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La relance portée par le Pays


Vendredi 8 Mars 2019 - écrit par Luc Ollivier


De reprise économique, il en est question à chaque grand discours gouvernemental depuis maintenant près de trois ans. Bien que timides, les chiffres vont dans le bon sens pour le bien du Pays et de sa population, même si beaucoup reste à faire. En attendant que le privé prenne véritablement la main, c’est bien l’action publique qui porte la reprise par des mesures d’aides diverses. L’Aide à l’investissement des ménages (AIM) en est le dernier exemple.



Les échanges sont nombreux entre le gouvernement et le monde patronal pour soutenir la relance économique. Crédit photo : DR
Les échanges sont nombreux entre le gouvernement et le monde patronal pour soutenir la relance économique. Crédit photo : DR
La lecture du Journal officiel n’en finit de gagner en longueur en raison de la liste de tous les bénéficiaires de l’AIM. Si les chiffres ne sont pas dévoilés, on peut estimer à plus d’un millier les ménages qui en ont bénéficié. Cette mesure à deux volets n’est pas sans rappeler celle qui concerne les entreprises depuis bientôt trois ans : la mesure d’Aide à l’équipement des petites entreprises (AEPE) et l’Aide pour la revitalisation des commerces de proximité et des restaurants (ACPR). À la mi-février, le vice-président, Teva Rohfritsch, a réuni la commission consultative de ces dispositifs afin d’émettre un avis sur des demandes d’aide pour 2019, qui ont coûté 558 millions de Fcfp au Pays pour un investissement de plus de 2 milliards et 462 emplois créés, selon le ministère.

Après les entreprises et les commerces, Teva Rohfritsch a donc décidé d’investir dans les ménages, en misant sur la construction et l’extension-rénovation.
L’objectif du vice-président, tel que déclaré auprès des représentants : dans son plan d’action économique, il a mis en œuvre des mesures de relance, il a réactivé des dispositifs d’aides aux entreprises et aux ménages dans un objectif de relance à court terme. Les mesures ont été élaborées dans ce sens. L’AIM est une aide financière pour encourager les ménages à devenir propriétaires et permettre de financer des travaux d’aménagement, d’extension ou de rénovation de leur maison principale.
Le Pays souhaite aider les ménages, et notamment les jeunes, dans leur projet immobilier. L’objectif est aussi de relancer le secteur du bâtiment et l’emploi par l’ouverture de chantiers de construction...

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"Tahiti paradis"

Des premiers explorateurs à aujourd’hui, le mythe du "Tahiti paradis" n’a pas beaucoup vieilli, il a plutôt changé de sens. De la beauté des îles, des lagons, des populations qui ont fait la réputation mondiale de la destination depuis plus de deux siècles – et qui en sont encore le principal moteur économique interne –, on est passé à un Eldorado d’une toute autre nature : celui des margoulins de tout poil et de tout horizon. Petit "pays", qui fait figure de riche dans un bassin géographique qui n’a pas encore livré toutes ses richesses, la Polynésie française a souvent été la cible d’hommes et de projets plus que douteux. À croire qu’elle n’a déjà pas assez affaire avec ceux qui y vivent…

Les vendeurs de couvertures chauffantes ont fait place à d’autres vendeurs, bien plus avisés et plus ambitieux. Je me souviens de ce projet d’une course internationale de voiliers – qui n’attirerait que des grands noms (!) – qui a fait flop, à la fin des années 1980. Mais ceci n’est rien en comparaison de ceux qui sont à deux doigts de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. À l’instar des promoteurs des "Îles flottantes", qui ont bien failli réussir leur coup (coût ?). Le gouvernement avait mordu à l’hameçon, avant de le recracher sous la pression populaire. À notre connaissance, et depuis ce désistement, les "Îles flottantes" n’ont toujours pas trouvé un lieu d’amarrage… Surprenant, pour un projet si novateur, non… ? Il faut croire qu’ailleurs dans le monde, on est un peu plus regardant.

Entre ce projet de milliardaires américains, et celui du financement du "Village tahitien" (version Flosse) par un milliardaire arabe, repoussé par le vote de la population, il faut déduire que c’est elle qui détient le bon sens. C’est peut-être pour cette raison qu’elle se montre sceptique quant aux projets plus ou moins avancés que sont le projet aquacole de Hao, dont les rendez-vous avec les investisseurs chinois ne cessent d’être repoussés, ou celui du "Village tahitien" version Fritch, dont la date des 200 jours pour la signature du protocole vient d’être dépassée. Les investisseurs néo-zélandais et samoans ne seraient-ils plus les hommes de la situation ? On n’ose croire que le maintien de Samoa sur la liste noire de l’Union européenne des paradis fiscaux y soit pour quelque chose... Il semble que les garanties financières ne soient pas au rendez-vous. On aurait certainement dû et pu se montrer plus regardant sur cet aspect lors de la candidature.

Mais à Tahiti, au paradis, on a tendance à faire un peu trop confiance et, parfois même, à n’importe qui. Vous ne me croyez pas ? Je vous invite à lire le sujet édifiant (voir page 6) sur une société condamnée en 2017 et pour laquelle le Pays offre son soutien !

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier

Luc Ollivier