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La carte du préventif ne fait pas recette


Vendredi 6 Avril 2018 - écrit par Luc Ollivier


À l’heure où les dépenses de santé sont au cœur des négociations dans le cadre de la réforme de la Protection sociale généralisée, il est surprenant de constater que le volet préventif n’en soit pas l’un des axes forts. Prévenir, plutôt que guérir, par des dépistages sanguins permettrait à coup sûr de réaliser des économies.



Crédit photo : DR
Crédit photo : DR
L’idée de procéder à des prélèvements sanguins pour détecter au plus tôt d’éventuelles maladies a pourtant déjà été évoquée il y a quelques années à la CPS mais, comme souvent, elle est restée lettre morte. À la question du coût certain, bien que celui-ci pourrait être négocié avec les onze labos existants (neuf à Tahiti et deux à Moorea), il a toujours été opposé le gain comptable. Faut-il en déduire que l’on gère la santé comme une épicerie ? Comment pourrait-on calculer les gains générés sur de potentiels malades ?
Le gouvernement, dans le domaine de la santé, a présenté des réformes qui portent sur la mise en place du médecin référent pour les généralistes, du panier de soin et du parcours de soins...

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Tous ensemble

"Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots”, a déclaré Martin Luther King dans un discours il y a 50 ans. Si en Polynésie, comme d’ailleurs sur l’ensemble de la planète, les humains ont du mal à faire leur cette citation, il n’en demeure pas moins qu’en de rares occasions, les hommes ont la capacité de surmonter leurs différences. Quand il s’agit de politique, par exemple, on n’hésite pas à parler d’unité nationale dès lors que la patrie est en danger ou dans une moindre mesure quand la cause touche tout un peuple.
Vendredi dernier, toute la classe politique locale a salué comme un seul homme la décision de la chambre criminelle de la Cour de cassation qui s’est prononcée via l’avocate générale pour l’annulation de la condamnation de Pouvana’a a Oopa en 1958. Le Metua, dont se revendiquent aujourd’hui tous les grands dirigeants politiques du fenua, devrait être réhabilité lors de la décision qui sera prise le 25 octobre prochain. À Tahiti, chacun s’est félicité de cette avancée qui rapproche un peu plus la collectivité de la Métropole, même si pour cela il aura fallu 60 ans.
L’unité affichée n’aura valu que le temps d’une décision, car voilà que se profilent des dossiers qui ne manqueront pas de raviver les dissensions. La réforme de la PSG mais aussi du Code de travail ne manqueront pas de faire des mécontents. Si la rue l’avait emporté à la veille des élections territoriales, la majorité compte bien sur sa base électorale pour passer ses réformes, en force si besoin. Persuadée sans doute que chacun de ses électeurs s’est prononcé en faveur de chacune des propositions annoncées durant la campagne.
Les réseaux sociaux et la presse hexagonale se sont mobilisés comme rarement derrière une jeune étudiante polynésienne, Ranitea Gobrait, qui malgré un résultat exceptionnel de 20,32/20 au bac s’émouvait de n’avoir pu trouver le moindre débouché universitaire. Les Polynésiens et les médias ont donc soutenu à leur manière l’étudiante au point d’en faire une affaire nationale qui après certaines vérifications ont permis de constater que la bachelière avait refusé cinq propositions…
De l’unité, de la vraie, il faudra quand même en avoir, de façon un peu plus légère, ce dimanche pour soutenir l’équipe de France de football qui jouera sa troisième finale de Coupe du monde. Le temps d’un match, la Polynésie sera derrière les Bleus… ou pas. Elle le sera plus, sûrement, derrière ses rameurs pour les Championnats du monde de va’a qui débutent jeudi prochain.

Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier