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Justice : "Il a abattu l’ennemi public numéro un calédonien"


Vendredi 22 Septembre 2017 - écrit par Les Nouvelles Calédoniennes




L’homme mis en examen pour le meurtre de Ramon Noraro, considéré comme le meneur des violences à Saint-Louis, était jugé, lundi devant le tribunal, pour une évasion en état de semi-liberté.
S’il n’a pas réintégré sa cellule du Camp-Est, en mai 2015, c’est pour rester auprès de sa compagne, qui devait retourner en métropole suivre ses études. "Je devais rentrer à 17 heures. Mais je n’ai pas vu l’heure passer. Après, je ne suis plus retourné en prison", assume cet homme de 28 ans, jugé devant le tribunal correctionnel pour cette évasion alors qu’il profitait d’une mesure de semi-liberté. "Mais qui n’oublie pas ses obligations, comme celle de rentrer au Camp-Est, quand on est amoureux ?", plaide son avocat Me Frédéric De Greslan. Au moment de son évasion, ce père de famille, avait déjà une vingtaine de condamnations à son casier. Ce "pur produit de Saint-Louis, où l’on commet des vols comme on joue au foot, en équipe", d’après son conseil, ne sera interpellé par les gendarmes qu’un an et demi après. Le 19 décembre 2016, cet homme tire mortellement sur Ramon Noraro, considéré comme le meneur des échauffourées qui ont éclaté à Saint-Louis depuis plusieurs semaines. "Il ne voulait pas prendre les armes et tuer un gendarme, ce dont rêvait la bande de Noraro. Parce qu’il comptait fuir Saint- Louis, Ramon Noraro voulait lui casser la figure. Quand il a vu que celui-ci s’approchait de façon belliqueuse de sa femme et de son enfant, il a tiré avec un fusil. Il a abattu l’ennemi public numéro un calédonien", résume son avocat. "Il a réglé de façon expéditive le problème de tous les gendarmes", ajoute-t-il. Mais tous ses éléments viendront un jour devant une cour d’assises. En attendant, la mort de Ramon Noraro est toujours à l’instruction. Et le prévenu a été condamné à huit mois de prison pour évasion.
Source : Les Nouvelles Calédoniennes

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LE POLITICO-REALITY SHOW

Comment survivre à l’ombre des grands partis politiques que sont encore le Tapura Huiraatira, le Tahoeraa Huiraatira et le Tavini Huiraatira, alors que se profilent les élections dites territoriales qui servent à élire les représentants à l’assemblée de la Polynésie française.
 Ces élections démocratiques ne laissent effectivement que peu de chances aux petits partis d’arriver à passer le cap du premier tour. Ne leur reste souvent qu’à “monnayer” leurs voix si ces dernières sont en mesure d’apporter la victoire à l’un des trois grands.
L’actuel président de l’assemblée, Marcel Tuihani, démissionnaire du Tahoeraa, a décidé de tenter l’aventure seul, créant en fin d’année dernière son propre parti Te Ora Api O Porinetia. Anciennement UPLD, Tauhiti Nena et Jacky Bryant ont décidé de juxtaposer leurs programmes pour renforcer leurs chances ; tentant même de faire croire au soutien du parti métropolitain La République en Marche
et profiter du tsumani qui a régénéré le paysage politique français. Un tsumani qui ici en raison de l’éloignement géo- graphique, mais surtout des enjeux poli- tiques différents, ne devrait produire que quelques vaguelettes.
Heimana Garbet, le référent d’alors de La République en Marche, attaqué de toutes parts, Marcel Tuihani ayant essayé aussi de lui piquer sa place, a décidé de sortir de son immobilisme en s’associant à l’une des plus improbables alliances politiques que l’on ait vues au Fenua. Un casting de rêve mené par Bruno Sandras, Teiva Manutahi, Clarenntz Vernaudon et Nata- cha Helme. Au premier passage devant le jury à Vaitupa, la sentence fut sans appel : direction la sortie. La quatrième voie était donc sans issue ! Le règlement de compte, les révélations n’ont pas tardé à émerger . Après l’opération survie de Koh Lanta, place à Secret Story.
Voilà à quoi nous en sommes réduits, comparer les élections parmi les plus importantes pour l’avenir de ce pays à des
émissions de téléréalité. Un petit jeu que l’on pourrait dupliquer à bien d’autres pays à commencer par la France. Rap- pelez-vous des primaires de la droite... Mais les comparaisons ne s’arrêtent pas là, puisque le Tavini, plutôt discret jusqu’à présent dans ses prises de parole et ses critiques face au pouvoir en place, a fait le buzz en proposant un casting pour trouver les meilleurs candidats. Une innovation sortie de l’imagination fertile du néo-député Moetai Brotherson qui, s’inspirant lui aussi du président Macron, veut rénover l’offre électorale. Comme dans The Voice ou La Nouvelle Star, les candidats de tous horizons passeront devant un jury qui a fixé son cahier des charges dont l’air est déjà connu. Issus de grands ou petits partis, la Polynésie n’attend qu’une chose, qu’on lui présente d’incroyables talents.
 Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier