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Le clientélisme, c’est la misère pour tous


Vendredi 6 Avril 2018 - écrit par Jean-Marc Regnault


Le clientélisme, c’est : "Le plus possible pour moi et le moins possible pour les autres"… Étonnant, non, dans une société qui se parerait du respect des vertus chrétiennes !



"Si faire du social, c'est faire du clientélisme, alors, oui, je fais du clientélisme ! " (Gaston Flosse) Crédit photo : Tahiti Infos
"Si faire du social, c'est faire du clientélisme, alors, oui, je fais du clientélisme ! " (Gaston Flosse) Crédit photo : Tahiti Infos
Diriger un pays, en démocratie, c’est gouverner dans l’intérêt général qui est le contraire des intérêts particuliers. Il implique même de ne pas tenir compte de l’intérêt propre d’un individu ou d’un groupe quelconque du moment que cela servira au bien-être du plus grand nombre possible.

Bien sûr, les démocraties respectent aussi les particuliers. L’article 17 de la Déclaration des droits de l’homme de 1789 le précise bien en reconnaissant le droit de propriété : "La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n'est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l'exige évidemment, et sous la condition d'une juste et préalable indemnité."...

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Réforme des retraites, on passe la première

Après la marche arrière de mars dernier sous la pression de la rue, le train de réformes nécessaires à la survie de la branche retraites de la Caisse de prévoyance sociale devrait enfin se mettre en marche. L’assemblée de la Polynésie va devoir se prononcer sur la réforme qui lui sera présentée aujourd’hui, aboutissement de quelques semaines de travail de la commission législative de la santé. Alors qu’un consensus avait été trouvé, traduit par des points de convergence, malgré la présence d’anciens leaders syndicalistes (touchés par la grâce ?) au sein même de cette commission, plusieurs syndicats jugent encore opportun de lancer une grève générale pour marquer leur désaccord avec la loi du Pays – bien qu’amendée – qui devrait être adoptée.
L'allongement de 60 à 62 ans, bien que dorénavant étalé dans le temps, ne passe pas. C’est pourtant la base de la réforme du point de vue gouvernemental. Paradoxalement, les autres modifications temporelles envisagées (durée de cotisation ou âge minimal de départ), qui impacteront tout aussi grandement le moment du départ à la retraite, sont passées sous silence. Il est vrai qu’elles devraient être soumises à discussion et proposition du Comité d’orientation du suivi des retraites (COSR), que certains considèrent déjà comme un artifice puisque, au final, c’est bien le conseil des ministres qui actera toute réforme. Il y en aura bien sûr d’autres, comme l’a rappelé Virginie Bruant, présidente de la commission, qui met l’accent sur la nécessité d’enclencher la marche avant. Le temps des tergiversations est révolu.
Les syndicats grondent ? Quoi de plus normal ? Ils jouent leur partition. On regrettera (pour la grande majorité) leur manque de dialogue, pour n’avoir pas accepté que l’on aborde les retraites avant la maladie, mais aussi et surtout leur manque de propositions, si ce n’est de jouer au "vase communiquant" entre ces deux branches. Cette même politique adoptée par le CA de la CPS et qui a conduit à plomber les comptes de la retraite à hauteur de 10 milliards de Fcfp. Il serait temps d’apprendre de ses erreurs.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier