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Le "fare tāpe'ara'a" de Papeari : du gourbi à l’hôtel étoilé !


Samedi 22 Avril 2017 - écrit par Oviri Maramara


La prison de Nuutania a vécu. Dans quelques jours, ce qui est maintenant appelé "Centre de détention" va recevoir ses premiers détenus. Tout est prêt : les bâtiments, flambant neuf, comme le personnel actuellement en rodage, soit près de 250 agents.



Des cellules qui ne vont pas manquer d'alimenter les discussions sur les conditions  de détention. crédit photo : Tahiti Infos
Des cellules qui ne vont pas manquer d'alimenter les discussions sur les conditions de détention. crédit photo : Tahiti Infos
Nous essayons de nous imaginer la réaction de ceux qui, extraits de la prison de Faa'a, vont découvrir leur nouveau cadre de vie : le choc.
Ils vont quitter ce gourbi nauséabond, honte de la République, pour intégrer un établissement ultramoderne, situé dans un cadre champêtre et aéré avec des installations et un confort qu’ils n’ont jamais connus : cellules individuelles équipées de douche, sanitaire et frigo.
Des espaces nombreux dédiés aux sports et tout un ensemble de locaux aménagées pour la réception des familles, y compris pour des visites intimes…
Papeari est le troisième établissement de détention ; le premier, assez familial était situé à l’emplacement du stade de Tipaerui, entre la RDO et la route territoriale ; on en sortait plus facilement qu’on n’y entrait et les évasions tenaient plutôt de la permission de sortie ; certains battaient tous les records comme le brave Marc... au palmarès éblouissant avant de se fracturer la colonne vertébrale. C’était la prison "à la papa", dont le directeur n’avait pas besoin de faire acte d’autorité pour que tout fonctionne sans incident sérieux. Quelques anecdotes mériteraient d’être racontées, comme celle d’un libéré qui faisait le mur "à l’envers" pour venir passer une nuit à la prison pour les charmes d’une détenue qui purgeait une longue peine, avant d’épouser un gardien et de retrouver définitivement la liberté.
Puis, vint la prison bunker de Nuutania, qui connut de tristes épisodes avec plusieurs rébellions, un gardien massacré, un prisonnier abattu et une longue déchéance de cet établissement rapidement saturé, vite délabré. Il est assez remarquable qu’il ait pu fonctionner aussi longtemps. Ceci grâce au dévouement, à la compétence et la gentillesse du personnel qui a su contenir les tensions liées aux conditions de détention.
Depuis quelques années, ce personnel est sous le contrôle de l’État qui assure sa formation et encadre les procédures en usage dans le nouvel établissement. Celui-ci a été construit et fonctionnera selon les normes européennes. Les quelques réticences des habitants de Papeari sont oubliées et la commune de Teva i Uta doit être remerciée d’avoir assumé pour le compte du Pays ce service essentiel à la sécurité publique.


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2018 : sous le signe des Territoriales

Amateurs d’astrologie, plutôt que de vous plonger dans la lecture de votre signe zodiacal pour tenter d'y trouver des signes rassurants pour votre avenir, soyez plutôt à l’écoute de votre environnement social et professionnel, pour tenter d’influencer votre avenir et celui de vos proches quand, après analyse, vous serez appelés à voter le 22 avril prochain lors du premier tour des élections territoriales. Plutôt que d’essayer de vous rassurer par des écrits de liseurs d'étoiles, essayez plutôt de suivre la bonne. Certes, l’échéance est encore loin, mais mieux vaut prendre son temps en politique pour comprendre les tenants et les aboutissants de chaque élection. Il s’agira de donner la gestion du pays au groupe majoritaire à l’assemblée de Polynésie qui élira notre président.
Cette échéance est en tout cas dans les esprits de tous les hommes politiques du territoire qui ont élaboré leur stratégie depuis déjà quelques mois. Chacun est dans son rôle, la majorité souligne le redressement de l’économie, ses bonnes relations avec l’État, ne manque pas d’ouvrir les robinets d’aides et subventions, comme en atteste la lecture des derniers journaux officiels, et annonce vouloir revoir sa stratégie sociale, dont les effets tardent à être ressentis par les plus démunis ; pire, la fracture sociale ne fait que s’agrandir. L’augmentation des cotisations salariales, l’augmentation de l’abonnement téléphonique et des boîtes postales annoncée pour ce début d’année aura un impact négatif sur ceux qui connaissent des fins de mois difficiles.
Un gros trimestre pour créer de l’emploi, pour sortir quelques centaines de Polynésiens de la précarité, paraît bien court pour tenter de redorer cette mauvaise partie du bilan. L’opposition est bien sûr dans son rôle en dénonçant cette précarité, cette misère. Le Tahoeraa mise sur les vieilles recettes et les annonces pleines d’espoir que sont d’offrir un emploi, une maison et de ramener le bonheur dans les familles. Le Tavini n’innove guère plus en proposant de s’appuyer sur les forces économiques de ce pays pour s’en sortir, tout en faisant table rase de certaines pratiques politiciennes.
D’autres partis et candidats auront le temps de se faire connaître, comme vient de le faire Marcel Tuihani, actuel président de l’assemblée territoriale. Il va tenter de convaincre qu’une énième nouvelle voie est possible, surfant sur le ras-le-bol politique national.
Dans exactement 100 jours, les Polynésiens seront amenés à s’exprimer bulletin à la main pour se prononcer sur leur avenir ; notre vœu pour 2018 est qu’ils soient le plus nombreux possible à le faire.
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier