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Les Calédoniens l’ont oublié, mais ils lui doivent tant ! Michel Levallois (1934-2018)

Tahiti-Pacifique suit de près la période référendaire en Nouvelle-Calédonie. Les électeurs du "Caillou" se prononceront le 4 novembre prochain et devront décider s’ils souhaitent, ou non, que leur pays accède à la souveraineté (pour être clair :à l’indépendance). Le soir du 4 novembre, les "vainqueurs", quels qu’ils soient, ne devront pas pavoiser. Tout restera à faire pour construire la Nouvelle-Calédonie de demain, sans oublier qu’il est prévu dans les années à venir d’autres consultations sur le même thème, comme si on demandait aux électeurs de réfléchir et de s’interroger sur la justesse de leur choix du 4 novembre. Les Britanniques auraient dû prévoir cette possibilité après le vote sur le Brexit !



Crédit photo : DR
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En attendant d’autres analyses, le rappel de l’itinéraire d’un homme exceptionnel ne sera pas de trop, tant il est vrai que chez nos voisins, plus encore que chez nous, le poids de l’histoire est lourd à porter.

Je me suis tout autant intéressé à l’histoire du Caillou qu’à celle de la Polynésie. J’avais organisé, en 2008, un colloque au Sénat présidé par Michel Rocard. Il s’agissait d’étudier les accords de Matignon-Oudinot (1988) et l’Accord de Nouméa (1998), constatant que ceux-ci avaient permis vingt ans de concorde et de paix, sans négliger pour autant que les premiers avaient coûté la vie à J.-M. Tjibaou et Yewene Yewene en 1989. Dix ans après ce colloque, on peut encore se réjouir que ces deux derniers mots restent valables (même si les joutes verbales ne cessent pas forcément… surtout à l’intérieur de chaque camp ! ).

Le colloque réunissait des juristes, des historiens, des économistes et des politologues. Pour ne pas être "hors-sol", comme on dit aujourd’hui, nous avions convié des responsables politiques, dont Jacques Lafleur, mais aussi quelques anciens hauts fonctionnaires, comme les hauts-commissaires Alain Christnacht et Jean Montpezat et l’ancien secrétaire général du Territoire, Michel Levallois.

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Vendredi 24 Août 2018 - écrit par Jean-Marc Regnault


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Jean-Marc Regnault

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"Tahiti paradis"

Des premiers explorateurs à aujourd’hui, le mythe du "Tahiti paradis" n’a pas beaucoup vieilli, il a plutôt changé de sens. De la beauté des îles, des lagons, des populations qui ont fait la réputation mondiale de la destination depuis plus de deux siècles – et qui en sont encore le principal moteur économique interne –, on est passé à un Eldorado d’une toute autre nature : celui des margoulins de tout poil et de tout horizon. Petit "pays", qui fait figure de riche dans un bassin géographique qui n’a pas encore livré toutes ses richesses, la Polynésie française a souvent été la cible d’hommes et de projets plus que douteux. À croire qu’elle n’a déjà pas assez affaire avec ceux qui y vivent…

Les vendeurs de couvertures chauffantes ont fait place à d’autres vendeurs, bien plus avisés et plus ambitieux. Je me souviens de ce projet d’une course internationale de voiliers – qui n’attirerait que des grands noms (!) – qui a fait flop, à la fin des années 1980. Mais ceci n’est rien en comparaison de ceux qui sont à deux doigts de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. À l’instar des promoteurs des "Îles flottantes", qui ont bien failli réussir leur coup (coût ?). Le gouvernement avait mordu à l’hameçon, avant de le recracher sous la pression populaire. À notre connaissance, et depuis ce désistement, les "Îles flottantes" n’ont toujours pas trouvé un lieu d’amarrage… Surprenant, pour un projet si novateur, non… ? Il faut croire qu’ailleurs dans le monde, on est un peu plus regardant.

Entre ce projet de milliardaires américains, et celui du financement du "Village tahitien" (version Flosse) par un milliardaire arabe, repoussé par le vote de la population, il faut déduire que c’est elle qui détient le bon sens. C’est peut-être pour cette raison qu’elle se montre sceptique quant aux projets plus ou moins avancés que sont le projet aquacole de Hao, dont les rendez-vous avec les investisseurs chinois ne cessent d’être repoussés, ou celui du "Village tahitien" version Fritch, dont la date des 200 jours pour la signature du protocole vient d’être dépassée. Les investisseurs néo-zélandais et samoans ne seraient-ils plus les hommes de la situation ? On n’ose croire que le maintien de Samoa sur la liste noire de l’Union européenne des paradis fiscaux y soit pour quelque chose... Il semble que les garanties financières ne soient pas au rendez-vous. On aurait certainement dû et pu se montrer plus regardant sur cet aspect lors de la candidature.

Mais à Tahiti, au paradis, on a tendance à faire un peu trop confiance et, parfois même, à n’importe qui. Vous ne me croyez pas ? Je vous invite à lire le sujet édifiant (voir page 6) sur une société condamnée en 2017 et pour laquelle le Pays offre son soutien !

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier

Luc Ollivier