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La féminité a-t-elle besoin de s’exhiber ?

Chaque société édicte ses règles de conduite et d’inconduite sous le mode implicite et/ou explicite. Ces règles varient selon les circonstances et les époques.



i["Tout en nous exerçant aux jeux de la séduction, nous ne cherchions pas à trop aguicher."]i Crédit photo : DR
i["Tout en nous exerçant aux jeux de la séduction, nous ne cherchions pas à trop aguicher."]i Crédit photo : DR
Ainsi, contrairement aux idées reçues, les Tahitiens, comme la plupart des insulaires des Îles Sous-le-Vent, des Australes ou d’ailleurs en ce qui est devenu la Polynésie française, ne vivaient pas tout nus. Ils et elles s’habillaient avec beaucoup de recherche, rivalisaient d’élégance, drapés d’étoffes fines de tapa, décoré ou non, se parant d’accessoires de feuillage, vannerie, coquillages et fleurs. Ce n’est qu’en se baignant à la rivière ou la mer, en effectuant de rudes travaux ou dans l’exercice de sports violents, comme la lutte, qu’ils laissaient tomber leurs parures pour ne garder qu’un cache-sexe. Si les Européens les ont vus nus, c’est que la rencontre s’est faite sur l’eau après qu’ils eurent nagé. Partout ailleurs, ils étaient habillés.
Les pudibonds missionnaires les ont vêtus de leurs linges, interdisant d’exposer les peaux, même à la mer. Les maillots de bain n’existant pas encore, les femmes devaient se baigner en robes à manches longues, chemises de nuit des épouses de missionnaires. Selon les adultes qui fréquentaient le magasin de mon père, ces contraintes vestimentaires auraient favorisé les refroi-
dissements propices à la contamination par le redoutable bacille de la tuberculose, qui circulait sans contrainte. Durant deux cents ans, ce bacille tua et affaiblit les survivants jusqu’à déformer des corps quand la maladie s’attaquait aux os. L’isolement des malades et le vaccin Calmette et Guérin permit de ne plus entendre les toux qui déchiraient le silence des nuits.
Longtemps, les chemises de nuit anglaises servirent de références aux habillements féminins. Puis, les revues Modes et Jardins offrirent aux élégantes des variations dans les coupes et détails de robes tou-jours à manches (courtes, moyennement ou totalement longues), chastes au niveau de la poitrine et descendant au-dessous du genou. Pour aller à la pêche en rivière ou en mer, elles inventèrent des tenues pratiques genre short long, mais pas trop, pour que ça ne ressemble pas aux pantalons masculins qu’une femme était interdite de porter, obéissant en cela à un précepte biblique. Seules les joueuses de tennis exhibaient sur les courts et aux alentours leurs belles jambes musclées...

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Vendredi 2 Octobre 2020 - écrit par Simone Grand


Simone Grand

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La mémoire des essais nucléaires au risque d’Alzheimer…

Après la publication de notre dossier consacré à une arnaque au tapa “made in Thailand” envahissant le marché polynésien (lire TPM n° 445 du 18 décembre 2020), qui a suscité l’indignation dans le monde de la culture, le soutien du Pays affiché aux artisans quelques jours plus tard devant les médias étonne pour ne pas dire détone… En effet, le gouvernement a laissé filer un trafic de “faux tapa” qui inonde depuis une vingtaine d’années les curios, les musées et même aujourd’hui certains hôtels de luxe, mais il n’hésite pas à s’afficher fièrement en grand défenseur des artisans pour une opération lancée dans les magasins Carrefour et Champion pour les fêtes de fin d’année. Cherchez l’erreur…

Autre actualité qui nous fait dresser les poils, au rayon des archives militaires cette fois : l’historien Jean-Marc Regnault nous alerte sur la récente complexification de l’accès des documents dont la communication porte atteinte au secret de la défense nationale. Alors que la loi du 15 juillet 2008 relative aux archives, inscrite dans le code du patrimoine, prévoyait un délai de cinquante ans pour autoriser leur consultation, une révision des dispositions en 2011 a précisé que tout document portant un marquage “Secret Défense”, dit “classifié au titre du secret de la défense nationale”, devait être déclassifié par l’autorité compétente avant communication… Eh bien figurez-vous que la situation s’est aggravée depuis 2020 en raison d’une interprétation de plus en plus restrictive de cette instruction interministérielle, qui a entraîné le blocage de nombreux fonds aux Archives nationales, aux Archives du Centre d’histoire de Sciences Po à Paris, comme aux archives de la Défense. En clair, cela signifie que des documents qui étaient librement communicables et communiqués, des documents qui avaient été publiés dans de nombreux livres d’Histoire, sont désormais… inaccessibles ! C’est l’objet de notre dossier de Une pour ce premier numéro de l’année (lire pages 14 à 16). Pourquoi l’État poursuit-il sa politique de l’autruche et fait tout pour cacher la vérité historique ? Y aurait-il tant de secrets inavoués et inavouables ? La reconnaissance du fait nucléaire serait-elle un perpétuel combat ? D’ailleurs, y aura-t-il jamais un Centre de mémoire des essais en Polynésie ? La question est posée.

Enfin, parce que nous aimons aussi vous faire vous évader, retrouvez notre portrait haut en couleur de Titouan Lamazou (lire pages 18 à 25). Artiste talentueux et navigateur insatiable, celui qui a été piqué au tiare il y a plus de quarante ans déjà a décidé de poser l’encre et les pinceaux au fenua. Découvrez un homme d’exception, qui confie avoir une “empathie sociale congénitale”, mais également un peintre de génie, qui a eu à cœur de créer une gamme de produits dérivés de ses œuvres privilégiant une coopération locale avec l’ambition d’une production 100% “made in Tahiti. Un bel exemple d’énergie positive, dont nous devrions nous inspirer. Toute la rédaction de Tahiti Pacifique vous souhaite, chers lecteurs, une excellente année et vous adresse ses meilleurs vœux pour 2021.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT