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Justice : coups de feu à Dumbéa pour faire fuir une équipe de voleurs


Vendredi 3 Mai 2019 - écrit par Les Nouvelles Calédoniennes




Chasse à l’homme à Nakutakoin. Des “voisins vigilants” ont ratissé en pleine nuit le quartier, il y a dix jours, pour arrêter des jeunes de Canala, suspectés de vols. Des tirs ont été entendus.
La gendarmerie n’a pas eu le temps d’arriver que les habitants étaient déjà descendus dans la rue, lampes de poche à la main, à la recherche de fauteurs de troubles. Dans la nuit du 15 au 16 avril, une bande de quatre jeunes, âgés de 18 à
27 ans, qui navigue entre Canala, Koutio et le squat du Caillou bleu, a passé plusieurs heures terrée dans la mangrove pour ne pas se faire repérer. Avant qu’ils soient finalement interpellés par des habitants et par les gendarmes et traduits devant le tribunal correctionnel de Nouméa.
Il est 3 heures, cette nuit-là, lorsque les chiens d’une maison de Nakutakoin, à Dumbéa, aboient pour prévenir leur maître. L’homme regarde dehors depuis sa fenêtre. Il voit des jeunes sur sa propriété, qui tentent de dérober sa voiture. “J’ai appelé les gendarmes, actionné mon alarme et prévenu mon voisin le plus proche”, raconte le propriétaire devant le tribunal correctionnel devant lequel les quatre garçons sont jugés. “Les habitants ont organisé une sorte de “battue”, ils ont ratissé les lieux avec des lampes”, décrit la présidente du tribunal.
Un jeu du chat et de la souris qui a dérapé puisque plusieurs coups de feu ont claqué. “La procédure n’a pas permis de savoir d’où venaient exactement les tirs”, relève la magistrate qui sous-entend qu’un “voisin vigilant” en est à l’origine. Les prévenus, accusés de quatre tentatives et d’un vol en une seule nuit, évoquent “une erreur de jeunesse”. Leur avocate prend le relais. “L’un commence une formation, un second est inconnu de la justice, un troisième est peintre-plaquiste… Encouragez-les à poursuivre leurs efforts”, plaide Me Barbara Brunard. Tous finissent par s’excuser avant que le tribunal parte délibérer. À leur retour dans la salle, les juges condamnent la bande à 18 mois de prison ferme pour deux d’entre eux, de dix mois de sursis pour le troisième et de 120 heures de travail d’intérêt général pour le dernier.

Source : Les Nouvelles Calédoniennes


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De reports en reports

De reports en reports
À l’instar des Anglais et de leur Brexit, qui ne cesse de diviser tout autant qu’il ne cesse de jouer la montre, nos gouvernants se voient contraints de reporter une nouvelle fois l’échéance de la signature de contrat du "Village tahitien". Pour rappel, les six lots sur lesquels s’était positionné le groupe Kaitiaki Tagaloa portent sur la conception de quatre hôtels et de deux résidences en condominium. Il s’agit de six lots, sur les 16 que comporte ce projet complexe. Ce vaste chantier, qui doit révolutionner le tourisme sur l’île de Tahiti en quelques années — durant lesquelles l’économie et surtout l’emploi devraient connaître un sérieux coup d’accélérateur — soulève toutes les interrogations et commence à ressembler à une Arlésienne.
En août 2018, le vice-président Teva Rohfritsch ne cachait pas son enthousiasme, déclarant que la signature du contrat portant sur les six premiers lots du projet avec le groupement d’investisseurs néo-zélandais et samoans, Kaitiaki Tagaloa, pourrait même intervenir avant la fin de l’année 2018, bien avant les 200 jours prévus. Il n’en fut rien. À la date butoir du 22 mars 2019, pas de signature, au prétexte que "l’investisseur néo-zélandais a souhaité associer deux nouvelles tribus maori au projet. Nous avons donc souhaité prendre toutes les garanties financières nécessaires plutôt que de signer." Premiers signes d’inquiétude, alors que la rumeur d’un report pour manque de garanties financières circulait déjà depuis quelques semaines. Il fut donc accordé un délai de 45 jours, au terme desquels, en fonction des garanties qui seraient présentées, ces contrats seraient signés par lots. Ceux qui n’auront pas fait l’objet de garantie seraient remis en compétition. Des contacts avec des investisseurs, y compris locaux, étaient avancés. Coup de pression, ou de bluff, sur le groupement Kaitiaki Tagaloa ?
La seconde option a primé, puisqu’au terme de ces 45 jours, l’établissement Tahiti Nui aménagement et développement (TNAD) annonçait par communiqué sa décision de reporter de 55 jours le délai laissé au groupement, pour se conformer "aux obligations du protocole d’engagement", signé en août 2018. À ce jour, TNAD n’aurait donc pas toutes les garanties financières pour s’assurer que ces investisseurs soient capables d’aller au bout du projet ! En bientôt un an de négociations, nous ne savons toujours pas si ils ont les reins assez solides !
Après deux reports, on n’imagine pas le gouvernement en avancer un troisième pour quelques raisons que ce soit. Restera alors à présenter la carte des investisseurs étrangers et locaux, que le ministère garde secret. Rendez-vous le 30 juin.
Le dossier, qui reviendra forcément sur la scène politique à la première occasion, est plutôt mal engagé. Il n’est pas sans rappeler celui de Hao, pour lequel l’arrivée des conteneurs était annoncée en avril. De nouveaux changements sont prévus, qui reportent le début du chantier au début de l’année prochaine. Encore un rendez-vous manqué.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.


Luc Ollivier

Luc Ollivier