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Le nouveau projet de marina à Raiatea fait des vagues...


Vendredi 8 Mars 2019 - écrit par JD


Dans le cadre du développement touristique nautique à Raiatea, un projet de marina de 110 voiliers sur la côte ouest PK 14,5 (initié par le maire de la commune de Tumaraa, Cyril Tetuanui) qui, selon les services de l’Équipement, coûterait au total environ 1 milliard de Fcfp, est bloqué. Les travaux sont arrêtés depuis juillet 2018, suite à la contestation de l’association A Paruru ia Tevaitoa. Celle-ci aurait, selon elle, recueilli plus de 10 000 signatures contre
le projet... Son objectif est de préserver cette portion de lagon riche en biodiversité et en espèces menacées.



Un lagon nourricier fragile, à préserver.  Crédit photo : DR
Un lagon nourricier fragile, à préserver. Crédit photo : DR
"Nous sommes très étonnés de voir de l’argent public utilisé pour détruire un environnement, que le Code de l’environnement nous ordonne de protéger coûte que coûte..., s’indigne M. Gérard Goltz, vice-président de l’association A Paruru ia Tevaitoa.
Ce projet va à l’encontre de toutes les préconisations des différents ministères : Économie, Tourisme, Culture, Environnement et Équipement. Bien qu’une étude d’impact environnemental ait été conduite, ses résultats sont pour le moins insuffisants ; en effet, avec nos propres deniers, nous avons fait appel à deux bureaux d’études : le bureau d’études techniques Coral Reef Consulting et Moana Environnement. Cela nous a coûté 103 850 Fcfp, grâce au tarif spécial qu’ils nous ont accordé. Je remercie au passage Hémisphère Sud, de Raiatea, qui a prêté le matériel de plongée aux deux ingénieures.
Et de préciser : Ces expertises ont révélé que les espèces menacées sont bien plus importantes que celles relevées dans l’étude d’impact environnemental : 17 espèces de coraux, 14 espèces d’invertébrés, 23 espèces d’algues, 74 espèces de poissons… De plus il semblerait, selon ces deux bureaux d’études, que les masses d’eau se déplacent vers le nord. Si tel est le cas, cela entraînerait une accumulation de sédiments au niveau de l’entrée de la marina et du chenal d’accès, occasionnant des problèmes de navigation et des coûts importants pour les travaux de dragage.
"
Et de poursuivre : "Nous souhaitons alerter tous les ministères et les responsables que l’argent public de 0,5 milliard de Fcfp, soit environ 4 millions d’euros, pour la construction de cette marina à l’endroit où elle est prévue détruirait de manière irréversible plus de 100 000 m2 de cette biodiversité locale et de ses espèces protégées"...

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Éducation, justice, politique… le programme de la rentrée

Éducation, justice, politique…  le programme de la rentrée
Ça y est, c’est la rentrée. Après une parenthèse de plusieurs semaines, il faut reprendre le rythme scolaire de nos enfants, ce qui n’est pas de tout repos, même sous les tropiques. Vive les levers aux aurores et les pannes de réveil, vive la tartine beurrée qui tombe au sol à l’envers et vive les bouchons interminables au retour des vacances… Et ce n’est malheureusement pas la troisième voie fraîchement inaugurée à Outumaoro qui devrait changer la donne pour les habitants de la côte ouest, avec cette nouvelle portion longue de… 850 mètres. Après deux ans de travaux, dont dix-huit mois de retard, elle aura pourtant coûté
570 millions de Fcfp, ce qui revient aux contribuables à plus de 670 000 Fcfp le mètre. Le ministère de l’Équipement le sait, et l’a même concédé à demi-mot, il faudra prolonger très rapidement cette troisième voie pour qu’elle soit réellement efficace. Quoi que l’on en pense, où que nous habitions, tous les chemins mènent à l’école. Mais pas forcément à la même. Vous l’avez sûrement remarqué, Tahiti et Moorea voient fleurir ces dernières années des écoles privées d’un autre genre, dites hors-contrat. D’inspiration montessorienne pour la plupart, elles proposent des pédagogies alternatives fondées principalement sur la bienveillance éducative et leur succès remet en cause le système éducatif classique. L’enfant n’est pas un vase que l’on remplit, mais une source qui jaillit. C’est le sujet de notre dossier de Une, qui soulève néanmoins des questions de mixité sociale et de coût financier.
C’est aussi la rentrée de tous les “épris de justice”. Le nouveau haut-commissaire Dominique Sorain, qui a pris ses quartiers au début du mois, multiplie les rencontres avec les autorités et les différents responsables du Pays. Il a ainsi réuni les principaux “justiciers” du fenua afin d’échanger notamment sur “les réponses pénales en matière de lutte contre le trafic d’ice, l’insécurité routière, les violences intrafamiliales, ainsi que la politique mise en place avec le Pays en matière de prévention de la délinquance”. De vastes chantiers donc, qui nécessitent en effet que Justice et politique, mais aussi État et Pays, œuvrent main dans la main. Par ailleurs, on attend de voir, avec grand intérêt, quelle suite va être donnée à l’affaire JPK, qui est remontée à la surface en juin dernier après la mise en examen de Francis Stein et Miri Tatarata pour le “meurtre” du journaliste. L’affaire Boiron retiendra en outre notre attention : dans ce dossier, une dizaine de personnes sont renvoyées devant le tribunal correctionnel les 27 et 28 août prochains, et notamment Marc Ramel, le gérant de la boîte de nuit Ute Ute, pour “des atteintes sexuelles sur mineure de 13 ans et offres de produits stupéfiants à des mineures”. Personnage central, Sabine Boiron est, elle, soupçonnée de proxénétisme d’une mineure en échange d’ice et pourrait être condamnée à cinq ans de prison. Quant à son amant de l'époque, Thierry Barbion, le “golden boy” adepte des soirées “jet set”, il encourt trois ans de prison.
Côté politique, chaque parti est déjà focalisé sur les élections municipales de 2020. Après le rétropédalage à propos de la taxe sur les boissons et produits trop sucrés censée lutter contre le diabète et l’obésité, le gouvernement pourrait réintégrer le corned-beef sur la liste des Produits de première nécessité (PPN) alors qu’il l’avait retiré en février. “On a été un peu vite en la matière, le punu pua’atoro est très symbolique chez nous (…) c’est un élément phare dans l’alimentation du Polynésien”, aurait affirmé le ministère de l’Économie au micro de Radio 1. Faut-il pour autant sauver le soldat pua’atoro ? Des retours en arrière qui ne rassurent pas quant à la crédibilité de nos dirigeants, qui peinent à lancer de grands projets. Aux dernières nouvelles, la ferme aquacole de Hao est toujours en stand-by, mais deux ou trois lots du Village tahitien sur les six dédiés aux hébergements touristiques pourraient être acquis prochainement par des investisseurs locaux. À défaut de troisième voie routière, peut-on encore espérer l’émergence d’une troisième voie politique ? Pour l’heure, rien de nouveau sous le soleil, si ce n’est des rumeurs grandissantes qui font état de la volonté de Gaston Flosse de briguer la mairie de Papeete aux prochaines échéances électorales. Par un jeu d’alliance avec le Tavini Huiratira’a, le Vieux Lion réussira-t-il à faire son baroud d’honneur ? Affaire à suivre… Belle rentrée à tous.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt