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Le Matavaa : une culture vivante, à la croisée des chemins entre codification et innovation


Vendredi 10 Janvier 2020 - écrit par Vaea Deplat


Retour sur ce douzième Matavaa, qui a eu lieu à Ua Pou du 16 au 19 décembre dernier, entre les tohua Takuua et Anauu à Hakahau, et le meàe (marae) Mauia dans la vallée de Hohoi. Chargé de participer au renouveau culturel de l’archipel, le Matavaa se place en révélateur et protecteur de la tradition ancestrale.



 Journée de prestation à Hohoi. Crédit photo : Vaea Deplat
 Journée de prestation à Hohoi. Crédit photo : Vaea Deplat
Tout a commencé à Ua Pou, en 1987. Il y a trente-deux ans, l’île accueillait les prémices du “réveil culturel marquisien”, appelé à l’époque “Festival des Arts des îles Marquises”, en référence au Festival des Arts du Pacifique. Aujourd’hui, le Matavaa constitue un événement culturel majeur à l’échelle de la Polynésie. Pour autant, il ne s’inscrit ni dans la compétition, ni dans l’innovation, comme peuvent le faire le Heiva i Tahiti ou le Hura Tapairu, mais représente davantage un temps d’échanges et de transmissions communautaires, entre Marquisiens, avant tout. Cette année, après onze éditions, la culture marquisienne est en partie redécouverte et réappropriée. Seulement, elle fait face à des velléités d’innovations lorsque certains de la jeune génération s’en mêlent. Pourtant, si l’enjeu du Matavaa est bien la transmission, il semblerait que les représentants culturels, détenteurs d’un certain savoir, souhaitent se préserver coûte que coûte de la modernité et des risques de dérives d’une quelconque créativité. Mais comment transmettre, sinon en acceptant de passer le relais et de faire confiance à la jeunesse ? Encore faut-il que cette jeunesse détienne l’ensemble des bases solides afin de ne pas oublier d’où elle vient, pour éviter de s’égarer. Pour que ce dicton marquisien ne soit pas vain : “Te Ati Kerara e ! A kaū mai ! Peuple de la Terre des Hommes, nage vers ton avenir !”

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Bas les masques !

Bas les masques !
Le spectre de la grève générale qu’a laissé planer l’intersyndicale en début de mois aura eu le mérite de démasquer les autorités. Lors des négociations avec les organisations syndicales et patronales, le Pays et l’État ont dû s’expliquer, sans pouvoir, cette fois, se défiler ; et leurs discours n’ont cessé de changer à propos de leur gestion de la crise Covid, allant jusqu’à se contredire. Après avoir exigé le confinement général de la population et mis l’activité économique à l’arrêt, puis rouvert d’un coup nos frontières pour sauver le tourisme extérieur, on nous dit aujourd’hui que le virus circule et qu’il n’y a plus besoin de multiplier les tests, puisque sa propagation est trop importante. Reste donc à “attendre l’immunité collective et, bien sûr, le vaccin”, voilà le nouveau discours officiel, qui, en parallèle, répète à l’envi que la Polynésie a déployé “l’un des dispositifs de sécurité sanitaire les plus complets au monde (sic)”. Le nombre de cas confirmés liés au coronavirus a franchi la barre des 1 000, les premiers morts ont été annoncés, les foyers de contagion se répandent désormais dans les quartiers populaires, l’économie locale est exsangue et la crise sociale, bien réelle… Notre fenua est passé de Covid-free à free Covid… Tout ça pour ça !
Désormais, au bord du précipice, nul autre choix que de nous endetter davantage pour rebâtir la Polynésie de demain, avec le plan de relance “Cap 2025” concocté dans son coin par M. Rohfritsch, Vice-président et ministre de l’Économie et des finances. Un programme quinquennal, avec une échéance courte de cinq ans, qui semble pourtant trop ambitieux, de l’avis des spécialistes. Mais ce problème ne sera pas celui de Teva, mais celui de son successeur... ayant démissionné le lendemain pour sa course aux sénatoriales 2020 ! Doudou est perdu, et Dodo s’en remet à Macron qui, lui, s’étouffe derrière son masque. Au pays de l’oncle Sam, Donald n’est pas en reste, puisqu’il aurait sciemment minimisé l’épidémie, selon les révélations du journaliste américain Bob Woodward, pour “ne pas faire paniquer la population” et “donner la priorité à l’économie”. Ainsi font, font, font, les petites marionnettes. Ainsi font, font, font, trois p’tits tours et puis s’en vont…

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT