Menu

Kawekaweau, quand le mythe se transforme en malédiction…


Vendredi 27 Juillet 2018 - écrit par Lucile Bambridge


Suite à un séjour en Nouvelle-Zélande, c’est dans un projet littéraire plus qu’enthousiasmant que s’est lancée l’auteur d’origine vietnamienne Thanh-Van Tran-Nhut. Après une saga policière à succès, l’intrépide écrivain, férue de voyages et amoureuse des grands espaces, surprend avec son dernier roman Kawekaweau. Une intrigue historique trépidante et une aventure romanesque entre deux cultures, dont la trame commence en Nouvelle-Zélande au XIXe siècle et se prolonge jusqu’au Vietnam moderne. Une fiction imbibée de réalité, richement étoffée de faits historiques et de paysages époustouflants, bercée par une romance impossible, mais qui surmonte pourtant les plus grands obstacles du temps.



"C’était des yeux qui auraient dû voir une terre étalée sur un long nuage blanc,
des constellations d’un autre monde,
des fougères géantes éclairées par une écharde de lune.
Un visage aimé."

Diplômée du California Institute of Technology et depuis ingénieur en mécanique, rien ne prédestinait la rigoureuse scientifique Thanh-Van Tran-Nhut à une carrière d’écrivain. Et pourtant… elle se révèle tout aussi brillante avec une plume à la main que face à des équations aux multiples variables ! D’abord avec la saga policière des enquêtes du mandarin Tân (huit tomes parus aux éditions Picquier) puis, désormais, dans un style plus personnel, plus intime et tout aussi convaincant avec Kawekaweau (éditions Au Vent des îles), son tout dernier roman : une quête surprenante à travers le temps et l’espace, où l’amour se mêle aux malédictions…


Dossiers | L'Actu | Culture | Edito | Abonnement | Numéros | Archives | Pacifique | Grandes plumes | La chronique d'Alex Du Prel




Le Tavini, roi de la com’ ?

L’annonce, le lundi 8 octobre devant la 4e commission de l’Organisation des Nations unies à New York par le leader indépendantiste Oscar Temaru, a fait l’effet d’une bombe. Dans sa tribune, il a dénoncé le colonialisme nucléaire et a annoncé avoir déposé une plainte (réceptionnée le 2 octobre) auprès du Tribunal pénal international de La Haye contre la France et ses présidents pour crime contre l’humanité.
La presse nationale, mais aussi mondiale, en a fait ses choux gras, tant cette action a surpris par son énormité. Si, au final, cette plainte n’a que très peu de chances d’aboutir, en raison de procédures juridiques, il n’en demeure pas moins que le Tavini a fixé sur lui les projecteurs, alors même que sa démarche de décolonisation onusienne s’enlise depuis 2013. De quoi forcer la France à s’asseoir à la table des négociations ? Rien n’est moins sûr, cette dernière considérant toujours que la Polynésie française n’est pas un pays non autonome. Après l’entrée l’année dernière du numéro 2 du parti à l’Assemblée nationale dans une tenue traditionnelle qui lui avait valu l’attention des médias nationaux, autres que celui de France Ô, le Tavini prouve une fois encore qu’il sait jouer avec la presse pour se faire entendre.
Les réactions locales et nationales n’ont pas tardé à se faire entendre, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, déplorant la méthode, et le président Édouard Fritch de rappeler, sur une télévision locale : "On utilise des actions de ce type-là pour rappeler que l’on existe. Ce sont des coups médiatiques, car je crois que le président du Tavini lui-même sait très bien que la plainte qu’il a annoncée contre les chefs d’État n’aboutira jamais. J’ai vu que l’Église protestante maohi aussi redépose une autre plainte… Mais pour aboutir à quoi ? Surtout que les effets annoncés ne verront pas leur aboutissement."
Pour aboutir à quoi ? Tout simplement, rappeler aux yeux du monde qu’une minorité de Polynésiens ne souhaite plus faire partie du giron républicain. Le Tavini se débat avec ses moyens et pivilégie le poids des Unes à celui des urnes.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier