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L’éco-évasion : Covid-19, les impacts environnementaux


Vendredi 26 Juin 2020 - écrit par Pauline Sillinger


Le ciel qui s’éclaircit dans les grandes métropoles, des animaux sauvages en pleine ville et les émissions mondiales de CO2 qui dégringolent… Tout laisse à penser que le coronavirus a offert un repos bien mérité à la planète. Et pourtant, occupés à nous réjouir pour cette dernière, nous n’avions pas réalisé que l’épidémie a, en fait, accentué la crise écologique. En route pour un tour du monde des impacts environnementaux de la Covid-19…



Durant le confinement, les déchets se sont accumulés dans nos poubelles mais aussi dans la nature. Ici, des déchets en plastique sur une plage d’Indonésie. Crédit photo : Le Devoir
Durant le confinement, les déchets se sont accumulés dans nos poubelles mais aussi dans la nature. Ici, des déchets en plastique sur une plage d’Indonésie. Crédit photo : Le Devoir
L’épidémie de Covid-19, qui sévit toujours en ce moment, a paralysé le monde entier durant plusieurs semaines. Un par un, les gouvernements ont dû prendre des décisions radicales pour protéger leurs populations. Si beaucoup vivent cette crise sanitaire comme une tragédie, certains optimistes la considèrent comme une aubaine pour la planète. Les chiffres ne mentent pas : en avril 2020, les émissions mondiales de CO2, en grande partie responsables du réchauffement climatique, étaient 17 % moins importantes que celles enregistrées en avril 20191. Ceci est dû au ralentissement des activités économiques, notamment dans le secteur des transports et de l’industrie, suite aux mesures de distanciation sociale et de confinement. Los Angeles, New York, Rome, Paris, Madrid, Dehli ou encore Nairobi sont autant de grandes villes qui ont vu leurs taux de pollution atmosphérique chuter grâce à la diminution du trafic routier...

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Comment sera accueilli Emmanuel Macron au fenua ?

Après avoir reçu une gifle par un jeune habitant de la Drôme au cri d’un slogan royaliste “Montjoie ! Saint-Denis !” et “À bas la Macronie”, comment sera accueilli Emmanuel Macron au fenua ? Que lui réservent les Polynésiens lors de sa venue probable du 25 au 28 juillet : un collier de fleurs ou le balai nī’au ? Toutes les associations de défense des victimes des essais nucléaires (hormis l’association Tamarii Moruroa), ainsi que l’Église protestante mā’ohi ont refusé de participer à la Table ronde organisée les 1er et 2 juillet, à Paris. En outre, des manifestations d’envergure sont prévues à Tahiti, les 2 et 17 juillet, respectivement aux dates anniversaires des tirs atomiques en 1966 et 1974. Le récent passage de “Sébaston”, ministre des “colonies françaises” (euh… des Outre-mer), censé préparer le terrain pour le Président, n’aura pas vraiment réussi à calmer les esprits. Aussi, il se murmure dans les couloirs de Radio cocotier que “Manu 1er” aurait demandé à notre champion Henri Burns de l’initier à la boxe…

À l’heure où nous mettions sous presse, nous ne connaissions pas encore les conclusions de cette Table ronde de “haut niveau”. Nous espérons tous que les discussions ne tourneront pas en rond et que la délégation polynésienne emmenée par “Doudou” saura aller droit au but. Éprise de “vérité et justice”, Moruroa e tatou a regretté que la proposition de loi du député Moetai Brotherson “Prise en charge et réparation des conséquences des essais nucléaires français” ait été rejetée, lors de son examen à l’Assemblée par la majorité présidentielle. “Vous vous rendez compte, seuls 80 députés présents sur 577 que compte l’Assemblée nationale ont voté. C’est une insulte à ce pays. C’est une insulte à ce peuple qui a souffert, à ceux qui nous ont précédés et à ceux qui vont nous succéder”, a considéré Hirohiti Tefaarere, le président de l’association. Tout cela n’est pas de très bon augure, mais rien n’est encore fait, et le séjour du chef de l’État pourrait réserver son lot de surprises et d’annonces.

Macron sera le sixième président de la République française en visite en Polynésie (voir notre rétrospective pages 16 à 27). Lorsque François Hollande était venu en 2016, notre rédaction l’avait interpellé sur notre titre de couverture : “Elles sont où vos promesses, M. Hollande ?”. S’il avait fait part de sa “reconnaissance” et s’était engagé à des “réparations”, force est de constater que très peu de Polynésiens ont obtenu des indemnisations. Aujourd’hui, c’est un grand Pardon de Peretiteni qu’attend la population et, bien sûr, des actes concrets plutôt que des paroles en l’air. Si l’illustre poète polynésien Henri Hiro était encore parmi nous, il n’aurait pas manqué de l’interpeller avec ces mots : “Si tu étais venu chez nous, nous t’aurions accueilli à bras ouverts. Mais tu es venu ici chez toi, et on ne sait comment t’accueillir chez toi”… Alors, “Manu 1er” saura-t-il redescendre de son trône et écouter les Polynésiens pour mieux les comprendre, et enfin les entendre ? Nous l’espérons tous de tout cœur. En attendant, Tahiti Pacifique profite du mois de juillet pour faire sa trêve annuelle : rendez-vous donc en août !

Dominique SCHMITT