Menu

L’assemblée de la Polynésie française restera-t-elle en dehors des réformes Macron ?


Vendredi 9 Mars 2018 - écrit par Jean-Marc Regnault




Assemblée de la Polynésie française, Papeete, 1966.  Crédit photo : DR
Assemblée de la Polynésie française, Papeete, 1966. Crédit photo : DR
En 2003, la revendication des élus de l’APF était quasiment la suivante : "Puisque nous sommes 49 à faire un travail qui exige 30 personnes, nous devons demander à être 57" ! C’est exagéré ? Sans doute, mais si je le suggère, c’est que ce n’est pas tout à fait faux. Démonstration.
La première assemblée dite représentative, en 1946, avait 20 sièges dont 10 pour les Îles du Vent qui, à l’époque, contenaient 50% de la population totale.
Dès 1953, l’assemblée dite territoriale avait 25 sièges, dont 13 pour les IDV. Nouvelle augmentation en 1957 avec 30 sièges cette fois, dont 16 pour les IDV alors que la population de cet archipel croissait plus vite que celle des archipels éloignés. Mieux encore, le nombre de sièges resta inchangé jusqu’en 1986 alors que les IDV concentraient cette fois 75% des habitants de la Polynésie. En 1986, le nombre total de sièges passa à 41, mais les IDV restaient sous-représentées avec 22 sièges.

Pour lire l'intégralité de ce Dossier, commandez Tahiti Pacifique n° 376 en cliquant ICI


Dossiers | L'Actu | Culture | Edito | Abonnement | Numéros | Archives | Pacifique | Grandes plumes | La chronique d'Alex Du Prel




Opposition constructive

Le dictionnaire des synonymes vient de s’enrichir d’une nouvelle formule ! Le retournement de veste politique peut désormais être remplacé par de l’opposition constructive.
L’on doit cette nouveauté linguistique à Angelo Frebault, élu en mai dernier lors des élections territoriales sur la liste Tahoera’a, dont il fut exclu en septembre pour ne pas avoir suivi les consignes du parti lors du vote de la réforme des retraites, et qui vient de rejoindre les rangs du Tapura.
L’ancien secrétaire général de la CSTP-FO ne sera donc pas resté bien longtemps seul sur les bancs de l’assemblée puisqu’il a rejoint le parti au pouvoir. La question finalement n’est pas de savoir qui a approché l’autre, mais pourquoi le Tapura, avec sa très forte majorité, a recueilli celui que Gaston Flosse n’avait pas hésité à qualifier de "pomme pourrie" au moment de son éviction du Tahoera’a.
Le gouvernement a les mains libres pour faire passer tous ses textes à l’assemblée avec ses 39 voix, une 40e ne lui est donc pas d’une grande utilité. En seconde lecture, on peut croire qu’Édouard Fritch a fait sienne la devise du célèbre réalisateur Francis Ford Coppola : "Sois proche de tes amis et encore plus proche de tes ennemis."
En effet, les difficultés rencontrées par le gouvernement actuel en début d’année lors des annonces concernant la réforme du régime des retraites peuvent lui faire craindre d’autres mouvements d’ampleur de la rue à l’occasion des réformes à venir sur la Protection Sociale Généralisée, ou encore de la réforme du code du travail. Avoir en son sein l’un de ses anciens plus farouches opposants comme il l’a déjà fait avec un certain Pierre Frebault, ancien ministre de l’Économie d’Oscar Temaru, aujourd’hui directeur de la toute nouvelle Agence de régulation sanitaire et sociale (Arass) – chargée de piloter la politique de la santé et de la protection sociale en Polynésie – est un atout, doit-on penser. Reste à mesurer le réseau d’influence d’Angelo Frebault, renié par une grande partie du monde syndical lors de sa présence sur les listes électorales orange.
Le revers de la médaille est le risque d’apporter un peu plus de discrédit à notre classe politique, dont la cote de popularité est déjà très basse. Et les récentes gardes à vue qu’ont connues Oscar Temaru et Gaston Flosse, pour des raisons très différentes certes, ne viennent pas en redorer l’image.
Le Tapura a pris un risque, persuadé que le résultat des dernières élections le légitime en tout. En métropole, on voit comment le pouvoir s’use vite, des instituts de sondage prenne régulièrement la température ; on peut regretter qu’ici il n’y a pas de sonnette d’alarme.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier