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L’Australie cesse de reléguer des enfants réfugiés sur Nauru


Vendredi 8 Février 2019 - écrit par Agence France-Presse




L’Australie est sur le point de régler le cas des derniers enfants demandeurs d’asile qu’elle avait relégués sur l’île de Nauru, a annoncé dimanche le Premier ministre Scott Morrison, mettant un point final à une affaire qui avait terni la réputation du pays.
Canberra avait été confronté à de sévères critiques pour sa politique consistant à envoyer les réfugiés dans des camps sur des îles éloignées du Pacifique, afin de dissuader les candidats à l’immigration par bateau.
Des ONG, des médecins et même l’ONU avaient dénoncé la cruauté de ce traitement pour les plus jeunes, dont la santé physique et mentale semblait gravement menacée.
Tous les enfants demandeurs d’asile ont maintenant quitté Nauru, ou ont vu leur demande traitée et ont une porte de sortie qui leur est ouverte”, a indiqué M. Morrison dans un communiqué avec son ministre de l’Immigration, David Coleman.
Il n’y a plus maintenant que quatre enfants demandeurs d’asile à Nauru et ils ont tous vu approuvé leur départ pour les Etats-Unis avec leur famille”, a-t-il ajouté.
L’opinion publique australienne est d’après les sondages défavorable à ces camps de réfugiés en sol étranger, mais
M. Morrison, qui a pris les rênes du pouvoir en promettant la fermeté contre l’immigration, n’a pas prévu de fermer celui de Nauru.
Selon des associations de défense des demandeurs d’asile, encore 600 hommes restent retenus dans des “centres de transition” sur l’île de Manus (Papouasie-Nouvelle-Guinée), où l’Australie a fermé son camp pour réfugiés en 2017.
Le pays fait tout son possible pour empêcher les demandeurs d’asile venus des pays voisins de s’installer, et il essaie de les envoyer vers d’autres destinations. Les États-Unis en ont accueilli plusieurs centaines, après un très long processus.
Source : Agence France-Presse

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De l’art de se compliquer la vie

De l’art de se compliquer la vie
L’art de se créer des problèmes quand les champs politique et économique sont dégagés est-il l’apanage de nos élus ? Certainement pas, mais quand même. Il faut leur reconnaître une propension à se crêper le chignon à la moindre occasion, à la moindre contrariété, un peu comme des enfants gâtés. Et l’actualité de ces derniers jours ne viendra pas démentir nos écrits. Les chiffres de l’économie tombent et chaque trimestre apporte un peu plus de crédit à la reprise. Pour les plus sceptiques, pas de "Moody’s Blues", car l’agence internationale y va de son "A3 avec perspective positive", une note que n’a jamais atteinte le Pays. Il a commencé à redistribuer, majoritairement envers les communes, pas moins de 5 milliards de Fcfp. Tout va donc pour le mieux en Polynésie française ? Eh bien, non ! Une crise chasse l’autre, et la politique remplace l’économique.

Dire que des tensions ont vu le jour au sein du Tapura est un doux euphémisme. Et si la maison ne brûle pas encore, Édouard Fritch va devoir jouer les pompiers de service. Des flammèches sont apparues, tout d’abord avec les parlementaires polynésiens à Paris. Ils ont peu goûté – et l’ont fait savoir – de n’avoir pas été consultés lors du soutien du Tapura à La République en Marche (LRM) pour les élections européennes de mai. On imagine leurs explications embarrassées sur les bancs de l’Assemblée ou du Sénat avec leurs pairs centristes. Comme un retour de flamme, l’initiative de la députée Maina Sage : elle a obtenu de l’Assemblée nationale un changement du texte initial sur la reconnaissance du fait nucléaire par l’État, modifiant le terme "contribution" par celui de "mise à contribution". "Le débat nucléaire devrait nous rassembler, il ne devrait pas y avoir de débat sémantique", a déclaré en retour le président Fritch, qui assure avoir laissé faire sa députée…
Outre les parlementaires, c’est ici même, à l’assemblée de la Polynésie française (APF), que le ton est monté au sein des représentants de la majorité pour se mettre d’accord sur la composition des commissions et, notamment, pour choisir leurs différents présidents.
 À tel point que le bruit de la création d’un nouveau groupe politique à l’APF a couru dans les couloirs. Des élus se sont émus des méthodes de management d’Édouard Fritch. Faut-il voir l’intégration d’Angelo Frebault, représentant banni du Tahoera’a, comme une réponse à ces mouvements d’humeur ? Toujours est-il qu’avec maintenant 40 représentants sur 57, le Tapura est en capacité de faire face à quelques grognements, voire à des menaces. 
Quant à l’opposition, elle se gausse. Mais est-elle également à la hauteur de ce que les citoyens attendent de leurs politiques ? Le député Tavini Moetai Brotherson partageait sur un réseau social : "Voilà donc le Tapura qui siège à l’UDI, après avoir soutenu Juppé et Fillon (Les Républicains), mais qui soutient aujourd’hui LRM aux Européennes... Mais dont un membre éminent est accessoirement secrétaire territorial des "Républicains"..." Son parti, après s’être rapproché en d’autres occasions du Parti socialiste, fait aujourd’hui cavalier seul et va même plus loin : il organise son propre scrutin, en appelant la population à déposer des bulletins faits maison "Maohi Nui" dans les urnes des élections européennes ! Quant au Tahoera'a, plutôt discret, il la joue retour au bercail, avec une demande de soutien à la liste des Républicains, après avoir soutenu, il y a deux ans, la candidate Marine Le Pen ! 
J’allais oublier, cerise sur le gâteau, l’arrivée de "The Polynesian Kingdom of Atooi", un gouvernement autoproclamé avec, à sa tête, le roi Ali’i Nui Aleka Aipoalani, qui vit à Hawaii. Les Pakumotu ne sont donc plus seuls !

Les années passent et on a l’impression de vivre toujours la même histoire, sur le fenua. Pathétique ou comique, c’est selon…

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier