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La carte du préventif ne fait pas recette


Vendredi 6 Avril 2018 - écrit par Luc Ollivier


À l’heure où les dépenses de santé sont au cœur des négociations dans le cadre de la réforme de la Protection sociale généralisée, il est surprenant de constater que le volet préventif n’en soit pas l’un des axes forts. Prévenir, plutôt que guérir, par des dépistages sanguins permettrait à coup sûr de réaliser des économies.



Crédit photo : DR
Crédit photo : DR
L’idée de procéder à des prélèvements sanguins pour détecter au plus tôt d’éventuelles maladies a pourtant déjà été évoquée il y a quelques années à la CPS mais, comme souvent, elle est restée lettre morte. À la question du coût certain, bien que celui-ci pourrait être négocié avec les onze labos existants (neuf à Tahiti et deux à Moorea), il a toujours été opposé le gain comptable. Faut-il en déduire que l’on gère la santé comme une épicerie ? Comment pourrait-on calculer les gains générés sur de potentiels malades ?
Le gouvernement, dans le domaine de la santé, a présenté des réformes qui portent sur la mise en place du médecin référent pour les généralistes, du panier de soin et du parcours de soins...

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Un peu de mansuétude

Alors que le mercato bat son plein dans les listes électorales au moment du sprint final, prouvant s’il en était encore besoin toute la versatilité de nos hommes politiques, les plus beaux parleurs de chacune des six listes se démultiplient entre interviews pour la presse écrite et audiovisuelle, sans oublier les radios. Depuis la dernière quinzaine, le rythme s’est emballé car les meetings dans chaque archipel, île, ville et quartier se succèdent avec une certaine frénésie.
Toutes les annonces de ralliement sont bonnes à médiatiser, car elles tendent à prouver l’esprit d’ouverture de chaque liste ; c’est oublier un peu vite les rai- sons premières de ces désistements : la colère ou au mieux la déception. On ne recrute pas dans le camp d’en face par une subite « illumination » de l’intéres- sé(e) mais bien parce qu’il ou elle n’a
pas eu la reconnaissance espérée. Le transfert d’un historique de l’UPLD au Tahoera’a, Myron Mataoa, bien qu’il se défende d’avoir quitté ce parti d’union depuis longtemps, en est l’une des der- nières et plus parfaites illustrations. Le parti orange ne s’est pas privé d’en faire ses choux gras, comme d’autres partis ont pu le faire dans des circonstances similaires. Tous est bon donc pour montrer que l’on est ouvert et surtout à l’écoute de chacun.
Des associations l’ont bien compris, n’hésitant à interpeller publiquement les listes leur demandant de se positionner sur les causes qu’elles défendent. Ainsi, ces derniers jours, Te Ora Hau pour le bruit, Te Ora Naho pour l’environne- ment, l’ARPAP pour la protection ani- male, Te Vai Ara pour le classement des terrains en zone rouge ou bien encore, à titre plus personnel, Marama Vahirua, sur sa page Facebook, pour le sport, ont
tenté d’apporter un éclairage sur des questions de société. Il faut croire que les passages télé, les reportages, les pro- fessions de foi, les spots de campagne, la communication sur les réseaux sociaux ne suffisent plus.
Mais à ce train-là, on va les user nos futurs représentants, d’autant que d’ici peu, au soir du premier tour, ceux qui seront toujours en course devront redou- bler d’efforts jusqu’au 6 mai.
Alors, s’il vous plaît, un peu de mansuétude, laissez-les souffler un peu, à moins que vous ne vouliez les trouver complètement asphyxiés sur les bancs de l’assemblée. Ils n’auront que cinq ans, si tout va bien, pour se remettre de leurs émotions ; les nôtres viendront plus tard. Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier