Menu

Justice : Paul Néaoutyine à la barre pour détournement de fonds publics


Vendredi 27 Juillet 2018 - écrit par Les Nouvelles Calédoniennes




Le président de la province Nord en Nouvelle-Calédonie s’est présenté, la semaine dernière, pour se justifier devant le tribunal correctionnel. Le procès a été renvoyé.
Il a fait le déplacement à Nouméa pour cela. Le président de la province Nord était à 8 heures tapantes au tribunal correctionnel de Nouméa pour être jugé. Prêt à passer la journée à se défendre lors d’une audience qui, comme pour tous les dossiers financiers, devait durer plusieurs heures. Mais le leader du Palika est pourtant reparti quelques minutes plus tard avec une nouvelle convocation devant la même instance, cette fois-ci en novembre.
Ce que la justice reproche à l’élu ? Des délits de détournements de fonds publics et de favoritisme. En qualité de président de la province, il est suspecté d’avoir détourné plusieurs millions de francs, d’associations et de structures de la province Nord, et de les avoir réaffectés dans d’autres budgets dont la responsabilité lui revient.
Il n’y a donc ici, aucune intention d’enrichissement personnel. Afin de préparer au mieux la défense de tous leurs clients, plusieurs avocats ont donc demandé le renvoi de l’affaire, qu’ils ont obtenu de la part du tribunal. Rendez-vous est donc donné, toujours à Nouméa, le 20 novembre, pour cette fois-ci aborder le fond du dossier.

Source : Les Nouvelles Calédoniennes

Dossiers | L'Actu | Culture | Edito | Abonnement | Numéros | Archives | Pacifique | Grandes plumes | La chronique d'Alex Du Prel




Le Tavini, roi de la com’ ?

L’annonce, le lundi 8 octobre devant la 4e commission de l’Organisation des Nations unies à New York par le leader indépendantiste Oscar Temaru, a fait l’effet d’une bombe. Dans sa tribune, il a dénoncé le colonialisme nucléaire et a annoncé avoir déposé une plainte (réceptionnée le 2 octobre) auprès du Tribunal pénal international de La Haye contre la France et ses présidents pour crime contre l’humanité.
La presse nationale, mais aussi mondiale, en a fait ses choux gras, tant cette action a surpris par son énormité. Si, au final, cette plainte n’a que très peu de chances d’aboutir, en raison de procédures juridiques, il n’en demeure pas moins que le Tavini a fixé sur lui les projecteurs, alors même que sa démarche de décolonisation onusienne s’enlise depuis 2013. De quoi forcer la France à s’asseoir à la table des négociations ? Rien n’est moins sûr, cette dernière considérant toujours que la Polynésie française n’est pas un pays non autonome. Après l’entrée l’année dernière du numéro 2 du parti à l’Assemblée nationale dans une tenue traditionnelle qui lui avait valu l’attention des médias nationaux, autres que celui de France Ô, le Tavini prouve une fois encore qu’il sait jouer avec la presse pour se faire entendre.
Les réactions locales et nationales n’ont pas tardé à se faire entendre, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, déplorant la méthode, et le président Édouard Fritch de rappeler, sur une télévision locale : "On utilise des actions de ce type-là pour rappeler que l’on existe. Ce sont des coups médiatiques, car je crois que le président du Tavini lui-même sait très bien que la plainte qu’il a annoncée contre les chefs d’État n’aboutira jamais. J’ai vu que l’Église protestante maohi aussi redépose une autre plainte… Mais pour aboutir à quoi ? Surtout que les effets annoncés ne verront pas leur aboutissement."
Pour aboutir à quoi ? Tout simplement, rappeler aux yeux du monde qu’une minorité de Polynésiens ne souhaite plus faire partie du giron républicain. Le Tavini se débat avec ses moyens et pivilégie le poids des Unes à celui des urnes.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier