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Le Dalaï-Lama, persona non grata ?


Vendredi 1 Décembre 2017 - écrit par Dominique Schmitt


Sa venue tarde à être validée par les autorités locales…

Viendra, viendra pas ? D'après nos informations, le chef spirituel du Tibet pourrait venir à Tahiti dans le courant du premier trimestre 2018, mais sa venue tarde à être validée par les autorités locales… Compte tenu de l'influence qu'exerce la Chine dans le monde et en Polynésie, serait-ce un problème de relations internationales qui freine l'avancée de ce projet pourtant culturel et économique ?



crédit photo : DR
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C'est une information Tahiti Pacifique : un projet pour faire venir à Tahiti la Sainteté le Dalaï-Lama début 2018 a été déposé au haut-commissariat et à la Présidence il y a presque trois semaines. Si les autorités locales semblent avoir accueilli favorablement l'initiative, souhaitant une visite "avant les élections territoriales", aucune confirmation écrite n'a pourtant été encore donnée. Les relations extrêmement houleuses de la République populaire de Chine (RPC) avec le Tibet depuis des siècles expliqueraient-elles la frilosité, voire l'attitude pusillanime, de l'État comme du Pays ? On se souvient pourtant qu'Emmanuel Macron avait franchi le pas en 2016. Alors que, pour ne pas s’attirer les foudres de Pékin, aucun membre du gouvernement français n’avait daigné s’afficher avec le dignitaire tibétain lors de son passage en France en septembre dernier, le candidat présidentiel d’En marche !, qui n’avait pas de responsabilité à l’époque, était allé voir le Dalaï-Lama dans un grand hôtel dès son arrivée à Paris. En Polynésie, de nombreux placements financiers sont envisagés par les Chinois dans les années à...

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Le Tavini, roi de la com’ ?

L’annonce, le lundi 8 octobre devant la 4e commission de l’Organisation des Nations unies à New York par le leader indépendantiste Oscar Temaru, a fait l’effet d’une bombe. Dans sa tribune, il a dénoncé le colonialisme nucléaire et a annoncé avoir déposé une plainte (réceptionnée le 2 octobre) auprès du Tribunal pénal international de La Haye contre la France et ses présidents pour crime contre l’humanité.
La presse nationale, mais aussi mondiale, en a fait ses choux gras, tant cette action a surpris par son énormité. Si, au final, cette plainte n’a que très peu de chances d’aboutir, en raison de procédures juridiques, il n’en demeure pas moins que le Tavini a fixé sur lui les projecteurs, alors même que sa démarche de décolonisation onusienne s’enlise depuis 2013. De quoi forcer la France à s’asseoir à la table des négociations ? Rien n’est moins sûr, cette dernière considérant toujours que la Polynésie française n’est pas un pays non autonome. Après l’entrée l’année dernière du numéro 2 du parti à l’Assemblée nationale dans une tenue traditionnelle qui lui avait valu l’attention des médias nationaux, autres que celui de France Ô, le Tavini prouve une fois encore qu’il sait jouer avec la presse pour se faire entendre.
Les réactions locales et nationales n’ont pas tardé à se faire entendre, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, déplorant la méthode, et le président Édouard Fritch de rappeler, sur une télévision locale : "On utilise des actions de ce type-là pour rappeler que l’on existe. Ce sont des coups médiatiques, car je crois que le président du Tavini lui-même sait très bien que la plainte qu’il a annoncée contre les chefs d’État n’aboutira jamais. J’ai vu que l’Église protestante maohi aussi redépose une autre plainte… Mais pour aboutir à quoi ? Surtout que les effets annoncés ne verront pas leur aboutissement."
Pour aboutir à quoi ? Tout simplement, rappeler aux yeux du monde qu’une minorité de Polynésiens ne souhaite plus faire partie du giron républicain. Le Tavini se débat avec ses moyens et pivilégie le poids des Unes à celui des urnes.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier