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La croisière n'amuse plus... Monstres de pollution


Vendredi 14 Juin 2019 - écrit par Dominique Schmitt


La fréquence des paquebots de croisière qui augmente dans le port de Papeete et dans nos îles pose le problème d'une pollution majeure, sans précédent. À quai ou au mouillage, les émissions toxiques dues à la combustion du fioul lourd, un carburant non raffiné, chargé en soufre, sont très importantes. Si le tourisme maritime représente une manne économique certaine pour le Pays, il se développe au prix d'une baisse de la qualité de l'air que l'on respire. Aussi, la présence de ces géants des mers détruit considérablement le milieu marin alentour… La France est le quatrième pays le plus touché par cette pollution et, d’ici à 2024, la flotte mondiale devrait doubler, c'est pourquoi il est urgent d'agir.



Depuis quelques années, les paquebots sont de plus en plus nombreux à entrer dans le port de Papeete pour s'y baser ou y faire escale avant de naviguer d'île en île. Ils sont aussi de plus en plus gigantesques, puisque ces mastodontes des mers dépassent aujourd'hui la taille des plus gros porte-avions américains pendant la Seconde Guerre mondiale ! Aux mois d'avril et mai derniers, une vague de navires de croisière a déferlé à Tahiti, engendrant des embouteillages conséquents sur le front de mer et bouchant la ville de Papeete. Parmi ces géants, Ovation of the Seas, de la compagnie Royal Caribbean International, long de presque 350 mètres, a fait par exemple une escale remarquée, le 24 avril. En provenance d'Australie, le paquebot propose un périple de 17 jours, en passant par Tahiti, Moorea et Bora Bora. Ce sont en tout près de 5 000 touristes, australiens pour la plupart, et 1 550 membres d'équipage qui y vivent. À bord, les passagers bénéficient d'un parc de loisirs de rêve, avec piscines, jacuzzis, toboggans, murs d’escalade, terrain multisports, patinoire, minigolf, etc., ainsi que des dizaines de cafés et restaurants, des casinos, des théâtres… Malgré le désastre du Costa Concordia devant l’île de Giglio en 2012, dont le naufrage a causé la mort de 32 personnes, les croisières sont toujours plus populaires et transportent 20 millions de passagers par an dans le monde.

En Polynésie, les croisiéristes représentent 20 % des touristes. L’année 2018 a été une année record avec 1 080 escales de paquebots. Cet essor se poursuit en 2019, avec 1 023 escales prévues sur l’ensemble du territoire. Mais le Pays a-t-il pris en compte la pollution engendrée par ces "villes flottantes" ? En effet, si la croisière est le mode de voyage qui a augmenté le plus rapidement ces vingt dernières années, elle est loin d'être un modèle écologique, avec ses émissions de gaz à effet de serre et de particules fines qui posent des risques sanitaires graves. Un paquebot émet une quantité impressionnante d'oxyde de soufre, équivalente à un parc automobile d’un million de voitures, d'après l’ONG allemande NABU, à l’origine de ce chiffre en 2015 avec France Nature Environnement (cette fédération française est la porte-parole d'un mouvement de3 500 associations, regroupées au sein de 64 organisations adhérentes, présentes sur tout le territoire français, en métropole et Outre-mer).


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Confiture et déconfitures…

Confiture et déconfitures…
Le landerneau polynésien a été agité ces dernières semaines. D'abord, on a appris que l'affaire JPK faisait de nouveaux remous et remontait à la surface plus de 21 ans après la disparition de Jean-Pascal Couraud, avec la garde à vue, puis la mise en examen pour "meurtre" de l'ex-compagne et de l'ami du journaliste, Miri Tatarata et Francis Stein, respectivement directrice de l'Environnement et directeur adjoint du Service de la culture et du patrimoine. L'occasion pour Tahiti Pacifique de se replonger dans ses archives et de rappeler comment la politique peut peser sur la justice (lire page 38). C'est valable encore aujourd'hui avec, comme piqûre de rappel, ce nouvel épisode dans l'affaire Te Maru Ata, où des propriétaires "irréductibles" font face depuis plus de vingt ans à l'obstination du promoteur du lotissement, Bill Ravel (lire page 16), qui a bénéficié à plusieurs reprises du soutien politique de Jean-Christophe Bouissou, ministre du Logement et de l’Aménagement du territoire, en charge des Transports interinsulaires maritimes et aériens, et porte-parole du gouvernement. Tous deux sont sous le coup d'une mise en examen pour "soupçons de corruption" aux côtés d'Emmanuel Sztejnberg-Martin, ancien responsable de la communication du haut-commissariat.
La même semaine, celle où l'on a célébré l'autonomie du Pays, une salve de condamnations et de mises en examen a ébranlé le fenua. Notre ex-président, Gaston Flosse, et notre actuel président, Édouard Fritch, ont été condamnés dans l'affaire de la citerne d'Erima : le premier a écopé de 2 ans de prison avec sursis, 10 millions de Fcfp d’amende et 3 ans d’inéligibilité ; quant au second, il lui est réclamé 5 millions de Fcfp d’amende et 46,3 millions de Fcfp de dommages et intérêts. Les deux hommes, ancien et actuel maires de Pirae, ont été accusés de "détournement de fonds publics" pour avoir fait supporter aux administrés de Pirae l’adduction en eau au domicile de Gaston Flosse, à Arue, depuis 1989. Ils ont décidé de faire appel de ces décisions. Dans la foulée, trois chefs de service locaux ont été mis en examen : deux pour meurtre (cités plus haut) et un pour proxénétisme de mineurs de moins de 15 ans (il sera jugé en comparution immédiate le 18 juillet, aux côtés de deux chefs d'entreprise et d'un pharmacien). Peu de temps auparavant, le maire de Papara et représentant à l'assemblée de la Polynésie française, Putai Taae, a été, lui aussi, condamné pour "prise illégale d'intérêts et recel d'abus de confiance" pour avoir versé des subventions à l’association Ia Ora Papara, dont il était le président d’honneur. L'affaire Haddad-Flosse, elle, a été renvoyée en septembre, pour la quatrième fois en quinze mois.
Au vu du nombre d'hommes politiques ou de responsables corrompus à Tahiti et dans les îles, on devrait lancer un concours : celui qui trempe le mieux le doigt dans la confiture ! D'ailleurs, souvent, ce n'est plus le doigt, mais le bras entier qui plonge dans le pot… Par contre, côté projets, le gouvernement collectionne les déconfitures, à l'instar du Village tahitien. Ainsi, malgré deux reports de date (le 22 mars et le 6 mai 2019), les investisseurs maoris et le Samoan Frederick Grey n'ont pas concrétisé leur offre. Le groupement Kaitiaki Tagaloa avait pourtant été déclaré lauréat le 13 avril 2018 des six lots d’hébergements touristiques de l'appel à projets sur les seize lots que constitue le projet global et avait signé le 17 août suivant le protocole d’engagement avec TNAD. Le délai ayant expiré, deux prolongations de 45 jours leur ont été accordées jusqu'à la date butoir du 30 juin dernier. Désormais, on attend le plan B de  la Vice-présidence, en charge de la supervision de ce grand projet d'investissement, qui a déjà coûté la bagatelle de 700 millions de Fcfp de frais d'études. On guette aussi des nouvelles de la ferme aquacole de Hao, dont on a fêté, le 6 mai dernier, le quatrième anniversaire de la première pierre inaugurale…

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt