge framboise. 
"Les braises qui flottaient dans l’air ont déclenché des feux devant les maisons", a expliqué Nigel Lush, un habitant. 
Selon le témoignage de Julia Gretton-Roberts, une autre habitante, l’incendie s’est propagé très rapidement. "Tout à coup, le feu était en face de notre maison, et il était massif. Des policiers ont vite récupéré les enfants et nous sommes partis", raconte-t-elle. 
Andrew Connon, un pompier, a expliqué qu’un certain nombre de maisons avaient été menacées mais que la pulvérisation du produit ignifuge a permis de limiter les menaces qui pesaient sur les habitations.
Des milliers de pompiers avaient été déployés préventivement dans les États du Queensland et de Nouvelle-Galles du Sud en raison de conditions "catastrophiques" et "hors normes".
Ils ont cependant été dans l’incapacité d’empêcher plusieurs feux de brousse de percer le périmètre de confinement. Des résidents qui n’avaient pas été évacués se sont ainsi retrouvés pris au piège.
Sur plus d’une centaine de feux de brousse, une situation d’urgence a été décrétée pour treize d’entre eux alors que de nombreuses villes sont directement menacées. 

"Trop tard pour partir"

"Beaucoup de gens ont tenu compte des avertissements et sont partis tôt", a déclaré Shane Fitzsimmons, responsable des pompiers de Nouvelle-Galles du Sud, mais "manifestement, d’autres ont choisi de ne pas le faire".
"Pour ceux qui se trouvent encore" dans les zones concernées par ces violents incendies "il est trop tard pour partir et se mettre à l’abri est désormais votre seule option", a-t-il affirmé.
Depuis vendredi, les incendies sur la côte est de l’Australie ont fait trois morts, détruit plus de 150 habitations et contraint des milliers d’habitants à fuir.
Des températures atteignant 40 degrés et des vents soufflant à 60 km/h étaient attendus mardi sur la côte est de l’Australie. 
Selon des experts, la combinaison de ces éléments, très favorables aux feux de brousse, est la pire jamais enregistrée.  
Les vents qui soufflent d’ouest en est et l’intense sécheresse qui frappe la végétation risquent de propager les incendies en direction des foyers de population vivant sur le littoral.
"Ces conditions devraient s’aggraver", a affirmé M. Fitzsimmons, invitant les habitants des régions voisines à rester en état d’alerte. "Un excès d’optimisme tue", a-t-il averti. 
À titre préventif, environ 600 écoles ont été fermées, ainsi que de nombreux parcs nationaux. 
La police et l’armée apportent un appui logistique aux pompiers qui ont également reçu le soutien aérien d’une centaine d’appareils.

"Les feux sont partout"

Le rallye d’Australie, dernière manche du championnat du monde des rallyes de la FIA, qui devait débuter jeudi en Nouvelle-Galles du Sud, a été annulé mardi par les organisateurs.
Dans la ville de Hillville, au nord de Sydney, un incendie a ravagé une superficie équivalant à près de 25 000 terrains de foot. Comme pour beaucoup d’habitants, le feu s’est approché du domicile de Daniel Stevens qui s’est retrouvé contraint de plier bagages après avoir longuement hésité à abandonner sa maison et l’ensemble de ses biens.
Dans la petite ville de Taree, également au nord de Sydney, des dizaines de personnes ont trouvé refuge dans un parc d’expositions.  

Caroline Watson, 59 ans, est arrivée lundi soir avec son époux et leur chien. 
"Les feux sont absolument partout", a-t-elle dit. "Ils ne nous ont pas demandé de partir, mais on s’est dit que ça viendrait."
Dans les Blue Mountains, à l’ouest de Sydney, Alan Gardiner, un pompier de Winmalee, a indiqué que les habitants étaient "terrifiés et à bout de forces".  
La ville porte encore les stigmates de l’incendie de 2013 qui avait détruit 200 habitations. La population est consciente de l’importance de se décider à temps pour partir, en raison du peu d’axes routiers dans cette zone montagneuse.
"S’il y a un incendie, ce sera catastrophique", estime M. Gardiner. 
De tels incendies se produisent chaque année sur l’immense île-continent pendant le printemps et l’été en Australie. Cette année, la saison des feux a été particulièrement précoce et violente et pourrait être l’une des pires connues par le pays.
En Nouvelle-Galles du Sud, un million d’hectares a déjà brûlé, soit déjà trois fois plus que l’an dernier.

Source : Agence France-Presse

Dossiers | L'Actu | Culture | Edito | Abonnement | Numéros | Archives | Pacifique | Grandes plumes | La chronique d'Alex Du Prel




Délinquance : peut-on se réjouir de chiffres qui sont “dans la moyenne nationale” ?

Délinquance : peut-on se réjouir de chiffres qui sont “dans la moyenne nationale” ?
À l’heure du bilan à mi-parcours du Plan de prévention de la délinquance 2018-2020, on ne vous cache pas notre étonnement en prenant connaissance des résultats donnés par l’État et le Pays, même si, en cette période préélectorale, plus grand-chose ne nous surprend. Et puis, on le sait, il est facile de “faire parler” les chiffres. Concrètement, la cinquième réunion plénière du Conseil territorial de la prévention de la délinquance annonce une diminution des faits constatés dans quasiment tous les secteurs. Ainsi, les atteintes volontaires à l’intégrité physique resteraient stables entre 2018 et 2019 ; idem pour les atteintes aux biens ; le nombre d’accidents et de blessés sur les routes aurait également baissé, etc. Mais si l’on analyse ces données de plus près, on s’aperçoit en réalité qu’elles sont floues, puisque l’on compare parfois les
douze mois de l’année 2018 avec la période de janvier à septembre (neuf mois) pour l’année 2019. Par exemple, il est indiqué que
3 femmes et 1 homme ont été tués à la suite de violences conjugales en 2018” contre “2 femmes depuis le début de l’année 2019”. Ou encore : “Au 31 octobre 2019, on recense 29 tués contre 30 tués à la même période en 2018, soit une baisse de -3,3 %”. Personne ne sait comment vont évoluer ces statistiques d’ici la fin de l’année…

D’une part, ces méthodes de calcul ne semblent pas permettre de tirer des conclusions précises et, d’autre part, on ne peut pas se réjouir de ces mauvais chiffres. Toutefois, le haut-commissaire a résumé (relativisé ?) la situation en ces termes : “Sur les atteintes aux biens, nous sommes plutôt en dessous de la moyenne nationale, sur les violences aux personnes, nous sommes dans la moyenne nationale et en-dessous de certains territoires ultramarins.” Cette démarche, consistant à se baser sur le ratio national, est-elle appropriée ? Nous en doutons fortement. Cela nous fait amèrement penser à l’anecdote cocasse que nous avons vécue en 2018 alors que nous menions des investigations sur l’augmentation des nuisances sonores et la montée de la violence chez les jeunes au fenua. Bien que le commissaire divisionnaire de la Direction de la sécurité publique était d’accord pour échanger sur ces thèmes épineux, l’ancien responsable de la communication du haussariat – qui a été débarqué entre-temps, car mis en examen pour complicité de trafic d’influence active, aux côtés de Bill Ravel – nous avait fait comprendre, en “off”, qu’il n’y avait “pas de sujet”… Nous lui avons prouvé le contraire en publiant deux dossiers de fond sur ces problématiques irréfutables (lire TPM n° 389 du 7 septembre 2018 et TPM n° 391 du 5 octobre 2018), qui nous ont valus de très bons retours.

Dominique Sorain a cependant jugé “préoccupante” l’augmentation des trafics de drogue et notamment d’ice. Et pour cause, il y a urgence lorsque l’on voit le nombre effarant de saisies effectuées par les douanes locales ! M. Édouard Fritch, lui, a proposé “la création très prochaine d’une Délégation à la promotion de la jeunesse et à la prévention de la délinquance”, qui sera dirigé par l’homme à la chemise mauve (Teiva Manutahi), mais aussi “une intensification des moyens de lutte contre le trafic de plus en plus inquiétant de l’ice”. Sauf qu’il n’y a toujours pas de centre de désintoxication à Tahiti, malgré la mise en place d’un Plan de santé mentale 2019-2021 qui s’avère de plus en plus nécessaire (lire notre dossier de Une en page 16)… En l’absence donc d’un pôle de santé mentale, un projet de postcure devrait être enfin examiné lors du prochain collectif budgétaire. Les quatre priorités identifiées dans le cadre du plan biennal (la lutte contre les addictions, la prévention de la délinquance des mineurs, la réduction des violences intrafamiliales et la lutte contre l’insécurité routière) doivent être poursuivies sans relâche. Il suffit de sortir de chez soi, d’observer et de constater que tous ces sujets sont malheureusement de plus en plus d’actualité dans une société marquée par des inégalités sociales croissantes. Quant aux addictions aux drogues dures, ne sont-elles pas le reflet d’une jeunesse en manque de repères et d’accompagnement, prête à exploser à la figure de ses aînés telle une cocotte-minute ? Il est grand temps d’agir avant que la gangrène ne poursuive son œuvre !

Ensemble, faisons bouger les lignes !
Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt