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"Le roi absent" par le néodéputé Moetai Brotherson


Jeudi 13 Juillet 2017 - écrit par Lucile Bambridge


Alors que Moetai Brotherson, premier député du Tavini Huira'atira fraîchement élu, occupe le devant de la scène politique depuis son arrivée tant remarquée dans l'hémicycle en tenue "décontractée", voilà l'occasion de revenir sur le parcours littéraire de cet intellectuel engagé en faveur de la culture polynésienne et de la réappropriation identitaire de son peuple. Un engagement déjà largement dévoilé dans son roman Le Roi absent, publié en 2007. Rencontre avec l'homme de lettres et immersion au cœur d'une fiction pétrie d'oralité.



L'auteur au salon du livre de Huahine. crédit photo : DR
L'auteur au salon du livre de Huahine. crédit photo : DR
Enfant curieux et ouvert d'esprit, Moetai Brotherson s'affirme indépendantiste à 11 ans et manie la plume facilement à 14 ans. Dès la parution de son premier roman Le Roi absent, alors qu'il est responsable du Service des Postes et Télécommunications au sein du gouvernement Temaru, il s'inscrit dans la lignée des écrivains autochtones engagés, telles que Chantal T. Spitz et Titaua Peu. L'auteur signe une fiction étonnamment enrichissante, oscillant entre le conte, les évocations à la mythologie polynésienne et la quête identitaire d'un peuple spectateur de sa propre perdition. La littérature polynésienne acquiert ainsi...

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"Le roi absent" par le néodéputé Moetai Brotherson
"Le Roi absent"

Prix du Meilleur Roman au salon du livre de Papeete "Lire en Polynésie" en 2009.

"Ce matin ma mère me tend des feuilles, un encrier et une plume. Mon tour est venu. Je connais bien les signes maintenant et comme pour elle, les oiseaux du large sont mes yeux au-delà de moi."

À l’image de la place majeure qu’occupent les échecs tout au long du récit, la narration surprend par les nombreuses feintes, diversions, retournements de situation et épisodes rocambolesques pleins d’humour. La diversité des personnages que l’on y rencontre est exacerbée par la complexe profondeur de la psyché du protagoniste principal. Lui qui n’avait rien demandé à la société sinon de pouvoir y vivre en paix, cloîtré dans son mutisme, sera pourtant réduit à se débattre sans fin dans une camisole de force…

Tandis que ce premier roman se présente comme le premier volet d’une saga, l’auteur annonce une suite en cours de maturation. Cinq autres projets d’écriture ont depuis vu le jour, mais encore "en attente d’un point final…", confie-t-il. Les lecteurs impatients devront donc se contenter de la relecture de ce premier pavé, car l’engagement politique est bien connu pour être chronophage…

Auteur : Moetai Brotherson
Éditions : Au Vent des îles
210 x 115 mm – 512 pages
Prix : 2 250 Fcfp
eBook : 1 430 Fcfp


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2018 : sous le signe des Territoriales

Amateurs d’astrologie, plutôt que de vous plonger dans la lecture de votre signe zodiacal pour tenter d'y trouver des signes rassurants pour votre avenir, soyez plutôt à l’écoute de votre environnement social et professionnel, pour tenter d’influencer votre avenir et celui de vos proches quand, après analyse, vous serez appelés à voter le 22 avril prochain lors du premier tour des élections territoriales. Plutôt que d’essayer de vous rassurer par des écrits de liseurs d'étoiles, essayez plutôt de suivre la bonne. Certes, l’échéance est encore loin, mais mieux vaut prendre son temps en politique pour comprendre les tenants et les aboutissants de chaque élection. Il s’agira de donner la gestion du pays au groupe majoritaire à l’assemblée de Polynésie qui élira notre président.
Cette échéance est en tout cas dans les esprits de tous les hommes politiques du territoire qui ont élaboré leur stratégie depuis déjà quelques mois. Chacun est dans son rôle, la majorité souligne le redressement de l’économie, ses bonnes relations avec l’État, ne manque pas d’ouvrir les robinets d’aides et subventions, comme en atteste la lecture des derniers journaux officiels, et annonce vouloir revoir sa stratégie sociale, dont les effets tardent à être ressentis par les plus démunis ; pire, la fracture sociale ne fait que s’agrandir. L’augmentation des cotisations salariales, l’augmentation de l’abonnement téléphonique et des boîtes postales annoncée pour ce début d’année aura un impact négatif sur ceux qui connaissent des fins de mois difficiles.
Un gros trimestre pour créer de l’emploi, pour sortir quelques centaines de Polynésiens de la précarité, paraît bien court pour tenter de redorer cette mauvaise partie du bilan. L’opposition est bien sûr dans son rôle en dénonçant cette précarité, cette misère. Le Tahoeraa mise sur les vieilles recettes et les annonces pleines d’espoir que sont d’offrir un emploi, une maison et de ramener le bonheur dans les familles. Le Tavini n’innove guère plus en proposant de s’appuyer sur les forces économiques de ce pays pour s’en sortir, tout en faisant table rase de certaines pratiques politiciennes.
D’autres partis et candidats auront le temps de se faire connaître, comme vient de le faire Marcel Tuihani, actuel président de l’assemblée territoriale. Il va tenter de convaincre qu’une énième nouvelle voie est possible, surfant sur le ras-le-bol politique national.
Dans exactement 100 jours, les Polynésiens seront amenés à s’exprimer bulletin à la main pour se prononcer sur leur avenir ; notre vœu pour 2018 est qu’ils soient le plus nombreux possible à le faire.
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier