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La Peste écarlate de Jack London


Vendredi 15 Mai 2020 - écrit par Riccardo Pineri


Longue nouvelle ou roman court, ce texte a été écrit par Jack London en 1914, deux ans avant sa mort et cinq ans après sa croisière à bord du Snark en Polynésie. Il appartient à la littérature dystopique, contre-pied de la tradition qui remonte à Thomas More de la littérature utopique comme quête et invention d’un lieu idéal, régi par le Bien et l’harmonie sociale. La Peste écarlate évoque un monde d’anticipation, se plaçant d’emblée dans une relation critique des inventions humaines et sociales.



Le texte se situe dans une réalité post-apocalyptique, qui suit un événement destructeur pour le genre humain. Nous sommes à San Francisco dans les années 2070, soixante ans après qu’une épidémie a détruit les hommes et leur civilisation, laissant uniquement sur toute la terre quelques milliers de survivants dont une centaine en Californie, parmi lesquels le narrateur, James Howard Smith, ancien professeur de littérature anglaise à l’Université de Berkeley. En l’an 2013 a éclaté en Amérique l’épidémie de "peste écarlate", nommée ainsi parce qu’elle frappait les êtres les conduisant rapidement à la mort avec des taches rouges sur le corps, le visage embrasé témoin du feu intérieur qui détruit le malade. Soixante ans après, dans une Californie revenue à l’âge de pierre, le vieil homme et trois jeunes adolescents sont rassemblés autour d’un feu de camp, mangeant des moules passées au feu et des crabes. Miraculeusement en vie, James Howard Smith raconte à ses petits-enfants le déferlement de l’infection à une vitesse prodigieuse, la tentative des êtres encore vivants de se réfugier dans les montagnes, l’avancée inexorable du virus destructeur, l’errance dans les forêts de Californie, avant la rencontre d’autres survécus au désastre, rassemblés dans des tribus aux noms variés : tribu des Chauffeurs, tribu de Santa Rosa, tribu d’Utah.

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Essais nucléaires : le mépris détonant de l’état

Essais nucléaires : le mépris détonant de l’état
Ô surprise, un communiqué envoyé par le haut-commissariat confirme que l’État français cède officiellement au Pays, à titre gratuit, l’ancien bâtiment du commandement de la Marine pour installer en Polynésie le futur centre d’archives, d’information et de documentation sur les essais nucléaires. Sis boulevard de la Reine Pomare, sur le front de mer de Papeete, ce site est donc voué à accueillir le futur Centre de mémoire, mais, comme nous l’avons pointé du doigt à maintes reprises (lire notamment notre édito “Centre de mémoire : on se souviendra surtout de l’ingratitude de la France envers la Polynésie…”, TPM n° 420, du 15 novembre 2019), il s’agit en réalité d’un cadeau empoisonné, puisqu’il contient de l’amiante et du plomb ! Aussi, ce sera au Pays de financer sa construction, ce qui paraît aberrant eu égard “la dette” que la France métropolitaine se doit d’honorer. L’affront hexagonal est alors monté d’un cran, lorsque l’Assemblée nationale a adopté, le 14 mai dernier, un projet de loi visant “la clarification” et une meilleure “interprétation” des règles d’indemnisation des victimes des essais nucléaires en Polynésie française, et ce, au beau milieu de “diverses dispositions urgentes pour faire face aux conséquences de l’épidémie de Covid-19” (lire pages 12 à 15)…

Cette disposition, qui avait été actée en séance le 3 mars dernier, mais dont la transmission avait été retardée en raison de la crise sanitaire, est ainsi un “cavalier législatif” qui rend applicable le seuil d’1 millisievert à tous les dossiers de demandes d’indemnisation. Autrement dit, c’est un retour à l’amendement scélérat dit “Tetuanui” tant décrié ! Tel un poignard planté dans le dos, ce “coup de Trafalgar” a été, de surcroît, manigancé depuis les hautes sphères parisiennes en l’absence des parlementaires polynésiens ! Une manière
cavalière de mener le bras de fer qui a indigné, par exemple, Moetai Brotherson, député polynésien et vice-président du Tavini Huiraatira. Et d’interpeller l’État français : “Qu’est-ce que le peuple polynésien vous a fait pour que vous nous détestiez autant ?” Dans une longue interview accordée à Tahiti Pacifique, il fustige le gouvernement central et évoque “une frilosité maladive à vouloir indemniser de façon respectable les victimes de ces essais” (lire pages 18 à 21). Les associations locales de défense, 193 et Moruroa e Tatou, représentées par Père Auguste et Hiro Tefaarere, tirent également à boulet rouge sur l’État et rejettent désormais à l’unisson le projet de Centre de mémoire. Dans les réactions que nous avons recueillies (lire pages 22-23), la notion de “crime contre l’humanité” est omniprésente et l’on connaît tous le coupable, bien qu’il n’ait toujours pas présenté ses excuses au peuple polynésien...

Enfin, un ingénieur retraité de la Direction des essais du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), Ghislain Houzel, qui a effectué de très nombreuses missions à Moruroa, de 1966 1997, et assisté à plus de 120 tirs, nous raconte l’horreur des essais nucléaires, sans langue de bois, au fil d’un entretien riche en anecdotes (lire pages 24 à 27). Vous l’aurez compris, c’est un numéro “collector” que nous vous proposons, avec une édition spéciale de
16 pages consacrées à ce douloureux sujet en Polynésie. La page du nucléaire, qui a profondément entaché les relations du fenua dans son histoire avec la Métropole, n’est toujours pas tournée. Le sera-t-elle un jour ? Aujourd’hui, nous avons un rêve : que cette question explosive soit gérée localement par “des hommes, de vrais hommes, avec des *** dans la culotte”, pour reprendre l’expression récente du président du Pays. Et puis, si d’aventure Emmanuel Macron se décidait à venir nous rendre visite un jour, nous aimerions lui dire : “Eh, Manu, tu redescends et tu dépollues ?

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt