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L'accueil des croisiéristes à Papeete va perturber la population jusqu'à fin 2020


Vendredi 21 Septembre 2018 - écrit par Dominique Schmitt


Dans notre édition du 20 avril (lire TPM n° 379), nous nous fendions d'une brève intitulée "Paquebots de croisière : la population prise en otage", dénonçant l'engorgement du trafic routier dans la ville de Papeete à chaque escale des géants des mers. Le ministère du Tourisme, qui tente de répondre à "différentes problématiques opérationnelles", a accepté de nous dévoiler les solutions envisagées pour un dispositif d'accueil adapté aux grands paquebots. Les résidents devront être patients encore au moins deux ans…



Les escales des géants des mers dans le port de Papeete peuvent générer un trafic routier conséquent, la descente des croisiéristes en ville engorgeant la circulation. Crédit photos : Dominique Schmitt
Les escales des géants des mers dans le port de Papeete peuvent générer un trafic routier conséquent, la descente des croisiéristes en ville engorgeant la circulation. Crédit photos : Dominique Schmitt
e 12 avril dernier, vers 8 heures, le majestueux navire baptisé Carnival Legend, qui croise sous pavillon panaméen, entrait dans le port de Papeete. Alors que la population pouvait s'extasier devant un tel navire long de près de 300 mètres et capable de transporter plus de 2 000 personnes, elle a vite déchanté lorsqu'elle a été prisonnière, plusieurs fois durant la journée, dans de longs embouteillages au niveau du front de mer. En cause : les touristes du navire étaient déposés par des bus ou des trucks en bord de route, qui bloquaient ainsi toute la voie de droite pendant le débarquement de leurs passagers. Idem quelques jours après avec l'Emerald Princess, puis le Celebrity Solstice, ce qui fait plus de 8 000 visiteurs en une semaine !
Développer l'économie du Pays, c'est bien, mais encore faut-il ne pas prendre en otage les résidents et les empêcher d'exercer leur activité ! En attendant la future passerelle suspendue, à hauteur des anciens locaux de Tahiti Tourisme, et à défaut de zones d'arrêt adéquates, ne serait-il pas plus judicieux de passer par l'accès réglementé situé côté mer, en face de l'avenue du Prince Hīnoi (juste avant la place Vaiete), afin d'emmener directement les croisiéristes devant leur paquebot ? Surtout que le trafic maritime est en passe d'augmenter. Acteurs du tourisme, si vous nous lisez…

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Le Tavini, roi de la com’ ?

L’annonce, le lundi 8 octobre devant la 4e commission de l’Organisation des Nations unies à New York par le leader indépendantiste Oscar Temaru, a fait l’effet d’une bombe. Dans sa tribune, il a dénoncé le colonialisme nucléaire et a annoncé avoir déposé une plainte (réceptionnée le 2 octobre) auprès du Tribunal pénal international de La Haye contre la France et ses présidents pour crime contre l’humanité.
La presse nationale, mais aussi mondiale, en a fait ses choux gras, tant cette action a surpris par son énormité. Si, au final, cette plainte n’a que très peu de chances d’aboutir, en raison de procédures juridiques, il n’en demeure pas moins que le Tavini a fixé sur lui les projecteurs, alors même que sa démarche de décolonisation onusienne s’enlise depuis 2013. De quoi forcer la France à s’asseoir à la table des négociations ? Rien n’est moins sûr, cette dernière considérant toujours que la Polynésie française n’est pas un pays non autonome. Après l’entrée l’année dernière du numéro 2 du parti à l’Assemblée nationale dans une tenue traditionnelle qui lui avait valu l’attention des médias nationaux, autres que celui de France Ô, le Tavini prouve une fois encore qu’il sait jouer avec la presse pour se faire entendre.
Les réactions locales et nationales n’ont pas tardé à se faire entendre, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, déplorant la méthode, et le président Édouard Fritch de rappeler, sur une télévision locale : "On utilise des actions de ce type-là pour rappeler que l’on existe. Ce sont des coups médiatiques, car je crois que le président du Tavini lui-même sait très bien que la plainte qu’il a annoncée contre les chefs d’État n’aboutira jamais. J’ai vu que l’Église protestante maohi aussi redépose une autre plainte… Mais pour aboutir à quoi ? Surtout que les effets annoncés ne verront pas leur aboutissement."
Pour aboutir à quoi ? Tout simplement, rappeler aux yeux du monde qu’une minorité de Polynésiens ne souhaite plus faire partie du giron républicain. Le Tavini se débat avec ses moyens et pivilégie le poids des Unes à celui des urnes.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier