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L’assemblée n’est pas en manque de voix



L’élection des représentants à l’assemblée de la Polynésie française ayant été actée au soir du second tour, le dimanche 6 mai, restait encore à procéder à deux nouvelles élections. La première concernait le poste au perchoir jusque-là détenu par le candidat malheureux Marcel Tuihani. L’affaire fut vite réglée, le Tavini Huiraatira ne présentant pas de candidat, profitant simplement de la tribune qui lui était offerte pour rappeler que ce 17 mai n’était autre que le cinquième anniversaire de la réinscription de la Polynésie française sur la liste des pays à décoloniser, alors que le Tahoera’a Huiraatira présentait la candidate Teura Iriti. Le Tapura Huiraatira, fort de ses 38 voix, plaçait donc le maire de Bora Bora, Gaston Tong Sang, plusieurs fois ministre et même président du Pays, à la tête de la troisième institution.
Le lendemain, c’était au tour du président du Pays d’être élu par l’assemblée. Une simple formalité pour le président sortant Édouard Fritch lors d’une assemblée qui a pourtant été émaillée par deux faits.
Le premier fut l’intervention d’Oscar Temaru, en tant que candidat, qui profitant de l’attention de toute la Polynésie au travers notamment des médias, entonna, a cappella, un poème de Henri Hiro sur l'air de Taku Tama Iti, rendu célèbre par la chanteuse Emma Terangi, dans les années 1970. La forme tout autant que le fond ne manqua pas de surprendre son monde, mais le leader indépendantiste a maintes fois démontré que les "convenances" ne faisaient pas toujours partie de son ADN.
De voix, il en fut encore question au moment du dépouillement du vote des représentants. Édouard Fritch était élu avec 39 voix, alors qu’il ne devait compter que sur les 38 de son camp. Après l’étonnement, la suspicion, et bientôt Fernand Tahiata, maire de Tubuai, était suspecté d’avoir changé de camp. Son parti, le Tahoera’a Huiraatira, démentait aussitôt, parlant d’un incident involontaire. Chacun se fera son opinion sur cette interprétation.
La nôtre, pour terminer par une note musicale, pourrait se résumer à la chanson de Jacques Dutronc, L’Opportuniste, où il est question de retournement de veste. Les élections municipales de 2020 approchant à grands pas, chaque maire aura pu prendre la mesure de la vague rouge lors de ces territoriales. Que ne ferait-on pas pour garder son siège ? Avant deux ans, l’opposition devra serrer sa garde pour éviter d’autres incidents involontaires.
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Vendredi 1 Juin 2018 - écrit par Luc Ollivier


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Luc Ollivier

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Sainte Défisc’, priez pour nous

La brève, mais intensive, visite du ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, du vendredi 27 au lundi 30 juillet, a une nouvelle fois mis en évidence la grande dépendance économique de la Polynésie française vis-à-vis de l’État français. Durant quatre jours, le gouvernement Fritch, comme d’autres avant lui, a tenu à montrer à chacune des visites programmées combien la défiscalisation nationale était plus que nécessaire pour que ce pays continue à se développer. "Vous avez compris que notre insistance vis-à-vis de la défiscalisation n’est pas un luxe", a d’ailleurs rappelé Édouard Fritch dans son discours de clôture. Entre celle généreusement accordée pour le câble Natitua – qui n’aurait pas dû en bénéficier –, celle évoquée à demi-mot pour la filière pêche – un secteur prometteur pour le développement –, et le système de défiscalisation nationale en général pour laquelle aucune réponse ne sera donnée avant la fin de l’année, le ministre a fait souffler le chaud et le froid. Il a rappelé qu’à Bercy, on n’aimait pas trop la défiscalisation. "On n’aime pas trop ça car il s’agit de défalquer un impôt d’un impôt." Ou encore : "Lorsque l’on met de l’argent soit par des subventions, soit de la défiscalisation, soit par des baisses d’impôt, c’est le contribuable métropolitain qui contribue à cet argent public. Il faut faire attention." De quoi tempérer l’enthousiasme des plus optimistes sur le bilan de cette visite. Ils pourront toujours se raccrocher à ce qui ressemble à un certain maintien du suspense. La visite du président Emmanuel Macron, prévue pour début 2019, pourrait être celle des bonnes nouvelles. Après le passage de son prédécesseur, François Hollande en 2016, qui avait permis d’avancer sur ce qui est devenu l’Accord de l’Élysée et la très attendue reconnaissance du fait nucléaire, le président Macron pourrait débarquer les bras chargés de cadeaux fiscaux et, si l’on se prend à rêver, l'un qui aurait la forme d'excuses et de dédommagement du fait nucléaire et de ses conséquences. L’avenir nous dira si la France peut être aussi juste et grande que généreuse.
Ce numéro de Tahiti Pacifique est le 100e depuis qu’Alex du Prel, son fondateur, a officiellement passé la main au groupe Fenuacom en août 2015 ; nous tenions à le rappeler et ainsi lui rendre hommage.
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier