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La carte du préventif ne fait pas recette


Vendredi 6 Avril 2018 - écrit par Luc Ollivier


À l’heure où les dépenses de santé sont au cœur des négociations dans le cadre de la réforme de la Protection sociale généralisée, il est surprenant de constater que le volet préventif n’en soit pas l’un des axes forts. Prévenir, plutôt que guérir, par des dépistages sanguins permettrait à coup sûr de réaliser des économies.



Crédit photo : DR
Crédit photo : DR
L’idée de procéder à des prélèvements sanguins pour détecter au plus tôt d’éventuelles maladies a pourtant déjà été évoquée il y a quelques années à la CPS mais, comme souvent, elle est restée lettre morte. À la question du coût certain, bien que celui-ci pourrait être négocié avec les onze labos existants (neuf à Tahiti et deux à Moorea), il a toujours été opposé le gain comptable. Faut-il en déduire que l’on gère la santé comme une épicerie ? Comment pourrait-on calculer les gains générés sur de potentiels malades ?
Le gouvernement, dans le domaine de la santé, a présenté des réformes qui portent sur la mise en place du médecin référent pour les généralistes, du panier de soin et du parcours de soins...

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Réforme des retraites, on passe la première

Après la marche arrière de mars dernier sous la pression de la rue, le train de réformes nécessaires à la survie de la branche retraites de la Caisse de prévoyance sociale devrait enfin se mettre en marche. L’assemblée de la Polynésie va devoir se prononcer sur la réforme qui lui sera présentée aujourd’hui, aboutissement de quelques semaines de travail de la commission législative de la santé. Alors qu’un consensus avait été trouvé, traduit par des points de convergence, malgré la présence d’anciens leaders syndicalistes (touchés par la grâce ?) au sein même de cette commission, plusieurs syndicats jugent encore opportun de lancer une grève générale pour marquer leur désaccord avec la loi du Pays – bien qu’amendée – qui devrait être adoptée.
L'allongement de 60 à 62 ans, bien que dorénavant étalé dans le temps, ne passe pas. C’est pourtant la base de la réforme du point de vue gouvernemental. Paradoxalement, les autres modifications temporelles envisagées (durée de cotisation ou âge minimal de départ), qui impacteront tout aussi grandement le moment du départ à la retraite, sont passées sous silence. Il est vrai qu’elles devraient être soumises à discussion et proposition du Comité d’orientation du suivi des retraites (COSR), que certains considèrent déjà comme un artifice puisque, au final, c’est bien le conseil des ministres qui actera toute réforme. Il y en aura bien sûr d’autres, comme l’a rappelé Virginie Bruant, présidente de la commission, qui met l’accent sur la nécessité d’enclencher la marche avant. Le temps des tergiversations est révolu.
Les syndicats grondent ? Quoi de plus normal ? Ils jouent leur partition. On regrettera (pour la grande majorité) leur manque de dialogue, pour n’avoir pas accepté que l’on aborde les retraites avant la maladie, mais aussi et surtout leur manque de propositions, si ce n’est de jouer au "vase communiquant" entre ces deux branches. Cette même politique adoptée par le CA de la CPS et qui a conduit à plomber les comptes de la retraite à hauteur de 10 milliards de Fcfp. Il serait temps d’apprendre de ses erreurs.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier