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Insolite : le kava, breuvage âcre antistress en plein boom à New York


Samedi 10 Février 2018 - écrit par Agence France-Presse




Crédit photo : Dave Lonsdale CC
Crédit photo : Dave Lonsdale CC
Les peuples du Pacifique Sud en consomment depuis des millénaires. Aujourd'hui, le kava gagne les jeunes New-yorkais stressés, parfois prêts à renier l'alcool pour cette boisson aux effets anxiolytiques qui les aide à affronter embouteillages, surmenage et... Donald Trump. Une racine réduite en poudre, mélangée à de l'eau puis filtrée : le kava et son goût d'eau boueuse peut faire régurgiter, surtout s'il n'est pas combiné à un jus de fruit ou un autre complément. Il n'empêche, ses effets relaxants et euphorisants sont de plus en plus demandés dans une ville bruyante et stressante comme New York. Si boire du kava tient de traditions ancestrales aux îles Fidji ou en Polynésie, en Occident c'est de plus en plus perçu comme une alternative saine à l'alcool, par des jeunes qui veulent faire la fête sans se réveiller le lendemain avec la gueule de bois. "C'est vraiment relaxant. Ce n'est pas comme de l'alcool ou de la drogue", dit Sabrina Cheng, une jeune artiste de Brooklyn devenue adepte du Brooklyn Kava. "Je supporte mal l'alcool de toutes façons. Avec le kava, on peut passer toute la journée ici, lire un livre, travailler sur son laptop, discuter."

Source : Agence France-Presse

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La stabilité avant tout

Le 6 mai dernier, avec plus de 66 000 voix, le Tapura Hui- raatira du président Édouard Fritch raflait la mise des
sièges à pourvoir au sein de l’assemblée où les Rouges représentent désormais 66,66 % de l’hémicycle. Il n’en faudrait pas plus pour que tout superstitieux ne se rue dans le premier magasin de jeu à gratter pour tenter d’y gagner le pac- tole avec un numéro fétiche, le 6 par exemple.
Édouard Fritch ne doit pourtant pas à la chance d’avoir obtenu un succès attendu après les résultats du premier tour, fort de l’adhésion de près d’un vote exprimé sur deux par des Polynésiens qui n’ont pas cédé au chant des sirènes de l’abstentionnisme, même si ce dernier est encore en progression. Placé au pouvoir par Gaston Flosse en 2015, celui qui n’est plus considéré
depuis lors comme le gendre idéal par ce même Gaston Flosse a su fédérer autour de sa personne avant de fédérer autour d’un programme. Rien de bien révolutionnaire, des projets à taille humaine qui accompagnent le développement touristique, comme partout ailleurs dans le monde (+7 %) et économique, essentiellement basé à Hao, sans oublier quelques réformes structurelles notamment celle de la retraite, dans un premier temps, puis inévitablement de toute la Protection sociale généralisée. Une gestion de bon père de famille, pourrait-on dire, misant sur une stabilité politique retrouvée qui s’accompagne de l’indice de confiance. Pourra-t-elle résister à une instabilité portée par une partie de l’opposition politique ? Rien n’est moins sûr. Et la tâche du prochain gouvernement à venir pour- rait bien être, après l’élection du président de l’assemblée prévue hier et du président du Pays programmée pour aujourd’hui, d’éteindre des incendies comme ceux que le Tahoera’a a reconnu avoir allumés lors des dernières années (voir article de Jean-Marc Regnault en page 10).
Le ton risque d’être vite donné avec l’urgence des premières réformes qui avaient fait descendre les syndicats dans la rue. Un Tavini qui stagne et un Tahoera’a qui joue sa survie et tentera de continuer d’exister jusqu’aux muni- cipales de 2020 auront du mal à faire entendre leurs voix dans l’hémicycle face aux 38 sièges rouges à l’assemblée sur 57 possibles. Il reste à espérer que les débats s’y cantonnent.

Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier