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L'art du tapa, de la Chine à Rapa Nui


Vendredi 1 Décembre 2017 - écrit par Dominique Schmitt


Un livre exceptionnel réalisé sous la direction de Michel Charleux

Présenté officiellement à Paris en septembre dernier, Tapa - De l’écorce à l’étoffe, art millénaire d’Océanie - De l’Asie du Sud-Est à la Polynésie orientale a également inspiré une exposition thématique au "Parcours des mondes 2017". Réalisé sous la direction de Michel Charleux et réunissant plus de 60 spécialistes internationaux, cet ouvrage exceptionnel est enfin disponible au fenua.



Tapa marquisien contemporain Photo : Ph.Bacchet  Collection : M.Charleux, 2016
Tapa marquisien contemporain Photo : Ph.Bacchet Collection : M.Charleux, 2016
C'est un vrai trésor littéraire qui vient de voir le jour. L'association Tapa (www.tapa-oceanie.com), qui a été créée en 2015 pour servir de support légal à la publication de l'ouvrage éponyme, a eu le privilège d'être partenaire du "Parcours des mondes 2017", le fameux salon international des arts premiers, qui s'est tenu à Paris du 12 au 17 septembre derniers. Une première pour l'Océanie ! L'occasion rêvée pour l'éditeur Somogy Éditions d’Art de publier parallèlement Tapa - De l’écorce à l’étoffe, art millénaire d’Océanie - De l’Asie du Sud-Est à la Polynésie orientale afin de le faire coïncider avec cet événement culturel prestigieux. "Ce rendez-vous est une vitrine internationale car il réunit les plus grands collectionneurs du monde", se réjouit Michel Charleux, ethno-archéologue qui réside en Polynésie depuis plus de vingt ans et a habité aussi au Vanuatu et en Australie. Né en 1945 à Paris, cet ancien professeur certifié de mathématiques, membre du laboratoire d'ethnologie de l'UMR 7041 - Archéologies et sciences de l'Antiquité, est réputé pour ses missions archéologiques, en particulier sur l'île déserte de Eiao, aux Marquises. L'homme s'intéresse de près au tapa depuis les années 1980 ; il a même consacré la première des muséo-valises pédagogiques du Musée de Tahiti et des îles à ce thème et réalisé un film, Le tapa. Passionné par cet art océanien millénaire, c'est sous sa direction qu'une soixantaine de spécialistes internationaux ont réalisé ce livre d'exception. Cette approche scientifique est complétée par celle des artistes contemporains dont certains se sont appropriés le tapa en l’intégrant dans leurs créations.
Michel Charleux explique : "Ce sont aussi bien des grands scientifiques, des passeurs de savoirs reconnus par leurs pairs, pour leurs techniques de coloration des pigmentations, par exemple, que des artistes expérimentés. En outre, un comité scientifique de lecture...

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L'art du tapa, de la Chine à Rapa Nui
Avec plus de 600 pages richement illustrées, le livre invite à un voyage à travers l’espace mais aussi le temps. Il nous emmène de la Chine, où des battoirs de pierre datés de 8 000 ans ont été exhumés, à l’océan Pacifique, d’Ouest en Est, comme le firent les migrations qui ont abouti à son peuplement, en passant par l’Indonésie, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Vanuatu, la Nouvelle-Calédonie, les îles Fidji, Wallis, Futuna, Niue, les Samoa, Tonga, les îles Cook, Tahiti et les Marquises, l’île de Pâques, Pitcairn et enfin Hawai’i. Objet essentiel du patrimoine culturel immatériel des sociétés peuplant tous ces archipels, le tapa a eu des destins différents suivant les îles et suivant la colonisation occidentale qui les a affectées. Toujours particulièrement vivant en Papouasie-Nouvelle-Guinée,
à Tonga, aux Samoa, à Wallis-et-Futuna et même aux Fidji, il avait quasiment disparu ailleurs jusqu’à ce que des passionnés le fassent renaître. Une démarche de réappropriation de sa culture que l’on ne peut qu’encourager. Le livre consacre aussi une partie de ses pages à la création contemporaine, aux artistes qui ont pris le tapa comme thème ou qui utilisent eux-mêmes le tapa comme support de leurs œuvres.

Sous la direction de Michel Charleux
Couverture cartonnée sous jaquette
Format : 24 x 30 cm
600 pages, 510 illustrations
Publication : Somogy Éditions d’Art/Association tapa
Tarif : à partir de 15 900 Fcfp

Rendez-vous
au Musée de Tahiti et des îles
Samedi 2 décembre, le Musée de Tahiti et des îles organise une matinée autour du tapa. Au programme :
- 10 heures : visite guidée de la salle d’exposition permanente autour de la thématique du Tapa ;
- 11 heures : rencontre avec Michel Charleux, qui présentera l’ouvrage, et animera une conférence sur la thématique.

Dédicaces
Samedi 16 décembre, de 9 heures à midi - Librairie Archipels


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Le Tavini, roi de la com’ ?

L’annonce, le lundi 8 octobre devant la 4e commission de l’Organisation des Nations unies à New York par le leader indépendantiste Oscar Temaru, a fait l’effet d’une bombe. Dans sa tribune, il a dénoncé le colonialisme nucléaire et a annoncé avoir déposé une plainte (réceptionnée le 2 octobre) auprès du Tribunal pénal international de La Haye contre la France et ses présidents pour crime contre l’humanité.
La presse nationale, mais aussi mondiale, en a fait ses choux gras, tant cette action a surpris par son énormité. Si, au final, cette plainte n’a que très peu de chances d’aboutir, en raison de procédures juridiques, il n’en demeure pas moins que le Tavini a fixé sur lui les projecteurs, alors même que sa démarche de décolonisation onusienne s’enlise depuis 2013. De quoi forcer la France à s’asseoir à la table des négociations ? Rien n’est moins sûr, cette dernière considérant toujours que la Polynésie française n’est pas un pays non autonome. Après l’entrée l’année dernière du numéro 2 du parti à l’Assemblée nationale dans une tenue traditionnelle qui lui avait valu l’attention des médias nationaux, autres que celui de France Ô, le Tavini prouve une fois encore qu’il sait jouer avec la presse pour se faire entendre.
Les réactions locales et nationales n’ont pas tardé à se faire entendre, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, déplorant la méthode, et le président Édouard Fritch de rappeler, sur une télévision locale : "On utilise des actions de ce type-là pour rappeler que l’on existe. Ce sont des coups médiatiques, car je crois que le président du Tavini lui-même sait très bien que la plainte qu’il a annoncée contre les chefs d’État n’aboutira jamais. J’ai vu que l’Église protestante maohi aussi redépose une autre plainte… Mais pour aboutir à quoi ? Surtout que les effets annoncés ne verront pas leur aboutissement."
Pour aboutir à quoi ? Tout simplement, rappeler aux yeux du monde qu’une minorité de Polynésiens ne souhaite plus faire partie du giron républicain. Le Tavini se débat avec ses moyens et pivilégie le poids des Unes à celui des urnes.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier