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Le confinement, un laboratoire pour les artistes du fenua


Vendredi 29 Mai 2020 - écrit par Vaea Deplat


Pour une fois, et c’est assez inhabituel, voire inédit, nous vous parlons d’une "actualité" artistique un peu particulière. Cette fois-ci, pas d’événement, pas d’exposition, pas de spectacle, "confinement allégé" de ces dernières semaines oblige. On vous parle ateliers d’artistes. Comme tout le monde, les artistes ont également été confinés mais, pour autant, ils ont continué à créer, voire même pour certains plus qu’avant. Et ont exploré de nouvelles pistes artistiques. Elles et ils l’ont juste fait de chez eux. Nous sommes allés à la rencontre virtuelle de quatre femmes artistes, en leur demandant de témoigner
depuis leurs ateliers, pour vous faire découvrir l’envers de leur décor, en partant de la réflexion suivante : le confinement, un moyen de se renouveler, se réinventer, de questionner sa propre pratique artistique ?



Jeune photographe autodidacte, Manutea Rambaud s’essaye au très jeune âge de 15 ans, d’abord et avant tout à la macrophotographie, puis à la nature, aux portraits, aux événements, puis aux photos de produits. Elle touche à tout, jusqu’à réaliser la prise de vue de l’affiche de l’excellent documentaire Patutiki, l’art du tatouage des îles Marquises, réalisé par Christophe Cordier et Heretū Tetahiotupa et présenté au Festival international du film documentaire océanien (Fifo) en 2019. Son travail artistique porte souvent un message fort et engagé, qui mène à la réflexion et à l’introspection. Crédit photo : Manutea Rambaud
Jeune photographe autodidacte, Manutea Rambaud s’essaye au très jeune âge de 15 ans, d’abord et avant tout à la macrophotographie, puis à la nature, aux portraits, aux événements, puis aux photos de produits. Elle touche à tout, jusqu’à réaliser la prise de vue de l’affiche de l’excellent documentaire Patutiki, l’art du tatouage des îles Marquises, réalisé par Christophe Cordier et Heretū Tetahiotupa et présenté au Festival international du film documentaire océanien (Fifo) en 2019. Son travail artistique porte souvent un message fort et engagé, qui mène à la réflexion et à l’introspection. Crédit photo : Manutea Rambaud
"Si vous pensez encore que les artistes ne sont pas essentiels à notre société, prière de passer votre confinement sans musique, sans télé, sans radio, sans livre, sans art ni aucun autre divertissement." Voilà une publication qui a été très largement relayée sur les réseaux sociaux pendant le confinement et qui a mis en lumière l’omniprésence de l’art dans nos quotidiens, mettant ainsi l’artiste, même virtuellement, au centre de nos vies.
Pendant ce confinement, nous avons été nous-mêmes tous un peu artistes : cuisine, décoration, bricolage, jardinage, chanson, dessin, musique, etc.
Si le propre des artistes est bien souvent de s’isoler pour créer, peut-on supposer que le "lock down" n’a pas vraiment bousculé leurs habitudes ? C’est sans compter sur le fait que ces artistes sont aussi, entre autres, parents, citoyens et consomm’acteurs. Elles et ils ont donc réagi à ce confinement avec les outils à leur disposition. Et bien souvent, elles et ils ont accompagné, voire adouci notre isolement à tous par le partage de leurs créations sur les réseaux sociaux ou dans les médias."...

Pour lire l'intégralité de ce Dossier, commandez Tahiti Pacifique n° 433 en cliquant ICI

IIl y a trois ans et demi, Tvaite quitte son activité professionnelle pour vivre sa passion : la peinture. Après dix expositions à Tahiti et dans les îles, elle obtient le statut d’artiste professionnelle avec artistes.pf. Sensibilisée à l’art pendant sa jeunesse à Huahine par le regretté Bobby Holcomb et aujourd’hui installée à Raiatea, Tvaite est connue pour ses tableaux extrêmement lumineux aux couleurs vives, tirant son inspiration des premiers arts polynésiens pour l’aspect graphique et de la beauté de la nature environnante pour sa palette de couleurs. Elle qualifie ses créations de "tableaux bien-être" car lorsqu’elle crée, elle se sent en harmonie totale avec le monde qui l’entoure et habitée d’une joie profonde qu’elle souhaite partager. Crédit photo : DR
IIl y a trois ans et demi, Tvaite quitte son activité professionnelle pour vivre sa passion : la peinture. Après dix expositions à Tahiti et dans les îles, elle obtient le statut d’artiste professionnelle avec artistes.pf. Sensibilisée à l’art pendant sa jeunesse à Huahine par le regretté Bobby Holcomb et aujourd’hui installée à Raiatea, Tvaite est connue pour ses tableaux extrêmement lumineux aux couleurs vives, tirant son inspiration des premiers arts polynésiens pour l’aspect graphique et de la beauté de la nature environnante pour sa palette de couleurs. Elle qualifie ses créations de "tableaux bien-être" car lorsqu’elle crée, elle se sent en harmonie totale avec le monde qui l’entoure et habitée d’une joie profonde qu’elle souhaite partager. Crédit photo : DR

Aujourd’hui incontournable dans le milieu audiovisuel polynésien, Virginie Tetoofa apporte son savoir-faire cinématographique dans l’élaboration de projets ambitieux pour la télévision locale et nationale. Gérante de l’entreprise Ahi Company, elle a réalisé ou participé à bon nombre de projets reconnus des professionnels et du grand public : réalisatrice du clip Fafaite de Pepena et de la série Pari Pari Fenua, elle a présenté le très émouvant Rurutu, Terre du Umu’ai au dernier Fifo. Crédit photo : DR
Aujourd’hui incontournable dans le milieu audiovisuel polynésien, Virginie Tetoofa apporte son savoir-faire cinématographique dans l’élaboration de projets ambitieux pour la télévision locale et nationale. Gérante de l’entreprise Ahi Company, elle a réalisé ou participé à bon nombre de projets reconnus des professionnels et du grand public : réalisatrice du clip Fafaite de Pepena et de la série Pari Pari Fenua, elle a présenté le très émouvant Rurutu, Terre du Umu’ai au dernier Fifo. Crédit photo : DR

Valmigot, artiste plasticienne,  commissaire d’exposition et membre du Conseil national français des arts plastiques. Crédit photo : DR
Valmigot, artiste plasticienne, commissaire d’exposition et membre du Conseil national français des arts plastiques. Crédit photo : DR


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Doudou et la “positive attitude”

Doudou et la “positive attitude”
On connaissait déjà le “dîner de cons”, place désormais au “bal des positivons”. Le concept est simple : il s’agit de positiver le plus possible face au Covid-19 et d’adopter l’attitude du “faites ce que je dis, pas ce que je fais”. Et… on a trouvé notre champion : Doudou, bien sûr ! Imbattable à ce petit jeu, il n’a d’abord pas supporté que Taote Raynal lui tienne tête lors des points presse et lui a mis un revers de la main droite pour reprendre la partie de la main gauche. Puis, c’est avec Dodo que cela s’est corsé… Finalement, les cas actifs ont explosé, les morts ont commencé à tomber, alors aux oubliettes la transparence ! Le peuple d’en bas n’a qu’à se contenter de voir défiler des chiffres balancés par le service com’ de la Présidence, avec des carrés épidémiologiques qui changent, sans aucune explication ni commentaire sur tel ou tel décès. Mais c’est lors de son voyage à Paname que Doudou a réussi à décrocher le pompon. Tellement heureux de retrouver Macron et ses copains du gouvernement central, mais aussi de leur présenter ses nouvelles ouailles locales, qu’il en a oublié la distanciation physique et le port correct du masque, avant d’être déclaré positif au Covid-19 à son retour au fenua ! Chapeau l’artiste, la “positive attitude” a payé et même le président français a failli en faire les frais. On n’est pas passé loin du combo parfait, peut-être la prochaine fois.
Il convient de saluer notre héros local, qui, comme le rapporte un communiqué officiel, “conscient de la vivacité de la propagation du virus à Paris (…), a néanmoins pris le risque d’aller à la rencontre des autorités nationales, pour défendre des dossiers vitaux pour la Polynésie”. Cette “mission nécessaire” de Doudou a suscité la risée de nos confrères de la presse écrite. Le Monde, par exemple, va droit au but : “Les élections sénatoriales, qui ont regroupé le 27 septembre à Papeete des grands électeurs venus de toutes les îles, ont pu participer à la diffusion du virus dans les archipels. Malgré les appels à respecter les gestes barrières, beaucoup d’élus se sont embrassés, comme le veulent les coutumes polynésiennes.” D’ailleurs, les ministères et les mairies sont, eux aussi, de plus en plus “positifs” avec une flambée de “covidés” ces dernières semaines. Quant au lycée du Diadème, la plus grosse structure scolaire du fenua (2 300 élèves, 250 profs), il s’est montré si bon élève en la matière que l’établissement a dû fermer ses portes. Et quand on sait que Doudou, censé montrer l’exemple, a assisté, une petite semaine seulement après sa contamination, à la grande fête solennelle pour les 90 ans de Monseigneur Coppenrath, on reste sans voix. De quoi créer de bons gros clusters !
Il nous reste donc plus qu’à “positiver” aussi et guetter le pic épidémique, en espérant que les 60 lits en réanimation du Centre hospitalier suffiront à surmonter cette crise sanitaire interminable. Dans ce “bal des positivons”, Macron reste évidemment le chef d’orchestre suprême. Et il a encore changé le tempo : depuis le 17 octobre, les grandes métropoles françaises sont soumises à un couvre-feu – qui est en réalité un confinement partiel sur le temps libre –, et “la règle des 6” doit être appliquée pendant que les transports en commun sont bondés et que lycéens et étudiants s’entassent dans des classes. “Continuez à travailler comme d’habitude”, nous dit notre cher président, mais sachez-le : “Les plus précaires sont les premières victimes.” Nous voilà prévenus ! On a de plus en plus hâte de le recevoir à domicile à la fin du premier trimestre 2021…

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT