Menu

L’accès à la culture, une fenêtre sur l’extérieur


Vendredi 20 Novembre 2020 - écrit par Ariitaimai Amary


La prison est un univers où tout se joue à huis clos, la communication avec l’extérieur étant restreinte. En revanche, dans l’optique où certains des résidents de ce milieu sont amenés à franchir un jour les murs de l’édifice carcéral, comment entretenir un lien avec le monde du dehors ? Pour préparer leur réinsertion, mais aussi et surtout pour briser un tant soit peu les murs qui les enferment, la culture vient à eux, espoir fugace illuminant les visages
qui plient sous le poids de l’isolement.



La prison reste un problème marginalisé dans l’opinion publique. Quand on aborde ce sujet, on dit souvent qu’il en faut plus pour enfermer plus de personnes, mais est-ce réellement ce dont la société a besoin ? Après des coups de sang, par faute d’attention ou à raison, ils sont nombreux à avoir foulé le sol froid de la prison. Ces personnes mises “à l’ombre” pour un temps déterminé ne sont cependant pas toutes destinées à y finir leurs jours, et en vue de leur réintégration dans la société, des équipes s’attellent pour rendre le fossé qui existe entre la prison et l’extérieur moins profond.
Sur son site, le haut-commissariat de la Polynésie française précise à propos du Centre de détention Tatutu de Papeari, mis en service le 15 mai 2017 : “D’une capacité d’hébergement de 410 hommes adultes condamnés définitivement, l’établissement innove par la mise en œuvre, pour la première fois en Polynésie française, de régimes différenciés ainsi que d’un module de respect permettant la responsabilisation des personnes détenues et leur investissement en détention. Ce régime est destiné à donner tout son sens à l’exécution des peines d’emprisonnement, en permettant aux personnes détenues de retrouver, en vue de leur sortie, des habitudes sociales et des comportements adaptés.”...

Pour lire l'intégralité de ce Dossier, commandez Tahiti Pacifique n° 443 en cliquant ICI



Dans la même rubrique
< >

Vendredi 18 Juin 2021 - 08:43 Polynésie française : Moorea


Dossiers | L'Actu | Culture | Edito | Abonnement | Numéros | Archives | Pacifique | Grandes plumes | La chronique d'Alex Du Prel





Bataille de matahiapo dans le bac à sable

Enfin ! Nous connaissons désormais les dates auxquelles pourrait se tenir la fameuse Table ronde de “haut niveau” sur les conséquences des essais nucléaires en Polynésie française, promise par le président de la République Emmanuel Macron : la réunion devrait avoir lieu les 1er et 2 juillet prochains, à Paris. Ce rendez-vous est une “chance” à “ne pas gâcher” selon Édouard Fritch. Mais tout le monde ne l’entend pas de la même oreille que “Doudou”, loin s’en faut ! La majorité des associations de victimes ont déjà annoncé qu’elles n’y participeront pas et les associations religieuses semblent suivre le pas. Dans le camp des opposants, on retrouve bien sûr le leader du Tavini, “Oscar One”, qui voit en cette décision de “Manu 1er” un refus “d’assumer le problème nucléaire en face à face avec le peuple polynésien” et estime qu’il “délocalise le problème à Paris, à 20 000 km de Papeete, pour mieux en contrôler l’agenda, les participants et les conclusions”. Et de scander : “Ni Maohi Nui ni Kanaky ne sont à vendre !”

Une personnalité politique regrette cependant de ne pas avoir été invitée : Gaston Flosse. L’ancien président autonomiste vient d’annoncer la création de son nouveau parti politique, Amuitahira’a o te Nuna’a Maohi, qui remplacera officiellement le Taohera’a Huiraatira en juillet prochain. Il y avait un moment que l’on n’avait plus vu le bout de la queue du “Vieux lion”. Mais le voilà qu’il surgit avec son projet d’État souverain associé à la France. Et rugit sa colère envers “Oscar One” qui a osé considérer, devant la presse, ce statut comme “de la merde”. Dans une lettre ouverte, il fustige son meilleur ennemi : “Après avoir exercé tant de hautes fonctions, et après 44 ans de discours, de gesticulations, de manifestations, de blocage et tant encore, où en es-tu de tes promesses d’indépendance aux Polynésiens ? (…) En vérité, tu as échoué.” Après avoir basculé, sans transition, du orange au bleu (clair), voilà donc que le patron du futur “Amuitahira’a”, ce nouveau parti censé regrouper toutes les sensibilités politiques, commence par attaquer le chef de file de l’indépendance… Tandis que nos étudiants passent l’épreuve inédite du grand oral du bac “nouvelle formule” – un examen sous haute bienveillance –, nos drôles de matahiapo se livrent, eux, à une énième bataille dans le bac à sable ! Au point que certains internautes se sont même amusés à les comparer aux marionnettes du célèbre Muppet Show !

Plus sérieusement, on peut s’inquiéter du contenu de cette Table ronde sur le nucléaire, qui risque fort de ressembler à “une coquille vide”, selon les termes du député Moetai Brotherson. D’autant plus agacé que sa proposition de loi “Prise en charge et réparation des conséquences des essais nucléaires français” a été rejetée, lors de son examen à l’Assemblée nationale par la majorité présidentielle. La République en marche a estimé en effet que c’est la Table ronde du 1er et 2 juillet qui “doit permettre de mettre à plat tout cela”. Alors que peut-on espérer de cette réunion de “haut niveau” ? Nous avons posé la question à Jean-Marc Regnault, maître de conférences honoraire et chercheur associé à l’UPF. Pour ce spécialiste, contributeur régulier de TPM : “C’est la géopolitique qui dictera l’attitude de Paris et non les revendications polynésiennes” (lire pages 8-9). Affaire à suivre…  

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT