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Le BTS GPME mobilisé autour de cette question : “La presse, une entreprise comme les autres ?”


Vendredi 4 Juin 2021 - écrit par Vaea Deplat


En mars dernier, un grand nombre d’établissements scolaires français et ultramarins célébraient la Semaine de la presse. Le lycée du Diadème de Pirae n’échappait pas à l’exercice, mais sous un angle novateur d’envergure : le déploiement au sein du BTS GPME (Brevet de technicien supérieur Gestion des petites et moyennes entreprises) d’un projet pédagogique interdisciplinaire sur le thème passionnant de “La presse, une entreprise comme les autres ?”. Une belle occasion pour notre rédaction de sensibiliser ces étudiants à la presse libre et engagée, et leur faire découvrir l’envers du décor, un mois et demi avant le numéro anniversaire des 30 ans de Tahiti Pacifique.



Crédit photo : Vaea Deplat
Crédit photo : Vaea Deplat
“Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie”, proclamait Albert Londres, grand reporter émérite du tout début du XXe siècle, qui a donné son nom à un prix de journalisme. C’est par cette citation faite leitmotiv de votre magazine engagé que Dominique Schmitt, rédacteur en chef de Tahiti Pacifique, a pris la parole devant les étudiants du BTS GPME du lycée du Diadème de Pirae (lire interview page 43) lors de la Semaine de la presse et des médias, qui s’est déroulée du 22 au 26 mars dernier...

Pour lire l'intégralité de ce Dossier, commandez Tahiti Pacifique n° 456 en cliquant ICI


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Bataille de matahiapo dans le bac à sable

Enfin ! Nous connaissons désormais les dates auxquelles pourrait se tenir la fameuse Table ronde de “haut niveau” sur les conséquences des essais nucléaires en Polynésie française, promise par le président de la République Emmanuel Macron : la réunion devrait avoir lieu les 1er et 2 juillet prochains, à Paris. Ce rendez-vous est une “chance” à “ne pas gâcher” selon Édouard Fritch. Mais tout le monde ne l’entend pas de la même oreille que “Doudou”, loin s’en faut ! La majorité des associations de victimes ont déjà annoncé qu’elles n’y participeront pas et les associations religieuses semblent suivre le pas. Dans le camp des opposants, on retrouve bien sûr le leader du Tavini, “Oscar One”, qui voit en cette décision de “Manu 1er” un refus “d’assumer le problème nucléaire en face à face avec le peuple polynésien” et estime qu’il “délocalise le problème à Paris, à 20 000 km de Papeete, pour mieux en contrôler l’agenda, les participants et les conclusions”. Et de scander : “Ni Maohi Nui ni Kanaky ne sont à vendre !”

Une personnalité politique regrette cependant de ne pas avoir été invitée : Gaston Flosse. L’ancien président autonomiste vient d’annoncer la création de son nouveau parti politique, Amuitahira’a o te Nuna’a Maohi, qui remplacera officiellement le Taohera’a Huiraatira en juillet prochain. Il y avait un moment que l’on n’avait plus vu le bout de la queue du “Vieux lion”. Mais le voilà qu’il surgit avec son projet d’État souverain associé à la France. Et rugit sa colère envers “Oscar One” qui a osé considérer, devant la presse, ce statut comme “de la merde”. Dans une lettre ouverte, il fustige son meilleur ennemi : “Après avoir exercé tant de hautes fonctions, et après 44 ans de discours, de gesticulations, de manifestations, de blocage et tant encore, où en es-tu de tes promesses d’indépendance aux Polynésiens ? (…) En vérité, tu as échoué.” Après avoir basculé, sans transition, du orange au bleu (clair), voilà donc que le patron du futur “Amuitahira’a”, ce nouveau parti censé regrouper toutes les sensibilités politiques, commence par attaquer le chef de file de l’indépendance… Tandis que nos étudiants passent l’épreuve inédite du grand oral du bac “nouvelle formule” – un examen sous haute bienveillance –, nos drôles de matahiapo se livrent, eux, à une énième bataille dans le bac à sable ! Au point que certains internautes se sont même amusés à les comparer aux marionnettes du célèbre Muppet Show !

Plus sérieusement, on peut s’inquiéter du contenu de cette Table ronde sur le nucléaire, qui risque fort de ressembler à “une coquille vide”, selon les termes du député Moetai Brotherson. D’autant plus agacé que sa proposition de loi “Prise en charge et réparation des conséquences des essais nucléaires français” a été rejetée, lors de son examen à l’Assemblée nationale par la majorité présidentielle. La République en marche a estimé en effet que c’est la Table ronde du 1er et 2 juillet qui “doit permettre de mettre à plat tout cela”. Alors que peut-on espérer de cette réunion de “haut niveau” ? Nous avons posé la question à Jean-Marc Regnault, maître de conférences honoraire et chercheur associé à l’UPF. Pour ce spécialiste, contributeur régulier de TPM : “C’est la géopolitique qui dictera l’attitude de Paris et non les revendications polynésiennes” (lire pages 8-9). Affaire à suivre…  

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT