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Le Sefi redonne des couleurs à l’emploi


Vendredi 8 Mars 2019 - écrit par Luc Ollivier


Après avoir longtemps été considéré comme un passage obligé pour les employeurs et les demandeurs d’emploi qui n’y voyaient que des guichetiers, le Sefi a gagné en crédibilité pour devenir un véritable outil au service de la reprise économique. Tout n’est pas parfait, mais les gains de temps pour accéder à l’emploi et les parcours d’accompagnement réussis sont indiscutables. Reste encore à améliorer une image longtemps dégradée qui souffre encore, dans certains cas, de servir prioritairement amis et fēti’i, comme pour les décriés Contrats d’accès à l’emploi.



En février dernier, à la demande de la ministre du Travail, Nicole Bouteau, le Sefi est allé au devant des élus de l'Assemblée pour leur faire part des dernières modifications des lois. Crédit photo : DR
En février dernier, à la demande de la ministre du Travail, Nicole Bouteau, le Sefi est allé au devant des élus de l'Assemblée pour leur faire part des dernières modifications des lois. Crédit photo : DR
Cette analyse ne peut plaire à la directrice Hina Grepin-Louison qui se situe hors de l’échiquier politique, même si le service qu’elle dirige depuis quelques années dépend du ministère du Travail. Il est bon de rappeler qu’il n’existe pas d’indemnités chômage en Polynésie. On n’est donc pas obligé de s’inscrire au Sefi, comme le font les ressortissants français du territoire national et des département d’Outre-mer. Il est donc difficile d’avoir une idée très précise de nombre de personnes en recherche d’emploi, même si le Sefi (Service de l’emploi, de la formation et de l’insertion professionnelles) a fait beaucoup de progrès dans cette cartographie. S’il n’existe pas d’indemnités chômage, l’idée refait surface de temps en temps au travers d’un revenu minimum. Mais la crainte de voir débarquer des hordes de RMIstes est pour le moment la plus forte, la même qui voyait débarquer des « sacs à dos » par milliers (!) avec la nouvelle compagnie low cost...

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"Tahiti paradis"

Des premiers explorateurs à aujourd’hui, le mythe du "Tahiti paradis" n’a pas beaucoup vieilli, il a plutôt changé de sens. De la beauté des îles, des lagons, des populations qui ont fait la réputation mondiale de la destination depuis plus de deux siècles – et qui en sont encore le principal moteur économique interne –, on est passé à un Eldorado d’une toute autre nature : celui des margoulins de tout poil et de tout horizon. Petit "pays", qui fait figure de riche dans un bassin géographique qui n’a pas encore livré toutes ses richesses, la Polynésie française a souvent été la cible d’hommes et de projets plus que douteux. À croire qu’elle n’a déjà pas assez affaire avec ceux qui y vivent…

Les vendeurs de couvertures chauffantes ont fait place à d’autres vendeurs, bien plus avisés et plus ambitieux. Je me souviens de ce projet d’une course internationale de voiliers – qui n’attirerait que des grands noms (!) – qui a fait flop, à la fin des années 1980. Mais ceci n’est rien en comparaison de ceux qui sont à deux doigts de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. À l’instar des promoteurs des "Îles flottantes", qui ont bien failli réussir leur coup (coût ?). Le gouvernement avait mordu à l’hameçon, avant de le recracher sous la pression populaire. À notre connaissance, et depuis ce désistement, les "Îles flottantes" n’ont toujours pas trouvé un lieu d’amarrage… Surprenant, pour un projet si novateur, non… ? Il faut croire qu’ailleurs dans le monde, on est un peu plus regardant.

Entre ce projet de milliardaires américains, et celui du financement du "Village tahitien" (version Flosse) par un milliardaire arabe, repoussé par le vote de la population, il faut déduire que c’est elle qui détient le bon sens. C’est peut-être pour cette raison qu’elle se montre sceptique quant aux projets plus ou moins avancés que sont le projet aquacole de Hao, dont les rendez-vous avec les investisseurs chinois ne cessent d’être repoussés, ou celui du "Village tahitien" version Fritch, dont la date des 200 jours pour la signature du protocole vient d’être dépassée. Les investisseurs néo-zélandais et samoans ne seraient-ils plus les hommes de la situation ? On n’ose croire que le maintien de Samoa sur la liste noire de l’Union européenne des paradis fiscaux y soit pour quelque chose... Il semble que les garanties financières ne soient pas au rendez-vous. On aurait certainement dû et pu se montrer plus regardant sur cet aspect lors de la candidature.

Mais à Tahiti, au paradis, on a tendance à faire un peu trop confiance et, parfois même, à n’importe qui. Vous ne me croyez pas ? Je vous invite à lire le sujet édifiant (voir page 6) sur une société condamnée en 2017 et pour laquelle le Pays offre son soutien !

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier

Luc Ollivier