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La rue veut la parole



Faut-il croire aux coïncidences ? Bien calme depuis des années, la population est invitée à manifester son mécontentement de manière plus bruyante et plus intensive ces derniers jours. Et ce sur des sujets aussi variés que le Rahui à Moorea, la vente du motu Tapu à Bora Bora ou, bien sûr, la réforme des retraites plutôt concentrée sur Tahiti. Dans le milieu du renseignement, on a coutume de dire : "Quand il y a doute, il n’y a plus de doutes". Les choix ou prises de position du gouvernement Fritch sont contestés alors que la campagne pour les élections territoriales bat son plein.
Si l’association Rahui de Moorea s’est plutôt fait discrète dans sa lutte qui l’oppose au PGEM, il n’en demeure pas moins que la population se mobilise contre un projet de gestion imposé, qu’elle juge inefficace. Du côté de Bora Bora c’est pour un îlot, privé de surcroît, que l’on tente de mobiliser la population, afin d’éviter sa vente ! Le motu Tapu a certes été classé, mais comment demander à ce que le Pays le rachète pour le préserver. Son prix ? La bagatelle de
5 milliards de Fcfp. La facture est salée pour quelques hectares de sable à fleur d’eau actuellement recouverts de sapins. Les effets du réchauffement climatique condamneront malheureusement un jour où l’autre le motu Tapu à disparaître, quoi que fassent les hommes.
Si le gouvernement a vraiment 5 milliards à dépenser, il ferait bien de les utiliser pour revoir sa copie portant sur la réforme de la retraite. Si on ne remet pas en cause la pertinence de cette réforme, les modalités d’application sont plus discutables. Il aurait peut-être été plus judicieux de la lisser dans le temps, même si pour ça il aurait fallu prendre des mesures dès l’année dernière. Et faire en sorte que le passage des 35 à 38 ans de cotisations s’effectue par tranche de 6 ou 9 mois par an, idem pour l’âge de départ à la retraite.
La pression de la rue ne sera peut-être pas suffisante pour remettre à plat les grandes lignes de la réforme et entamer de nouvelles discussions. Mais elle pourrait rouvrir un dialogue qui pourrait déboucher sur une sorte de consensus ; en attendant des jours meilleurs et la véritable reprise économique, celle qui accouche de nouveaux emplois.
Cette cote mal taillée aura toujours le temps d’être retravaillée et améliorée en fonction des nouvelles données de l’emploi qui doivent découler des grands chantiers attendus. C’est toujours mieux que les mots, comme "blocage du port", qui sont venus résonner dans les têtes de ceux qui ont connu les émeutes de 1987 et 1995. Plus jamais ça !
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Vendredi 9 Mars 2018 - écrit par Luc Ollivier


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Luc Ollivier

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Réforme des retraites, on passe la première

Après la marche arrière de mars dernier sous la pression de la rue, le train de réformes nécessaires à la survie de la branche retraites de la Caisse de prévoyance sociale devrait enfin se mettre en marche. L’assemblée de la Polynésie va devoir se prononcer sur la réforme qui lui sera présentée aujourd’hui, aboutissement de quelques semaines de travail de la commission législative de la santé. Alors qu’un consensus avait été trouvé, traduit par des points de convergence, malgré la présence d’anciens leaders syndicalistes (touchés par la grâce ?) au sein même de cette commission, plusieurs syndicats jugent encore opportun de lancer une grève générale pour marquer leur désaccord avec la loi du Pays – bien qu’amendée – qui devrait être adoptée.
L'allongement de 60 à 62 ans, bien que dorénavant étalé dans le temps, ne passe pas. C’est pourtant la base de la réforme du point de vue gouvernemental. Paradoxalement, les autres modifications temporelles envisagées (durée de cotisation ou âge minimal de départ), qui impacteront tout aussi grandement le moment du départ à la retraite, sont passées sous silence. Il est vrai qu’elles devraient être soumises à discussion et proposition du Comité d’orientation du suivi des retraites (COSR), que certains considèrent déjà comme un artifice puisque, au final, c’est bien le conseil des ministres qui actera toute réforme. Il y en aura bien sûr d’autres, comme l’a rappelé Virginie Bruant, présidente de la commission, qui met l’accent sur la nécessité d’enclencher la marche avant. Le temps des tergiversations est révolu.
Les syndicats grondent ? Quoi de plus normal ? Ils jouent leur partition. On regrettera (pour la grande majorité) leur manque de dialogue, pour n’avoir pas accepté que l’on aborde les retraites avant la maladie, mais aussi et surtout leur manque de propositions, si ce n’est de jouer au "vase communiquant" entre ces deux branches. Cette même politique adoptée par le CA de la CPS et qui a conduit à plomber les comptes de la retraite à hauteur de 10 milliards de Fcfp. Il serait temps d’apprendre de ses erreurs.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier